Erdogan menace de laisser passer les migrants

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La Turquie abrite quelque 3 millions de réfugiés, essentiellement syriens.

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Gokan Gunes
Agence France-Presse
Istanbul

Le président Recep Tayyip Erdogan a menacé vendredi d'ouvrir les frontières de la Turquie pour laisser passer les migrants vers l'Europe, et répété qu'il était prêt à valider un rétablissement de la peine de mort, malgré les avertissements de Bruxelles.

Au lendemain d'un vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, M. Erdogan a haussé le ton en agitant le spectre d'un nouveau flux de migrants débarquant sur les côtes européennes et en balayant les avertissements de Bruxelles au sujet d'un éventuel rétablissement de la peine capitale.

L'Allemagne a répliqué en affirmant que «menacer» le pacte UE-Turquie sur les migrants «n'avance à rien». La France a déclaré que «les surenchères et polémiques sont tout à fait contre-productives».

Les déclarations de M. Erdogan surviennent après des semaines d'échanges acerbes entre Ankara et Bruxelles, qui accuse les autorités turques de matraquer l'opposition depuis la tentative de coup d'État en juillet.

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Les déclarations de M. Erdogan surviennent après des semaines d'échanges acerbes entre Ankara et Bruxelles.

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Cette tempête diplomatique fait tanguer un pacte conclu en mars entre le gouvernement turc et l'UE, qui a permis d'assécher le flux de passages clandestins vers l'Europe via les îles grecques en mer Égée.

«Lorsque 50 000 migrants se sont amassés au poste-frontière de Kapikule (à la frontière turco-bulgare), vous avez crié à l'aide», a déclaré vendredi le président Erdogan.

«Écoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s'ouvriront, mettez-vous ça dans la tête», a lancé le chef de l'État turc lors d'un discours à Istanbul.

Cet avertissement abrupt survient à quelques mois de scrutins majeurs en Europe, dont une élection présidentielle en France et des élections fédérales en Allemagne, deux piliers européens confrontés à la montée des populismes et où l'arrivée de migrants est un sujet central.

La Grèce a rapidement exprimé son inquiétude. L'instrumentalisation des réfugiés équivaudrait à un «acte d'agression», a déclaré le vice-ministre de la Défense Dimitris Vitsas.

La Commission européenne reste «pleinement engagée à l'application de l'accord UE-Turquie», a réagi son porte-parole, Margaritis Schinas.

En contrepartie de l'accord sur les migrants, Ankara a notamment demandé une exemption des visas Schengen pour ses ressortissants, l'ouverture de nouveaux chapitres du processus d'adhésion et une aide financière pour l'accueil des réfugiés sur son sol.

Mais l'accord sur les visas est embourbé, l'UE reprochant à la Turquie de n'avoir pas rempli tous les critères.

La Turquie, qui abrite quelque 3 millions de réfugiés, essentiellement syriens, accuse par ailleurs les pays européens de ne pas envoyer l'aide financière promise pour leur accueil, ce que Bruxelles dément.

Très remonté après le vote du Parlement européen, bien qu'il soit non contraignant, M. Erdogan a répété qu'il promulguerait le rétablissement de la peine capitale abolie en 2004 si les députés le votaient, en dépit des mises en garde des dirigeants européens qui jugent cette mesure incompatible avec une adhésion à l'UE.

En réponse à une foule qui scandait à Istanbul «Nous voulons la peine de mort», M. Erdogan a déclaré: «Lorsque vous la demandez, cela dérange ces messieurs». «Qu'ai-je dit ? Que je validerais cette décision si elle passait par le Parlement», a ajouté le chef de l'État turc à Istanbul.

«Gel provisoire des négociations»

La résolution votée jeudi par le Parlement européen appelle au «gel provisoire» des négociations d'adhésion de la Turquie, estimant «disproportionnées» les «mesures répressives prises par le gouvernement turc» après le putsch manqué.

En outre, les eurodéputés ont averti que «le rétablissement de la peine capitale» en Turquie «devrait entraîner une suspension officielle du processus d'adhésion».

Après la tentative de coup d'État imputée par le pouvoir turc au prédicateur Fethullah Gülen qui vit aux États-Unis, plus de 100 000 personnes, notamment des professeurs, militaires et magistrats, ont été arrêtées, limogées ou suspendues.

Dans une mesure sans précédent depuis le début des purges, les autorités ont annoncé vendredi la réintégration de plus de 6000 enseignants qui avaient été suspendus après le putsch manqué.

Les enquêtes ouvertes contre ces enseignants «sont toujours en cours», a toutefois précisé le ministère de l'Éducation.

De nombreux établissements scolaires manquent de professeurs en raison des purges, selon le principal syndicat d'enseignants d'Istanbul.

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