De l'or derrière les barreaux

Les centres de détention pour migrants sont, à... (AP, Ricardo Arduengo)

Agrandir

Les centres de détention pour migrants sont, à une écrasante majorité, gérés par des entreprises privées. La promesse de Donald Trump d'expulser deux à trois millions de clandestins fera exploser le nombre d'immigrants en détention dans l'attente de leur expulsion.

AP, Ricardo Arduengo

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jeremy Tordjman
Agence France-Presse
Washington

La victoire de Donald Trump a pris par surprise les milieux économiques, mais a aussitôt redonné des couleurs à un secteur méconnu aux États-Unis : l'industrie privée des prisons et des centres de détention pour migrants.

Au lendemain de l'élection du magnat de l'immobilier, les actions des deux principales entreprises du secteur, Corecivic (ex-Corrections Corporations of America) et GEO Group, ont vu leurs actions flamber respectivement de 43 % et 21 % après avoir été moribondes pendant de longs mois.

À la mi-août, l'administration Obama leur avait de fait porté un sérieux coup d'arrêt en annonçant qu'elle cesserait d'avoir recours aux prisons privées, qui constituent le gros de leurs activités.

La candidate démocrate Hillary Clinton promettait de s'engager dans la même voie et affirmait qu'il ne devrait pas y avoir de «motivations financières pour remplir les prisons avec de jeunes Américains», même si les maisons d'arrêt privées accueillent une infime portion (0,5 %) des 2,2 millions de personnes incarcérées aux États-Unis.

L'élection du 8 novembre a changé la donne et le sentiment des investisseurs. Trump a ainsi conquis la Maison-Blanche en promettant une politique répressive fondée sur la «loi et l'ordre», qui devrait faire gonfler les incarcérations, et en s'engageant à expulser 11 millions d'immigrés clandestins.

Or aux États-Unis, les centres de détention pour migrants sont, à une écrasante majorité, gérés par ces mêmes entreprises privées, notamment Corecivic et GEO Group, sous la supervision de l'agence fédérale de l'immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE).

Résultat : la promesse du candidat Trump d'expulser deux à trois millions de clandestins délinquants dans les premiers jours de son mandat devrait provoquer un surplus d'activité pour le secteur.

«Cela va se traduire par une très forte augmentation du nombre d'immigrants en détention parce qu'il ne sera pas possible d'expulser ces gens sans passer par une procédure judiciaire et donc par une détention», affirme à l'AFP Bethany Carson, de l'ONG de lutte contre l'incarcération de masse GrassRoots leadership.

À l'heure actuelle, quelque 400 000 migrants sont détenus chaque année aux États-Unis, avec un coût pour le contribuable et des sources de revenus pour les entreprises : un lit d'adulte dans un centre de rétention revient ainsi à 123 $ par jour et les unités familiales à 342 $, selon des chiffres officiels.

Selon le cabinet d'études IBISWorld, cette industrie de la détention de personnes en attente d'expulsion représente aujourd'hui 21 % d'un marché global de l'incarcération privée évalué à 5,3 milliards $ aux États-Unis.

Rationalisation des coûts 

«Ce chiffre devrait croître dans les cinq prochaines années au moment où les principaux acteurs du secteur [...] étendent les capacités d'accueil des immigrants illégaux», affirmait le rapport d'IBISWorld publié juste avant la victoire de Donald Trump.

Contactés par l'AFP, les deux géants du secteur se gardent de tout triomphalisme et se contentent de défendre leur partenariat avec le secteur public, au nom d'une rationalisation des coûts. «Nous nous tenons prêts [...]pour fournir des services correctionnels, de détention et réinsertion de haute qualité», a répondu par courriel Pablo Paez, vice-président de GEO Group.

Quelle que soit l'orientation future de l'administration Trump, les entreprises du secteur pourront en tout cas compter sur une sorte de rente de situation qui a de beaux jours devant elle.

Depuis 2009, le Congrès oblige ainsi l'administration à maintenir occupés chaque jour 34 000 lits dans les centres de rétention afin de maintenir les efforts de lutte contre l'immigration clandestine, une mesure qui a largement profité au secteur privé.

L'association de défense des droits civiques ACLU appelait récemment les autorités à se «défaire de leur dépendance» au secteur privé. 

Pas sûr toutefois que le président Trump suive cette voie. «Je pense qu'on peut faire beaucoup de privatisations et de prisons privées. Ça a l'air de marcher bien mieux», a-t-il affirmé en campagne électorale.

Recomptage aussi en Pennsylvanie

L'ex-candidate indépendante à la Maison-Blanche, l'écologiste Jill Stein, a annoncé vendredi avoir réuni assez d'argent pour demander que soient recomptées les voix de la présidentielle en Pennsylvanie, après une démarche similaire pour le Wisconsin, deux États très disputés qui ont voté pour Donald Trump.

Stein affirme avoir amassé plus de 4,8 millions $US, sur les 7 millions $US nécessaires pour financer un nouveau décompte dans trois États-clés américains : le Wisconsin, la Pennsylvanie et le Michigan.

Selon elle, des experts électoraux ont recensé dans ces trois États «des ''anomalies statistiques'' qui soulèvent des inquiétudes».

La démocrate Hillary Clinton a perdu le Wisconsin (10 grands électeurs) de 27 000 voix et la Pennsylvanie (20 grands électeurs) de 60 000 voix. Dans le Michigan (16 grands électeurs), l'écart serait de 10 704 voix.

Une analyste de FOX News au cabinet Trump

Kathleen «KT» McFarland... (AP, Jason DeCrow) - image 4.0

Agrandir

Kathleen «KT» McFarland

AP, Jason DeCrow

Le président désigné Donald Trump a nommé vendredi une républicaine expérimentée au poste de conseillère adjointe à la sécurité nationale. Kathleen Troia «KT» McFarland sera le bras droit de l'ancien général Michael Flynn, nommé par Donald Trump pour diriger son conseil de sécurité nationale (NSC).

Les nominations aux postes de conseillers à la Maison-Blanche n'ayant pas besoin d'être approuvées par le Sénat, KT McFarland prendra ses fonctions dès le 20 janvier, lorsque Barack Obama passera le relais à Donald Trump.

Elle apporte plusieurs décennies d'expérience dans le domaine de la sécurité au cabinet Trump.

Assistante d'Henry Kissinger lorsqu'il était conseiller à la sécurité nationale et qu'elle n'était qu'étudiante, au début des années 70, elle a ensuite travaillé au ministère de la Défense sous la présidence de Ronald Reagan, où elle a gravi les échelons jusqu'à devenir porte-parole du Pentagone responsable des discours du ministre Caspar Weinberger (1982-1985). 

Elle n'a jamais occupé de fonction élective, mais avait tenté, sans succès, en 2006 d'être choisie du côté républicain pour défier Hillary Clinton aux élections sénatoriales.

Elle travaille depuis plusieurs années comme analyste spécialiste de la sécurité nationale sur la chaîne FOX News.

Donald Trump maintient en revanche le suspense sur son futur secrétaire d'État pendant qu'il passe la fin de semaine prolongée de l'Action de grâce dans son golf de Mar-a-Lago, en Floride. 

Aucune nomination de premier plan n'est attendue avant lundi, a indiqué un porte-parole vendredi.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer