Continuité à la tête du gouvernement italien

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Homme discret et réservé, Paolo Gentilono est un diplomate de caractère apprécié de ses homologues étrangers.

AP, Angelo Carconi

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Agence France-Presse
Rome

Le ministre sortant des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, va remplacer à la tête du gouvernement italien Matteo Renzi, dont il est très proche, une solution de continuité déjà dénoncée par l'opposition.

Le président italien Sergio Mattarella avait promis la veille qu'il annoncerait «dans les prochaines heures» une solution à la crise politique ouverte en Italie, après le non massif des Italiens au référendum constitutionnel il y a une semaine. Tirant les conséquences de ce camouflet dans les urnes, Matteo Renzi, 41 ans, avait aussitôt annoncé sa démission, devenue effective mercredi.

Mais l'opposition italienne dénonçait déjà dimanche soir son retour. «Gentiloni est l'avatar de Renzi», a déclaré Luigi Di Maio, l'un des responsables du Mouvement Cinq Étoiles (M5S), formation populiste qui réclamait avec insistance des élections anticipées et un gouvernement se limitant à la gestion des affaires courantes.

Voyant désormais cette perspective s'éloigner et dénonçant un «Renzi bis» illégitime, le M5S a prévenu qu'il n'avait pas l'intention de participer au vote de confiance.

«Gentiloni est la photocopie perdante de Renzi», a lancé de son côté Matteo Salvini, le chef de la Ligue du nord, mouvement anti-euro et anti-immigration.

L'ancien chef de la diplomatie italienne, 62 ans, a été désigné à la tête du gouvernement italien par le président Mattarella, qu'il a rencontré dimanche en milieu de journée.

Homme discret et réservé, M. Gentiloni doit encore formellement accepter cette nomination et former son équipe avant un vote de confiance qui pourrait avoir lieu dès mercredi, selon des sources politiques.

Il a entamé dimanche soir des consultations au Parlement avec la majorité gouvernementale sortante, qui se poursuivront lundi matin, selon les agences de presse italiennes.

«Nous travaillerons dans le cadre du gouvernement et de la majorité actuelle», où domine le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi, a assuré M. Gentiloni.

Il devrait dans ces conditions, selon les commentateurs politiques italiens, confirmer plusieurs ministres à leur poste, dont celui des Finances, Pier Carlo Padoan, au moment où la crise bancaire refait surface dans la troisième économie de la zone euro.

Situation financière délicate

Certes démissionnaire, Matteo Renzi n'est toutefois nullement prêt à renoncer à la politique. Dans une longue lettre aux Italiens, le premier ministre sortant a d'ores et déjà assuré qu'il continuerait le combat, pour changer l'Italie. «On se voit bientôt, les amis», a-t-il conclu dans son message diffusé sur sa page Facebook.

Encore faudra-t-il que la loi électorale soit réformée.

Une loi votée en mai 2015, baptisée Italicum, prévoit le recours au scrutin majoritaire pour élire la Chambre des députés, alors que le Sénat l'est à la proportionnelle, ce qui éloigne la possibilité de former une coalition stable, au risque de rendre le pays ingouvernable.

Ce n'est qu'une fois cette loi électorale harmonisée, probablement vers davantage de proportionnelles compte tenu du rapport des forces politiques, que des élections pourraient avoir lieu.

Une solution de continuité avait, selon la presse italienne, les faveurs du chef de l'État.

D'autant que la situation délicate dans laquelle se trouve depuis vendredi la BMPS, la troisième banque italienne et la plus ancienne de la planète, a accentué la nervosité sur les marchés.

La Banque centrale européenne (BCE) lui a refusé le délai qu'elle lui demandait avant de procéder à une augmentation de capital, ce qui pourrait la contraindre à se tourner vers le gouvernement pour se sortir d'affaires.

Un conseil d'administration de la banque a début dimanche en fin d'après-midi afin de décider de la marche à suivre.

Le fait que M. Gentiloni puisse se saisir sans tarder des grands dossiers internationaux a aussi joué en faveur de ce diplomate de caractère, apprécié de ses homologues étrangers. L'Italie prend l'an prochain la présidence du G7, le groupe des sept pays les plus riches de la planète, et organise un sommet de ses dirigeants en mai à Taormina en Sicile. L'Italie fait également son entrée l'an prochain au Conseil de sécurité.

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