Les autorités craignent le pire après l'incendie d'Oakland

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Les sauveteurs ont eu du mal à accéder à l'ancien entrepôt qui est partiellement effondré. Et lorsqu'ils sont entrés pour combattre le feu, ils ont été freinés par un bric-à-brac de meubles et d'objets.

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Glenn Chapman
Agence France-Presse
Oakland

Un incendie meurtrier a tué au moins neuf personnes dans un collectif d'artistes près de San Francisco, mais les autorités s'attendent à ce que le bilan s'alourdisse quand les secours pourront accéder aux décombres.

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Des pompiers ont diffusé sur Twitter une vidéo, dont est tirées cette photo, du feu sortant du toit de l'édifice.

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Pour l'instant, neuf corps ont été récupérés, a indiqué le sergent Ray Kelly, de la police locale.

«Mais nous nous attendons à ce que le nombre de victimes augmente. De combien, nous le savons pas, mais nous attendons au pire» a-t-il dit.

Le sergent Kelly a précisé plus tard que sur la quarantaine de personnes portées disparues après l'incendie, une vingtaine a été localisée. Mais une autre vingtaine est toujours portée disparue.

Le bilan exact est difficile à établir car les sauveteurs ont du mal à avoir accès à l'ancien entrepôt d'un étage qui est partiellement effondré, a-t-il expliqué.

Dans l'après-midi, ils ont dû se retirer du bâtiment, le temps que celui-ci soit consolidé.

Les disparus sont des personnes d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années, et certains sont des étrangers.

Un centre d'aide aux familles a été mis en place pour collecter les informations sur les personnes manquantes et informer les proches.

Sur les réseaux sociaux et notamment la page Facebook de l'évènement, des proches tentaient de chercher des informations sur le sort des participants à la fête.

Facebook a également annoncé qu'il avait activé le système qui permet à ses abonnés de confirmer d'un clic qu'ils sont en sécurité.

«Constructions illégales»

L'enquête devra établir si les propriétaires de l'ancien entrepôt et ses occupants avaient toutes les autorisations nécessaires.

Certains témoignages font état d'artistes vivant sur place, mais le bâtiment n'était prévu que pour être un «lieu de travail», a indiqué la maire d'Oakland lors de la conférence de presse.

«Cela prendra du temps» pour mener à bien les enquêtes nécessaires, mais «les familles ont le droit de savoir ce qui s'est passé», a déclaré Libby Schaaf.

Un autre responsable municipal a indiqué dans la conférence de presse que la mairie enquêtait avant l'accident sur des «constructions illégales» à l'intérieur de l'ancien entrepôt.

L'incendie a éclaté vers 23h30 vendredi soir heure locale (2h30, heure du Québec) dans le bâtiment baptisé le «Ghostship» (vaiseau fantôme).

Des dizaines de personnes s'y trouvaient pour participer à une fête dans laquelle se produisait notamment le musicien électronique Golden Donna, alias Joel Shanahan.

Le feu qui n'a été maîtrisé qu'au petit matin «a dû se propager très rapidement», a expliqué la chef des pompiers, Teresa Deloach-Reed.

«Le toit s'est effondré et il y a de gros débris qui doivent être enlevés» a-t-elle expliqué.

Lorsqu'ils sont entrés pour combattre le feu, les pompiers ont été freinés par un bric-à-brac de meubles et d'objets artistiques.

«C'était bourré de meubles et d'autres trucs, des collections [...] c'était presque comme un labyrinthe», a déclaré Teresa Deloach-Reed.

La chef des pompiers a aussi mentionné la présence d'une «cage d'escalier artisanale» avec des «palettes» pour accéder au premier étage, où se trouvaient la plupart des victimes.

Il était apparemment «vraiment difficile de s'échapper de ce premier étage», a-t-elle dit.

«Je sentais ma peau peler»

Il semble qu'aucun détecteur de fumée ne se soit déclenché dans le bâtiment pendant l'incendie, et qu'il n'y avait pas d'aspersion automatique, a-t-elle précisé.

