Valls en lice pour unifier la gauche

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Selon un sondage publié dimanche, le premier ministre Manuel Valls est la personnalité préférée des sympathisants de la gauche, en France.

AFP, Bertrand GUAY

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Béatrice Le Bohec, Marc Préel
Agence France-Presse
Évry

Le premier ministre français Manuel Valls a annoncé lundi sa candidature à la présidentielle de 2017 pour «rassembler la gauche», très divisée, face à une droite et une extrême droite déjà lancées dans la bataille.

«Je m'engage car je ne veux pas que la France revive le traumatisme de 2002 avec une extrême droite au second tour» de la présidentielle, a déclaré le chef du gouvernement, faisant allusion à l'élimination du candidat socialiste d'alors, Lionel Jospin, dès le premier tour de scrutin.

Manuel Valls a précisé qu'il démissionnerait dès mardi pour se consacrer à sa campagne pour la primaire socialiste des 22 et 29 janvier, où il devra affronter d'autres personnalités du parti plus marquées à gauche, comme l'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg.

La candidature de M. Valls ne faisait guère de doute après l'annonce vendredi dernier par le président François Hollande, très impopulaire, qu'il renonçait à briguer un second mandat.

«Ma candidature est celle de la conciliation, elle est celle de la réconciliation», a assuré le premier ministre français, depuis son fief électoral d'Évry en région parisienne, dans un discours prononcé en présence de son épouse et sous les applaudissement de la foule.

«Aujourd'hui, j'ai une responsabilité: rassembler», a dit M. Valls. «La primaire qui s'ouvre est un formidable moyen pour recréer l'unité», a-t-il affirmé, lançant un appel «à tous les Français qui refusent l'extrême droite, qui refusent la régression sociale» que propose selon lui la droite, à participer à la primaire socialiste.

Selon un sondage publié dimanche, le premier ministre, né Espagnol il y a 54 ans et naturalisé Français à 20 ans, est la personnalité préférée des sympathisants de gauche pour devenir le candidat du Parti socialiste lors du scrutin en avril-mai.

Reste à savoir s'il parviendra à rassembler suffisamment le parti autour de lui. Il ne bénéficiera pas du soutien «automatique» des fidèles de François Hollande, ont averti ces derniers.

Et sa personnalité autoritaire et ses prises de position transgressant la ligne socialiste, notamment son discours pro-entreprises, crispent une partie de son camp.

Chemin semé d'embûches

Un poids-lourd du PS et mairesse de Lille, Martine Aubry, a aussi reconnu que son soutien n'était «pas évident», car elle estime que Manuel Valls n'a pas la capacité de rassembler la gauche.

Pour l'heure, seul Arnaud Montebourg a déposé ses parrainages à la primaire. Un ancien ministre, Benoît Hamon, est aussi candidat, et d'autres personnalités pourraient se déclarer.

Une fois passée la primaire, le chemin restera semé d'embûches pour le candidat du PS, qui devra affronter le chef de file de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre de l'Économie Emmanuel Macron, plus au centre. Tous deux ont exclu de participer à la primaire.

Dans ce contexte d'une gauche fragmentée après un mandat de François Hollande marqué par une impopularité record, les sondages donnent tous le candidat de la droite François Fillon et la chef de l'extrême droite Marine Le Pen qualifiés pour le second tour, en mai. Et la gauche éliminée, comme à la présidentielle de 2002, finalement remportée par Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen.

Plusieurs noms circulent pour remplacer Manuel Valls au poste de premier ministre, tous déjà au gouvernement: Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé) ou Najat Vallaud-Belkacem (Education).

Programme

Dans un discours, Manuel Valls a brièvement présenté les grands axes de son programme - «laïcité», «égalité», «fraternité» avec un modèle social «qu'il faut préserver et moderniser».

Cet été, il avait défendu l'interdiction du «burkini» par des maires de droite au nom du respect de la laïcité. Après les attentats de janvier 2015, il a aussi refusé de chercher la moindre explication au basculement djihadiste de jeunes Français, jugeant qu'«expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser».

Ces positions ont heurté une partie du PS. «Je lui conseille amicalement d'être sur une position nouvelle de rassemblement [...] Il faut être soi-même mais offrir une nouvelle perspective», a déclaré dimanche le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

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