Les Cubains pleurent leur «père» Fidel

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Des partisans de Fidel Castro lui ont rendu hommage, samedi, devant l'ambassade cubaine à Santiago, au Chili.

AP, Esteban Felix

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Rigoberto DIAZ
Agence France-Presse
La Havane

Peu avant minuit vendredi, la nouvelle de la mort de Fidel Castro a interrompu les fêtes, vidé les rues de La Havane et paralysé cette île que le «Comandante» a façonné à son image durant un demi-siècle.

«C'est avec une profonde douleur que j'informe notre peuple et les amis des Amériques et du monde, que le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir», venait d'annoncer à la télévision nationale son frère Raul Castro.

«Tout le monde était stupéfait, c'était un moment très triste», raconte Yaimara Gomez, une employée de l'Hôtel Presidente à La Havane.

Contrairement aux nombreuses fausses rumeurs de son décès par le passé, cette fois, l'homme que la plupart des Cubains avait connu comme dirigeant et qui avait survécu à plus de 600 tentatives d'assassinat selon le renseignement cubain, venait de mourir.

Sur les 11,2 millions d'habitants de l'île, on estime que 70 % d'entre eux sont nés sous ce régime communiste, qui a fait impitoyablement taire toute opposition, emprisonnée ou exilée. Mais même désabusée, une large partie de la population restait «fidéliste», attachée notamment aux deux vitrines sociales du régime: santé et éducation.

«Perdre Fidel c'est comme perdre un père, un guide, le phare de cette Révolution», a déclaré Michel Rodriguez, un boulanger de 42 ans qui a appris l'information à la radio. Les autorités cubaines ont décrété samedi neuf jours de deuil national.

«Fidel Castro était le plus grand», sanglotait de son côté Aurora Mendez, qui malgré ses 82 ans travaille encore dans une cafeteria de la vieille Havane. Comme beaucoup d'autres, elle a été surprise par la nouvelle au petit matin.

Les circonstances de la disparition du «Lider Maximo» n'avaient pas encore filtré. Ces dernières années, Fidel Castro recevait les personnalités et dirigeants étrangers dans sa résidence de l'ouest de La Havane. Il avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale.

Liesse à Miami, silence à La Havane

Tandis que des scènes de liesse accueillaient la nouvelle à Miami, bastion des exilés cubains, La Havane, ville généralement bruyante où la musique est omniprésente, se taisait peu à peu.

Marco Antonio Diaz, un laveur de voitures de 20 ans, faisait la fête quand, soudain, la musique s'est arrêtée. «Fidel est mort», a-t-il entendu dire tandis que la soirée se vidait. «Je suis revenu à la maison et j'ai réveillé tout le monde: Fidel est mort. Ma mère est restée bouche bée», raconte-t-il à l'AFP.

Les rues de la capitale et du célèbre Malecon, le boulevard longeant la mer, semblaient inhabituellement vides ce samedi matin. La police venait de bloquer les accès à la place de la Révolution et jusqu'au 4 décembre, «toutes les activités et spectacles publics» seront interrompues, selon le communiqué officiel.

Alors que la mort du père de la Révolution cubaine s'est répandu à travers la planète dans la nuit, les médias locaux, tous d'Etat, ont semblé pris de court: le très officiel quotidien du parti communiste Granma a ainsi mis près de cinq heures pour publier l'information sur son site internet.

«Je suis né avec cette révolution et je suis vraiment triste, car il a été quelqu'un d'unique, avec ses défauts, avec ses vertus», a déclaré Micaela Consuegra, une balayeuse de 55 ans.

«C'est une grande perte et c'est un homme qui ne sera pas oublié, tant par ses amis que par ses ennemis», a-t-elle ajouté.

Blanca Cabrera, une femme au foyer de 56 ans, a été, elle aussi, désarçonnée par l'annonce. A peine remise, elle est sortie fumer une cigarette dans son jardin.

«On a du mal à croire que Fidel est parti, mais on a eu la chance qu'il nous accompagne durant de nombreuses années. Cela nous console un peu», confie-t-elle.

Comme de nombreux Cubains, elle pense que Fidel a «préparé le peuple pour ce moment».

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