Trump menace de mettre fin au dégel avec Cuba

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Donald Trump s'est engagé à mettre un terme à l'entente entre Cuba et les États-Unis dans une énième envolée sur Twitter. La Maison-Blanche a estimé que le président désigné ne semble pas comprendre que rompre une telle entente était un processus complexe.

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

Le président désigné des États-Unis Donald Trump a pour la première fois lundi menacé de mettre fin au dégel avec Cuba, mais la Maison-Blanche, encore aux mains de Barack Obama, a défendu avec force le rapprochement historique avec l'île communiste.

Dans un tweet laconique, le futur 45e président américain a prévenu qu'il pourrait faire machine arrière sur l'avancée diplomatique majeure de son prédécesseur, si La Havane n'offrait pas plus de contreparties sur les droits de l'homme ou l'économie de marché.

«Si Cuba ne veut pas sceller un meilleur accord pour le peuple cubain, le peuple américano-cubain et les États-Unis dans leur ensemble, je mettrai fin à l'accord» d'ouverture entre Washington et La Havane, a averti Donald Trump sur Twitter.

Cette mise en garde de l'homme d'affaires survient trois jours après la mort de Fidel Castro et au lendemain du week-end de Thanksgiving où l'équipe Trump a savamment entretenu le flou sur la poursuite de la politique d'ouverture annoncée à la surprise générale le 17 décembre 2014 par le président Obama et son homologue cubain Raúl Castro. 

C'est la première fois que le bouillonnant milliardaire républicain menace explicitement de revenir sur cet acquis diplomatique de l'administration démocrate, qui cédera le pouvoir le 20 janvier.

La Maison-Blanche a d'ailleurs vanté lundi un rapprochement «bénéfique pour le peuple cubain et [...] bénéfique pour le peuple américain».

Plus compliqué qu'un tweet

«Ce n'est pas aussi simple qu'un tweet peut le laisser penser», a taclé son porte-parole Josh Earnest.

D'ailleurs, juste après cette énième sortie sur Twitter du prochain président Trump, son directeur de la communication Jason Miller a tenté d'arrondir les angles.  «Cuba est vraiment un sujet compliqué et le président élu a conscience des nuances et des complexités de la situation à laquelle sont confrontés l'île et le peuple de Cuba», a-t-il expliqué. Il a souligné que Donald Trump «voulait que Cuba et les Cubains soient libres et voulait un bon accord qui ne prenne pas les Américains pour des imbéciles».

M. Miller a rappelé que les «priorités» de la prochaine administration étaient «la libération des prisonniers politiques [...] et la liberté politique et religieuse pour tous les Cubains vivant sous répression».

Trop de concessions

Les républicains pensent que l'administration démocrate sortante a fait trop de concessions aux castristes en n'obtenant «rien en retour» de La Havane sur «l'ouverture des marchés, la liberté religieuse, les prisonniers politiques».

L'équipe Trump a tapé toute la fin de semaine à bras raccourci contre le «tyran Castro», mort vendredi soir à l'âge de 90 ans. Le prochain président des États-Unis a lui-même traité le père de la Révolution cubaine de «dictateur brutal qui a opprimé son peuple». Des propos qui tranchent avec le communiqué de condoléances samedi de Barack Obama qualifiant Fidel Castro de «figure singulière» dont «l'Histoire jugera de l'impact énorme».

La Maison-Blanche a indiqué lundi que «ni le président [Obama] ni le vice-président [Joe Biden]» ne se rendront à Cuba pour les funérailles du «Líder Máximo».

Le rapprochement avec Cuba est à inscrire au chapitre de la politique de la main tendue de l'Amérique d'Obama à ses ennemis, une démarche constante depuis 2009 du président sortant et lauréat du prix Nobel de la paix. Il fit de même avec l'Iran.

Lors de son voyage historique à La Havane en mars, Barack Obama avait plaidé pour un processus de normalisation irréversible, tout en concédant que le «changement ne se ferait pas du jour au lendemain». Son successeur Donald Trump avait d'ailleurs au départ soutenu ce rapprochement avant de le critiquer lorsqu'il était entré en campagne pour le parti républicain.

Trump sommé de prouver la fraude massive

Autorités, élus et experts américains ont mis lundi au défi le prochain président des États-Unis Donald Trump d'étayer ses récentes allégations de fraudes massives lors du scrutin du 8 novembre qui l'a vu triompher d'Hillary Clinton.

Ces accusations du milliardaire font suite à la contestation par une partie de la gauche américaine, accablée par la défaite, des résultats dans trois États déterminants, Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie.

Apparemment furieux qu'Hillary Clinton ait annoncé se joindre à cette initiative de recomptage des voix, Donald Trump a contre-attaqué en affirmant sur Twitter dimanche que des «millions» de personnes avaient voté illégalement. M. Trump a obtenu plus de grands électeurs que la démocrate et ainsi remporté la Maison-Blanche, mais il insiste pour dire qu'il aurait aussi gagné le suffrage populaire sans ces fraudes supposées. «Graves fraudes électorales en Virginie, dans le New Hampshire et en Californie - pourquoi les médias n'en disent-ils rien ?» a aussi accusé Donald Trump.

Dans ces trois États, gagnés par Hillary Clinton, aucune preuve d'irrégularités n'a été présentée par le républicain.

«Aucune preuve»

La Maison-Blanche a catégoriquement rejeté les allégations du successeur de Barack Obama, le porte-parole Josh Earnest estimant qu'il n'existait «aucune preuve».

Les autorités électorales des trois États cités ont également répété lundi que les scrutins s'étaient déroulés sans problème et que les résultats étaient incontestables.

La controverse a choqué à droite et à gauche, y compris chez les alliés républicains de Donald Trump. «Il faut tourner la page», a conseillé le parlementaire républicain Chris Collins sur CNN.

Les résultats n'ont pas encore été certifiés, mais selon les données compilées par le Cook Political Report, Hillary Clinton a remporté 48,2 % des suffrages contre 46,5 % pour Donald Trump au niveau national, soit 2,2 millions de voix de plus.

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