Trump renonce à son empire immobilier

Donald Trump et des membres de sa famille... (AP, Manuel Balce Ceneta)

Agrandir

Donald Trump et des membres de sa famille avaient participé à l'inauguration du Trump International Hotel à Washington, le 26 octobre dernier. L'hôtel pourrait être menacé par l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche en raison d'une clause contractuelle bannissant la participation financière de tout «responsable élu».

AP, Manuel Balce Ceneta

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-Louis Doublet, Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a cherché mercredi à faire dégonfler une polémique sur ses conflits d'intérêts en annonçant qu'il se mettrait en retrait de son empire immobilier avant d'entrer à la Maison-Blanche le 20 janvier.

Dans sa tour à Manhattan, il a continué à bâtir son gouvernement en ayant nommé mercredi matin son équipe économique, dont son secrétaire au Trésor, le banquier de Wall Street Steven Mnuchin.

Dans des tweets matutinaux, Donald Trump a annoncé qu'il tiendrait à New York le 15 décembre une «conférence de presse majeure» en présence de ses enfants. Elle portera «sur le fait que je quitterai ma formidable entreprise afin de me concentrer entièrement et totalement à la direction du pays et à redonner à l'AMÉRIQUE SA GRANDEUR!» a twitté le président, reprenant son slogan de campagne.

Au même moment, Steven Mnuchin annonçait lui-même en direct sur CNBC sa nomination à la tête du Trésor. Il était en compagnie de Wilbur Ross, un autre investisseur de Wall Street, nommé secrétaire au Commerce.

De nombreuses questions de conflits d'intérêts sont soulevées par l'arrivée inédite à la Maison-Blanche d'un milliardaire à la tête d'un empire aux ramifications internationales.

M. Trump a réaffirmé que légalement il n'a aucune obligation de s'isoler de la gestion de son entreprise. «Je sens que c'est important [...] de n'avoir aucun conflit d'intérêts avec mes diverses affaires, en tant que président», a-t-il toutefois indiqué.

«Par conséquent, des documents légaux sont en cours de rédaction qui font que je me retire totalement des opérations de gestion des affaires. La présidence est une tâche bien plus importante!», a-t-il souligné.

M. Trump envisagerait de confier la direction de ses affaires à trois de ses enfants, selon les maigres détails qu'il a donnés depuis qu'il s'est lancé dans la course présidentielle en juin 2015.

Nombre d'experts ont souligné que cela ne réglerait en rien les problèmes de conflits d'intérêts, ces trois enfants étant de proches conseillers de leur père et jouant un rôle actif dans les nominations de sa future administration.

Ni Steven Mnuchin, 53 ans, ni Wilbur Ross, 79 ans, n'ont d'expérience en politique mais ils ont apporté depuis longtemps leur soutien à Donald Trump. Wilbur Ross avait travaillé avec le magnat de l'immobilier lorsque certains de ses casinos traversaient des difficultés à la fin des années 80.

Les deux hommes seront chargés d'appliquer la politique économique du président élu qui a promis de revenir sur les accords de libre-échange et de garder les emplois industriels aux Etats-Unis.

À cet égard, M. Ross a rejeté les accusations de protectionnisme. «Protectionnisme n'est pas un terme significatif, c'est péjoratif», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il y a «commerce, bon commerce et commerce stupide».

«Nous avons fait beaucoup de commerce stupide et c'est ce que nous allons corriger», a-t-il ajouté, affirmant que le but premier était d'«augmenter les exportations américaines».

Nominations

Il reste encore d'importants ministres à nommer.

Mais ni le secrétaire d'État, ni le secrétaire à la Défense ne devraient être connus cette semaine, a indiqué l'entourage de Donald Trump, alors que ces nominations semblaient imminentes.

Pour son futur chef de la diplomatie, le président élu semble hésiter entre le républicain modéré Mitt Romney, l'ancien patron déchu de la CIA David Petraeus, le sénateur républicain respecté Bob Corker et l'ancien maire à poigne de New York Rudolph Giuliani.

Des votes illégaux par «millions»

Des affirmations avancées sans preuves par Donald Trump semblent refléter les allégations d'un site adepte des théories du complot. Le futur président américain a affirmé cette semaine que des «millions» de gens ont voté illégalement le 8 novembre. Un tweet qui fait écho à des déclarations semblables du site infowars.com, qui s'appuyaient sur une étude largement discréditée par les organisations de vérification des faits comme Snopes.

Ce n'est pas la première fois que le président élu reprend des informations d'infowars, un site géré par l'animateur de radio Alex Jones, connu pour avoir faussement affirmé que les attaques du 11 septembre 2001 avaient été fomentées par le gouvernement américain. En rassemblement, le républicain a ainsi répété que sa rivale Hillary Clinton «portait une oreillette» pendant un débat présidentiel et que les musulmans américains avaient fêté les attentats du 11 Septembre. Plusieurs dizaines d'exemples de Donald Trump s'inspirant d'allégations d'Alex Jones et d'infowars ont été ainsi recensés par le groupe spécialisé dans l'analyse des médias Media Matters for America. Trump n'a cependant pas repris les déclarations les plus fantaisistes d'infowars, selon lesquelles des extra-terrestres auraient atterri en Floride.

Ses opposants s'inquiètent qu'un président américain puisse compter sur ce genre de site pour s'informer. «Beaucoup de ce qu'il [Jones] dit est de pures inepties.» «Si le président croit à cela [...] nous avons une charia, il y a un problème», affirme M. Carusone.

Le patriotisme économique, motto de l'équipe de Trump

Steven Mnuchin sera le secrétaire au Trésor du... (AFP, Timothy A. Clary) - image 4.0

Agrandir

Steven Mnuchin sera le secrétaire au Trésor du président américain Donald Trump, qui a nommé son équipe économique, mercredi.

AFP, Timothy A. Clary

Généreuses baisses d'impôts, refonte des régulations bancaires et promesses d'une croissance accélérée : l'équipe économique de Donald Trump avec Steven Mnuchin au Trésor et Wilbur Ross au Commerce, adopte un nouveau ton, basé sur le patriotisme économique.

«Les États-Unis sont le meilleur pays du monde pour investir et c'est pour cela que l'argent y afflue. Nous allons vraiment nous concentrer sur la croissance économique et créer des emplois. Ce sera vraiment notre priorité», a résumé le prochain secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, un banquier de 53 ans.

Dans un interview sur la chaîne financière CNBC, l'ancien partenaire de Goldman Sachs a annoncé lui-même sa nomination et réitéré les promesses du président élu de sauver et de rapatrier des emplois aux États-Unis.

Cette volonté a été symboliquement concrétisée mardi soir avec l'annonce par le groupe manufacturier américain Carrier qu'il renonçait à délocaliser un millier de postes au Mexique. Filiale du géant industriel United Technologies, le groupe a assuré dans un tweet avoir «conclu un accord avec le président désigné» pour stopper sa délocalisation. «Le deal avec Carrier, c'est génial!» a lancé M. Mnuchin mercredi.

«Le président désigné et le vice-président (Mike Pence, gouverneur de l'Indiana où se trouve l'usine concernée) ont pris leur téléphone, appelé le patron d'United Technologies et ont dit qu'ils voulaient que les emplois restent ici», a-t-il affirmé.

Mais pour que cette méthode continue d'opérer, la nouvelle administration entend tordre le cou aux accords commerciaux multilatéraux et abaisser les impôts sur les bénéfices pour que les multinationales rapatrient leurs opérations sur le territoire national.

Il ne s'agit pas de «protectionnisme» assure Wilbur Ross, l'homme d'affaires de 79 ans nommé secrétaire au Commerce. «C'est un terme péjoratif». Selon lui, il faut simplement distinguer «un commerce sensé avec un commerce stupide». «On a fait beaucoup de commerce stupide et on va réparer ça», a-t-il promis avec M. Mnuchin à ses côtés sur CNBC.

Exit l'accord de partenariat transpacifique (PTP) signé en 2015, «un horrible deal», affirme M. Ross qui jure désormais par «les négociations bilatérales».

«Rapatrier le cash» 

Pour encourager les entreprises et doper la croissance, Steven Mnuchin veut tenir la promesse de Donald Trump de réduire l'impôt sur les bénéfices à 15 % «et faire revenir beaucoup de cash aux États-Unis».

Le taux d'imposition des sociétés est théoriquement de 35 % actuellement, mais donne lieu à beaucoup de déductions. Du côté de l'impôt sur le revenu, la ressource la plus importante du budget fédéral, la classe moyenne aura aussi une ristourne. Au total, «ce sera le plus grand changement fiscal depuis Reagan», a assuré M. Mnuchin. Quant aux plus riches, si eux aussi pourront payer moins d'impôts, cette baisse sera compensée par la disparition de certaines déductions, a-t-il poursuivi.

Le prochain secrétaire au Trésor admet que pour que la formule marche sans faire enfler la dette, et le déficit, il faut que les ménages qui sont moins imposés dépensent plus.

Dans cet esprit, il présage que l'économie «peut soutenir une croissance de 3 % à 4 %», un chiffre un soupçon plus modéré que les 4 % promis par M. Trump.

L'expansion américaine, même si elle paraît briller face à la morosité du reste des pays riches, ne devrait atteindre que 1,8 % cette année, selon la Fed.

Trop de règles 

Sur le front de la régulation financière, l'ex-banquier entend «dénuder» la législation qui a réformé le secteur bancaire après la grande crise de 2008. Ces règles «sont bien trop complexes et empêchent de prêter», affirme le nouveau grand argentier.

Mais il a évité toute polémique avec la banque centrale américaine (Fed), objet de vives critiques de la part de M. Trump, en déclarant que sa présidente Janet Yellen «a fait du bon boulot».

L'agence de notation Fitch, tout en admettant un futur bond de l'endettement américain, prévoit «un coup de pouce de la croissance à court terme» grâce aux réductions d'impôts.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer