François Hollande renonce à briguer un second mandat

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Le président socialiste n'a jamais bénéficié de bonnes opinions à l'exception d'une courte période après les attentats djihadistes de janvier 2015.

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Béatrice Le Bohec
Agence France-Presse
Paris

Le très impopulaire président français François Hollande a annoncé qu'il renonçait à briguer un second mandat en 2017, expliquant vouloir éviter une déroute de son camp face à la droite et à l'extrême droite, un coup de théâtre à cinq mois du scrutin.

«Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle», a annoncé le président socialiste lors d'une allocution télévisée depuis le palais de l'Élysée à Paris.

Celui qui a affronté pendant son mandat des attentats sans précédent a appelé, au nom de l'avenir du pays, à «un sursaut collectif». «Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures [...] dangereuses pour son unité, pour sa cohésion, et pour ses équilibres sociaux».

Son choix de ne pas se représenter est une première en France depuis 1958.

Très impopulaire depuis son arrivée au pouvoir en mai 2012, M. Hollande, 62 ans, s'est rangé à l'avis de sondages très défavorables. Seuls 13 % des Français lui font confiance et il ne récolterait que 7 % des voix au premier tour de la présidentielle en avril, loin derrière le candidat de la droite François Fillon et la chef du Front national Marine Le Pen.

Selon les sondages, qui ont échoué à pronostiquer le vainqueur de la primaire de droite, le second tour de la présidentielle en mai 2017 verrait s'affronter la droite et l'extrême droite, dopée par la poussée populiste en Europe et aux États-Unis.

Disant mesurer «l'enjeu de la période qui s'ouvre», François Hollande a accusé la droite de vouloir remettre en cause le modèle social français et a mis en garde contre l'extrême droite, «qui nous appelle au repli, à la sortie de l'Europe et du monde».

L'annonce-choc du président est intervenue quatre jours après la désignation du candidat de la droite et au jour d'ouverture du dépôt des candidatures pour la primaire de la gauche qui doit se tenir les 22 et 29 janvier.

Ces derniers jours, une guerre sourde a opposé François Hollande à son premier ministre Manuel Valls, coincé entre son devoir de loyauté à l'égard du chef de l'État et son ambition présidentielle qu'il ne cache plus. L'annonce de François Hollande a été saluée jeudi soir par M. Valls comme «le choix d'un homme d'État».

Quel que soit le candidat socialiste issu de la primaire, il devra affronter, outre les représentants de la droite et de l'extrême droite, le représentant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et l'ex-ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui refusent tous deux de se plier à l'exercice de la primaire.

«Déliquescence du pouvoir»

Dressant le bilan de son mandat, François Hollande a souligné jeudi soir les avancées auxquelles il a contribuées, en multipliant dans son discours le «je».

«L'engagement majeur que j'ai pris devant vous était de faire baisser le chômage [...] Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j'en conviens, mais ils sont là», a expliqué M. Hollande.

M. Hollande a également évoqué un «modèle social conforté». Il a exprimé «un seul regret», celui d'avoir proposé la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme.

Le président «admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d'aller plus loin», a aussitôt commenté le candidat de la droite, François Fillon, évoquant la fin d'un mandat dans «la déliquescence du pouvoir».

Le président socialiste n'a jamais bénéficié de bonnes opinions à l'exception d'une courte période après les attentats djihadistes de janvier 2015 contre le magazine satirique Charlie Hebdo, une policière et un supermarché cacher.

La publication en octobre d'un recueil de confidences de François Hollande à deux journalistes a sidéré ceux qui, contre vents et marées, lui témoignaient encore leur soutien. Dans ce livre, le président multiplie les piques sur ses proches.

Son mandat, marqué par plusieurs opérations militaires extérieures (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie), fut également celui des pires attentats commis en France depuis 1945.

Un mandat marqué par la violence djihadiste

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François Hollande, Barack Obama et la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, rendent hommage aux victimes du Bataclan.

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Le mandat du président François Hollande a été marqué par une série d'attentats sans précédent et une colère sociale contre un cap économique contesté jusque dans son propre camp. En voici les principaux points :

Attentats djihadistes

Revendiquées ou inspirées par des groupes djihadistes, une série d'attaques sans précédent ont fait 238 morts depuis janvier 2015. Devant ces attentats, les plus meurtriers de l'histoire française récente, François Hollande a endossé le rôle de père de la nation.

Après les premières attaques, qui ont notamment décimé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, un François Hollande rassembleur invite une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement à défiler à Paris, du jamais vu.

Déchéance de nationalité

Après les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts), François Hollande retient une proposition de la droite : modifier la Constitution pour étendre la déchéance de nationalité aux binationaux condamnés pour terrorisme.

Après un interminable feuilleton qui sème la division dans son camp Hollande enterre finalement fin mars le projet.

Accord sur le climat

Converti aux préoccupations écologiques sur le tard, Hollande réussit à convaincre les dirigeants de la planète de signer un accord visant à contenir le réchauffement sous le seuil de 2 °C par rapport au niveau préindustriel. Cet accord historique est signé à Paris en décembre 2015 par 195 pays.

Mariage gai

Le 23 avril 2013, le gouvernement adopte définitivement la loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples du même sexe. Cette loi a suscité des mois de débats acharnés et de virulentes manifestations d'opposants défilant au nom des valeurs de la famille traditionnelle.

Mesures économiques

En janvier 2014, Hollande affiche un spectaculaire tournant proentreprises. L'annonce d'une mesure qui prévoit 30 milliards d'euros (42,6 milliards $CAN) de baisse de cotisations patronales en échange d'embauches est vivement contestée par une partie de la gauche, qui se rallie sous le signe des «frondeurs».

Rebelote en 2016 avec un projet de loi sur le droit du travail qui vise notamment à assouplir les conditions de licenciement économique. Le texte provoque un tollé jusque dans la rue, mais la loi est finalement adoptée, au forceps, à l'été.

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