Un an après San Bernardino, les États-Unis face aux «loups solitaires»

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La tuerie de San Bernardino, en Californie, avait fait 14 morts en décembre 2015.

AP, Jae C. Hong

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Jocelyne Zablit
Agence France-Presse
Los Angeles

Un an après qu'un couple a fait irruption dans une fête de Noël entre collègues à San Bernardino, en Californie, tuant 14 personnes, les États-Unis comme l'Europe cherchent encore comment empêcher les attentats perpétrés par des «loups solitaires».

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Syed Rizwan Farook et sa femme, Tashfeen Malik, avaient tué 14 personnes en décembre dernier à San Bernardino, en Californie.

PHOTO archives AP

Depuis un an, les exemples meurtriers se sont multipliés aux États-Unis, avec cette semaine encore une attaque dans l'université de l'Ohio par un étudiant somalien qui a foncé sur des passants en voiture avant de les agresser au couteau. En juin, un autre homme armé notamment d'un fusil d'assaut avait massacré 49 personnes dans une boîte de nuit de Floride.

«Nous entrons dans une phase très dangereuse, car il est très difficile de se protéger de ce genre d'attentats», estime Jens David Ohlin, professeur de droit international et expert en sécurité à l'université américaine de Cornell. «Ce sont des attentats qui requièrent très peu de technologies».

Le front s'est étendu sur la toile, des organisations comme le groupe État islamique (EI) utilisant internet et réseaux sociaux pour propager leur message et encourager la radicalisation dans le monde.

Au matin du 2 décembre 2015, Syed Farook et Tashfeen Malik ont laissé leur fillette de six mois avant d'aller commettre le pire attentat aux États-Unis à l'époque depuis le 11 septembre 2001.

Plusieurs actes de commémorations, dont une messe et une veillée, sont prévus dans la région de San Bernardino vendredi pour marquer le premier anniversaire de cet attentat.

L'effet Trump

Née au Pakistan, Tashfeen Malik avait connu son futur époux, citoyen américain, sur un site de rencontres pour musulmans. Ils s'étaient mariés en Arabie saoudite. Selon les enquêteurs, elle avait prêté allégeance à l'EI sur Facebook et avait joué un rôle clé dans la radicalisation de son époux.

Le tireur du Pulse, boîte de nuit en Floride, avait également proclamé son soutien au groupe et les autorités avaient déterminé qu'il avait inspiré par des groupes «terroristes» mais sans liens directs.

«Nous vivons dans un monde très différent où nous ne faisons plus face à un modèle du type 11 septembre, avec des terroristes entraînés à l'étranger et venant aux États-Unis munis d'un vrai ou faux visa pour y commettre un attentat», souligne Abraham Wagner, du groupe de réflexion Center for Advanced Studies on Terrorism.

«Ce monde a disparu (...) et maintenant les gens sont souvent recrutés directement sur internet».

Selon cet expert, les services américains de renseignement ont échoué dans la surveillance et l'analyse des messages sur internet de l'EI.

«Nous pourrions faire beaucoup mieux avec les technologies et les ressources dont nous disposons», assure M. Wagner.

D'autres s'inquiètent du discours anti-musulman de Donald Trump pendant la campagne présidentielle, qui avait notamment promis après San Bernardino et les attentats de Paris d'interdire l'entrée aux États-Unis aux musulmans, avant de nuancer sa proposition.

«La façon dont la campagne de Trump a dépeint tout ça comme un choc des civilisations entre les Occidentaux et l'islam n'a certainement pas aidé et peut compliquer les choses», avance Jens David Ohlin. «Mais il est important de ne pas exagérer, car les États-Unis étaient déjà engagés dans une campagne militaire contre l'EI (...) avant que Trump n'apparaisse sur scène».

Les États-Unis comme tous les pays menacés font également face au même dilemme: assurer la sécurité tout en protégeant les droits de l'homme et en respectant les lois internationales. Pendant sa campagne, Donald Trump avait proclamé qu'il n'hésiterait pas à rétablir la torture. Mais le président élu semble être revenu sur sa proposition.

Pour les experts, le nombre d'attentats isolés similaires à celui de San Bernardino risque bien d'augmenter.

Même si «ce n'est pas un problème que nous pouvons résoudre entièrement, nous pourrions faire beaucoup mieux», selon Abraham Wagner.

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