Le dernier chapitre de la Guerre froide

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Des Cubains de Miami sont descendus dans les rues après la mort du Liber Maximo.

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Nicolas Revise, Hervé Rouach
Agence France-Presse
Washington

Avec la mort de Fidel Castro, les États-Unis perdent leur dernier grand ennemi de la Guerre froide. Mais le Lider Maximo était depuis longtemps sorti du jeu et mis à l'écart du rapprochement historique voulu par le président Barack Obama et le frère de Fidel, Raul Castro.

La disparition du père de la Révolution cubaine, qui aura défié la superpuissance américaine sous 11 présidents à la Maison-Blanche, survient en pleine transition du pouvoir à Washington: Barack Obama, qui quittera la présidence le 20 janvier, a estimé que «l'Histoire jugera de l'impact énorme» de Fidel Castro, tandis que le président élu Donald Trump a au contraire dénoncé «un dictateur brutal», sans toutefois remettre en cause explicitement le dégel Washington-La Havane.

Si plusieurs dirigeants européens en visite à Cuba sont allés, ces dernières années, voir Fidel Castro, les autorités américaines l'ont ignoré depuis le début officiel, le 17 décembre 2014, du réchauffement des relations entre les deux pays. Ils n'ont traité qu'avec le président Raul Castro, 85 ans.

Malgré la réouverture des ambassades à l'été 2015 et la visite sans précédent de Barack Obama en mars 2016, les relations entre les États-Unis et l'île distante de seulement 150 kilomètres sont loin d'être normalisées. L'embargo économique, imposé depuis 1962 par les Américains, est maintenu et le Congrès à majorité républicaine s'oppose résolument à sa levée.

Invasion ratée de la baie des Cochons - tentative de renversement du jeune régime castriste par des exilés appuyés par Washington en 1961 -, crise des missiles russes qui fit passer le monde à deux doigts d'une Troisième guerre mondiale: la confrontation a été immédiatement violente entre les États-Unis et Castro, soutenu par l'Union soviétique.

«Ce que les impérialistes ne peuvent nous pardonner, c'est d'avoir fait triompher une révolution socialiste juste sous le nez des États-Unis», avait lancé au début des années 1960 Fidel Castro.

De Dwight Eisenhower à Barack Obama, face à des présidents républicains comme démocrates, Fidel Castro s'est érigé en rempart contre le capitalisme.

«L'Histoire jugera»

À de rares exceptions près, comme le démocrate Jimmy Carter (1977-1981), tous ont tenté de faire plier Cuba en renforçant les rétorsions économiques et commerciales ou en soutenant l'opposition en exil. En vain.

Avant la tentative finalement réussie de Barack Obama - avec l'appui du Vatican - les tractations secrètes et la diplomatie parallèle auxquelles se sont essayés nombre de présidents n'avaient pas abouti.

Dans un communiqué, M. Obama a estimé que «l'Histoire sera comptable et jugera de l'impact énorme» de «la figure singulière» de Fidel Castro.

Il a fait part de son «amitié au peuple cubain» en rappelant avoir «travaillé dur» pour tourner la page de plus d'un demi-siècle de «discorde et de profonds désaccords politiques».

C'est sous le président Barack Obama et la... (AFP) - image 2.0

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C'est sous le président Barack Obama et la présidence de Raul Castro que les relations entre Cuba et les États-Unis se sont finalement réchauffées.

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Au contraire, Donald Trump a tonné contre «un dictateur brutal qui a opprimé son peuple» et le prochain président américain s'est engagé à «tout» faire pour contribuer à la «liberté» et à la «prospérité» du peuple cubain.

Le républicain n'a toutefois pas explicitement critiqué la politique d'ouverture de son prédécesseur démocrate.

Ces derniers mois, il avait cependant entretenu le flou.

Le milliardaire avait d'abord soutenu le dégel, mais, une fois en campagne, il avait émis des réserves, regrettant que le président Obama n'ait selon lui rien obtenu en échange des assouplissements à l'embargo consentis par la Maison-Blanche. En octobre, il avait même affirmé qu'il ferait «tout pour obtenir un accord solide» avec La Havane, laissant présager un retour en arrière.

D'autant que la question cubaine reste un enjeu de politique intérieure américaine, le poids des exilés étant déterminant, en particulier au Congrès.

«Régime meurtrier»

Le parti républicain a d'ailleurs dénoncé dans un communiqué le fait que «des millions de Cubains ont souffert d'un régime répressif et meurtrier» et a dit «prier pour que ce moment soit l'aube d'un nouveau jour sur l'île» communiste.

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, a elle aussi fustigé «le sombre héritage qui survivra à la mort» de Fidel Castro.

Mais pour Barack Obama, la percée diplomatique majeure avec Cuba doit être irréversible: «Notre intention a toujours été de créer une dynamique tout en étant conscients que le changement n'interviendrait pas du jour au lendemain», avait-il souligné en mars.

Si Fidel Castro «était resté au pouvoir, cette nouvelle phase de la relation avec les États-Unis n'aurait pas eu lieu. Mais en même temps, il a clairement laissé faire son frère», pense Peter Schechter, du centre de recherches Atlantic Council.

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