Le régime syrien reprend un quartier clé d'Alep

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L'armée syrienne a lancé le 15 novembre une offensive d'envergure sur la partie rebelle d'Alep avec l'objectif de reprendre toute la métropole septentrionale.

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Karam Al-Masri
Agence France-Presse
Alep

L'armée syrienne a annoncé samedi s'être emparée du plus grand quartier de la partie rebelle et assiégée d'Alep, ce qui pourrait constituer une percée majeure dans son offensive pour reprendre la totalité de la deuxième ville du pays.

La télévision d'État a indiqué que les forces armées avaient «pris le contrôle total du secteur de Massaken Hanano après avoir mis fin à la présence des terroristes» dans ce quartier.

Dans la terminologie officielle, le mot «terroriste» désigne tout groupe opposé au régime de Bachar al-Assad, que ce soient des formations armées modérées ou des djihadistes.

L'agence de presse officielle Sana a précisé que des artificiers étaient en train de désamorcer «les bombes et explosifs laissés par les terroristes dans les rues».

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un large réseau de sources à travers le pays en guerre, a confirmé la prise de Massaken Hanano.

Ce quartier revêt une valeur symbolique pour les rebelles, car c'est le premier secteur d'Alep à être tombé entre leurs mains en 2012, entraînant la division de la métropole entre secteur rebelle (est) et gouvernemental (ouest).

Yasser al-Youssef, du bureau politique d'un des principaux groupes rebelles d'Alep, Nureddin al-Zinki, a affirmé lui que «les affrontements se poursuivaient dans le sud-est de Massaken Hanano».

Fuite de familles

«Le régime essaie de prendre petit à petit les zones nord et sud des secteurs rebelles. Il veut mettre plus de pression sur les civils assiégés pour les affamer et les forcer à quitter la ville», a-t-il ajouté.

Selon l'OSDH, les forces du régime ont également commencé à attaquer les quartiers voisins de Sakhour et de Haydariyé. Une prise de Sakhour permettrait au régime de couper la partie rebelle en deux entre le sud et le nord.

En raison des violences, des dizaines de familles vivant à Sakhour et Haydariyé ont fui vers le sud du secteur rebelle, a ajouté l'OSDH.

Le correspondant de l'AFP qui se trouvait dans cette zone a vu quatre familles sans bagages arriver de Massaken Hanano.

Selon Abou Fadel, qui les a pris en charge, «ça faisait trois jours qu'elles ne pouvaient pas mettre les pieds dehors en raison de l'intensité des bombardements».

«Ce n'est qu'aujourd'hui qu'elles ont pu fuir» à pied, faute de transport, a-t-il dit.

«Elles avaient peur puis quand elles ont vu beaucoup de gens ici et pas de bombardements elles ont été rassurées», a-t-il dit.

Selon l'OSDH, au moins 11 civils ont été tués samedi à Alep-Est.

L'armée syrienne a lancé le 15 novembre une offensive d'envergure sur la partie rebelle d'Alep avec l'objectif de reprendre toute la métropole septentrionale.

Cette campagne s'est accompagnée de bombardements aériens et d'artillerie massifs, provoquant la condamnation de la communauté internationale qui demeure cependant incapable d'y mettre un terme, minée par ses divisions.

Plus de 210 civils tués

Selon l'OSDH, 212 civils, dont 27 enfants, ont péri depuis le 15 novembre à Alep-Est tandis que 18 civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles sur Alep-Ouest, partie de la ville tenue par le régime.

Outre les bombardements quotidiens, les 250 000 habitants de la partie rebelle de la ville manquent de tout en raison du siège imposé depuis juillet par le régime.

Le régime accuse lui les rebelles de retenir les civils du secteur pour «les utiliser comme otages et boucliers humains», ce qu'a démenti un des principaux groupes rebelles.

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par... (AP) - image 2.0

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La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression d'une révolte pacifique par le régime, a fait plus de 300 000 morts.

AP

La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression d'une révolte pacifique par le régime, a fait plus de 300 000 morts, devenant au fil des années de plus en plus complexe avec l'implication de forces régionales, internationales et de jihadistes.

Outre le front d'Alep, des combats font rage dans la province de Raqa, à 160 km plus à l'est, dont la grande partie est aux mains du groupe État islamique (EI).

Une alliance arabo-kurde, soutenue par la coalition internationale dirigée par les États-Unis, a lancé le 5 novembre une offensive visant à reprendre à l'EI sa «capitale» en Syrie.

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