Bob Mule, un photographe installé dans le bâtiment, a indiqué qu'il avait tenté d'aider un ami à fuir, avant de renoncer du fait de la violence de l'incendie.

«Je sentais ma peau peler» sous l'effet de la chaleur, a déclaré à la chaîne de télévision le photographe Bob Mule, un familier des lieux à la télévision locale KTVU. «Je n'ai pas réussi à faire marcher l'extincteur».

Les autorités tentaient d'établir samedi si des personnes vivaient en permanence dans le bâtiment, ou s'il n'était qu'un lieu de travail et de rencontres.

Oakland est une ville de 420 000 habitants située de l'autre côté de la baie de San Francisco, face à la ville du même nom. Longtemps réputé peu sûre, elle attire désormais des populations plus aisées alléchées par la perspective de loyers plus abordables qu'à San Francisco.

Le 20 février 2003, un incendie déclenché par des feux d'artifice dans une boîte de nuit de West Warwick, au nord-est des États-Unis, avait coûté la vie à 100 personnes, selon le décompte de l'association professionnelle National Fire Protection Association.

Les pompiers avaient estimé que le bâtiment, de bois et de tôle, s'était entièrement embrasé en moins de trois minutes.

L'incendie le plus meurtier lors d'un spectacle, aux États-Unis, s'est produit en 1903 à l'Iroquois Theater de Chicago. Il avait fait 602 morts, selon la NFPA.

Des gens attendaient anxieusement d'avoir des nouvelles d'un... (AFP, Nick Otto) - image 2.0

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Des gens attendaient anxieusement d'avoir des nouvelles d'un ami ou d'un parent près de l'entrepôt qui a été détruit par les flammes.

AFP, Nick Otto

La terrible attente des proches des disparus

Des jeunes gens aux yeux rougis attendaient nerveusement samedi à Oakland que les pompiers commencent à déblayer l'ancien entrepôt où s'est déclaré l'incendie.

Le petit groupe, dont les sanglots et les voix étaient régulièrement couverts par le fracas des trains de banlieue passant bruyamment au-dessus d'eux, attendait anxieusement d'avoir des nouvelles d'un ami ou d'un parent.

Non loin de là se trouve un «centre d'accueil des familles» - établi par les autorités de la ville - pour aider les proches des victimes et personnes disparues.

«On espère juste tous que les gens ont laissé leur téléphone» à l'entrée de la fête, ce qui expliquerait qu'ils ne donnent pas de nouvelles, explique David Marks, qui habite San Francisco et qui tentait d'avoir des nouvelles d'un ami.

De son côté, Dan Vega raconte à toute vitesse qu'il redoute que son frère de 22 ans et sa copine figurent parmi les victimes.

Vega pense que le couple est allé au concert donné dans cet entrepôt devenu collectif d'artiste mais il n'en est pas certain.

Leur voiture est encore garée à côté du BART (les trains de banlieue de la région de San Francisco) non loin de la maison où son frère habitait avec sa mère.

Depuis pas de nouvelles, et «cela ne lui ressemble pas», lance Dan Vega.

David Marks avait l'intention d'aller à la soirée après être sorti du travail tard, mais il a jeté un oeil sur la page Facebook du «Ghostship» par précaution et c'est là qu'il a appris qu'un incendie avait ravagé le local.

Un fouillis

L'entrepôt d'un étage abritait des artistes qui y travaillaient et y vivaient apparemment.

Un escalier fait de palettes menait au premier étage, là où étaient organisés les concerts et les fêtes. David Marks et d'autres ont décrit l'endroit comme un véritable labyrinthe encombré d'oeuvres d'art, de statues et d'innombrables autres objets.

«Il y avait des tas d'orgues et de pianos», raconte David Marks, qui estiment que 20 à 30 personnes vivaient là en permanence.

De l'immeuble il reste les murs. Les images des hélicoptères de télévision qui cerclent sans cesse au-dessus du sinistre montrent un trou béant à la place du toit et un enchevêtrement de poutres et d'autres métériels noircis par le feu et la fumée.

Seules taches de couleur, des bâches jaune qui recouvrent des formes longilignes. Sans doute des corps.

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