Incendie à Oakland: 36 morts, et ce n'est pas fini

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L'enquête devra établir si les propriétaires de l'ancien entrepôt et ses occupants avaient toutes les autorisations nécessaires.

AFP, Nick Otto

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Josh Edelson, Anne Renaut
Agence France-Presse
San Francisco

Le bilan du terrible incendie qui a endeuillé une fête dans le «vaisseau fantôme», un collectif d'artistes à Oakland, près de San Francisco, s'élève à au moins 36 morts et devrait encore s'alourdir, ont prévenu lundi les autorités.

Les recherches ont été interrompues peu après minuit pour des raisons de sécurité mais devraient reprendre à la mi-journée, selon les pompiers.

«Nous avons localisé et retrouvé 36 victimes» décédées dans l'incendie survenu dans la nuit de vendredi à samedi, a indiqué une porte-parole de la police du comté d'Alameda, Tya Modeste, au cours d'une conférence de presse.

Mais «nous sommes certains que le nombre de victimes va augmenter», a ajouté la chef des pompiers, Teresa Deloach-Reed.

Un précédent bilan faisait état de 33 morts dans cet incendie dont l'origine n'est pas encore déterminée mais que les pompiers ont qualifié d'«extrêmement puissant».

Exprimant sa solidarité avec les habitants d'Oakland, «l'une des villes les plus créative» des États-Unis, le président américain Barack Obama a promis toute l'aide fédérale nécessaire dans l'enquête sur l'origine de cet incendie, qui n'a pas encore été établie.

Peu de familles ont pu être officiellement notifiées du décès d'un proche car les corps sont méconnaissables. Seuls 11 corps ont pu être identifiés à ce stade sur les 36 victimes.

Environ 70% du bâtiment a été ratissé et il reste encore à chercher d'éventuelles victimes à l'arrière et à l'avant de l'entrepôt, a précisé Mme Deloach-Reed.

Les pompiers ont repéré à l'arrière du bâtiment la zone potentielle de démarrage de l'incendie. Les enquêteurs vont bientôt commencer à y travailler.

Plusieurs habitants de la municipalité californienne se sont... (AP, Marcio Jose Sanchez) - image 2.0

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Plusieurs habitants de la municipalité californienne se sont rendus sur le lieu du drame pour se recueillir, alors que les pompiers s'affairent toujours à fouiller les décombres du bâtiment ravagé par les flammes.

AP, Marcio Jose Sanchez

Risque d'effondrement

Mais les secours ont aussi cessé leurs recherches à l'avant du bâtiment en raison d'un risque d'effondrement de mur. «C'est extrêmement dangereux pour les pompiers de travailler sous un mur extérieur branlant qui peut potentiellement s'effondrer», a expliqué Mme Deloach-Reed.

Les autorités ne savent pas combien de personnes participaient à la fête dans le «Ghostship» (le vaisseau fantôme), le bâtiment détruit par les flammes, mais elles se préparaient dès le départ à 30 ou 40 morts.

Dès samedi, les autorité municipales ont indiqué que le bâtiment n'était sans doute pas aux normes.

L'enquête devra établir si les propriétaires de l'ancien entrepôt et ses occupants avaient toutes les autorisations nécessaires.

Johnna Watson, porte-parole de la police d'Oakland, a dit lundi espérer que d'éventuelles images filmées lors de précédentes descentes de police dans l'entrepôt apportent des éléments. «Admettons que nous soyons venus dans cet endroit, et que nous ayons eu des inquiétudes, d'ordre criminel ou liées à une violation [de la loi], nous avons sans doute capturé cela sur nos caméras corporelles.»

Un autre responsable municipal a indiqué que la mairie enquêtait avant l'accident sur des «constructions illégales» à l'intérieur de l'ancien entrepôt.

Le feu a pris «en quelques secondes»

Noel Gallo, un élu municipal habitant non loin de là, a raconté sur la chaîne de télévision KTVU que des voisins et des commerçants du quartier «se plaignaient depuis un certain nombre d'années» du bric-à-brac que les occupants du «Ghostship» entassaient dans la cour ou sur le trottoir.

À quelques rues des lieux du drame, un mini-mémorial s'est improvisé.

Susan Matthews, une artiste qui vit à deux pâtés de maisons de l'immeuble incendié, a raconté avoir retrouvé jusque dans son jardin des cendres et des débris du bâtiment.

Chris Nechodom, qui visitait pour la première fois les lieux le soir du drame, a décrit beaucoup de choses bricolées, assurant toutefois n'avoir «jamais pensé au feu».

«J'ai vu des extincteurs, je suis parti du principe qu'il y avait des détecteurs de fumée. Mais je n'ai pas entendu d'alarme», a-t-il concédé. «Tout s'est passé en quelques secondes.»

Oakland est une ville de 420 000 habitants située juste de l'autre côté de la baie de San Francisco, qui traîne une réputation d'insécurité. Mais l'explosion des loyers dans la région, à cause du boom des entreprises technologiques, a poussé des populations de plus en plus aisées à venir s'y installer, les loyers y étant plus abordables qu'à San Francisco.

L'incendie d'Oakland est d'ores et déjà l'un des plus meurtriers de ces 20 dernières années aux États-Unis.

Le 20 février 2003, un incendie déclenché par des feux d'artifice dans une boîte de nuit de West Warwick, dans le nord-est du pays, avait coûté la vie à 100 personnes, selon le décompte de l'association professionnelle National Fire Protection Association (NFPA).

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