Nouvel attentat déjoué en France 

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a... (AFP, Bertrand Guay)

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Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé lundi qu'une enquête de huit mois avait permis de freiner une cellule terroriste, qui planifiait un attentat dans la région parisienne. Sept personnes ont été arrêtées.

AFP, Bertrand Guay

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Sophie Devillier, Pauline Talagrand
Agence France-Presse
Paris

Un attentat, «envisagé de longue date», a été déjoué ce week-end en France et sept personnes ont été interpellées, a annoncé lundi le gouvernement, pour qui la menace terroriste reste «très élevée» après une série d'attaques sanglantes.

Ces arrestations sont l'aboutissement d'une enquête qui a duré «plus de huit mois» et qui «a permis de mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date sur notre sol», a affirmé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Ces sept personnes, âgées de 29 à 37 ans, ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche à Strasbourg (est) et Marseille (sud-est). Elles sont de nationalités française, marocaine et afghane.

Six étaient inconnues des services de renseignement, mais un Marocain, «dont la résidence n'était pas en France, a été signalé par un pays partenaire», a précisé Bernard Cazeneuve.

Plusieurs armes ont été retrouvées au cours des perquisitions à Strasbourg, a ajouté une source proche de l'enquête.

Le lien avec le groupe jihadiste État islamique (EI) apparaît dans l'enquête. «Certains d'entre eux sont soupçonnés de s'être rendus en Syrie», a affirmé une source proche de l'enquête, et «de nombreux messages cryptés entre la Syrie et des membres du réseau ont été interceptés».

L'organisation djihadiste a revendiqué une grand partie des attentats qui ont fait 238 morts en France, de Paris à Nice, depuis janvier 2015.

«Face à une menace qui reste à un niveau très élevé en France, tout est mis en oeuvre, à chaque instant, pour protéger les Français», a assuré le président socialiste François Hollande, félicitant les services antiterroristes des dernières arrestations.

Le chef de l'État ne dira qu'en décembre s'il compte briguer un second mandat en 2017, mais la campagne est déjà lancée dans l'opposition de droite qui a mis la sécurité au coeur de ses discours.

François Hollande, qui a dit la semaine dernière vouloir prolonger l'état d'urgence jusqu'au scrutin, a précisé lundi que, depuis le début de l'année, 418 personnes avaient été interpellées en lien avec des réseaux terroristes.

Une vingtaine d'attaques évitées

Pour la seule année 2016, près de vingt attentats et projets d'attaques ont été déjoués en France, selon une source proche du dossier.

Selon Bernard Cazeneuve, l'opération du week-end est l'aboutissement d'une longue enquête qui avait déjà permis une première série d'interpellations de «cinq individus liés à ce réseau» le 14 juin, en plein Euro de football.

Deux d'entre eux ont été mis en examen et écroués. Ils «sont soupçonnés d'avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes», a précisé une source proche de l'enquête.

Les services du renseignement intérieur ont décidé l'installation d'une cache d'armes en banlieue parisienne, surveillée 24 heures sur 24 pendant plusieurs mois, pour tenter d'appâter les autres membres du réseau, susceptibles de passer à l'attaque.

Puis, «sur la base d'éléments sérieux» et de «suspicions de projets d'attentats», ces services procédé d'urgence aux arrestations de ce week-end, ont expliqué des sources proches de l'enquête, soulignant toutefois qu'«aucune cible précise n'a pu, à ce stade, être mise au jour».

L'enquête devra désormais «établir si l'attentat ainsi déjoué était une attaque coordonnée visant à frapper simultanément plusieurs sites sur le territoire», a souligné le ministre de l'Intérieur.

Le réseau a été neutralisé moins d'une semaine avant l'ouverture, prévue pour vendredi, du célèbre marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année environ deux millions de personnes.

«Cazeneuve m'a confirmé que Strasbourg n'était pas visée, la cible était plutôt en région parisienne», a déclaré le maire de la ville, Roland Ries. «Sauf événement ou menace directe ou grave, le marché de Noël est maintenu», a-t-il ajouté, assurant que les mesures de sécurité prévues sont «plus importantes que l'année dernière» et que «le dispositif sera encore affiné».

Une fausse victime condamnée à la prison

Une jeune femme qui avait prétendu être une victime des attentats du 13 novembre 2015 à Paris dans l'espoir de toucher des indemnisations, a été condamnée lundi à un an de prison ferme par la justice française.

Laura Ouandjli, mère de famille de 24 ans au chômage, devra également verser un euro symbolique de dommages et intérêts au Fonds d'indemnisation des victimes du terrorisme, a indiqué le tribunal correctionnel de Versailles, près de Paris.

Jugée pour «faux» et «escroquerie», la jeune femme s'était présentée le 22 décembre 2015 dans un commissariat de la région parisienne pour porter plainte, prétendant faire partie des victimes d'une des attaques djihadistes qui ont frappé la capitale le soir du 13 novembre, au bar Le Carillon.

Témoignage incohérent

Elle affirme alors avoir été «gravement blessée à un bras» et porte d'ailleurs un bras en écharpe, présente des certificats médicaux montrant qu'elle doit subir une greffe de peau, produit une photo de son bras prétendument blessé et ajoute qu'elle a perdu ce soir-là téléphone, carte bleue et autres effets personnels.

Mais la jeune femme prétend «avoir été soufflée par une explosion», alors que la terrasse du Carillon a été attaquée au fusil d'assaut.

La police se met alors en relation avec la sous-direction antiterroriste qui ne tarde pas à souligner de nombreuses «incohérences» dans le récit de la jeune femme, ainsi que dans les pièces produites.

Le médecin prétendument à l'origine de son certificat médical ne l'a en réalité jamais reçue. Le nom de la jeune femme ne figure sur aucune liste de victimes admises à l'hôpital le soir du drame. Et la photo de bras blessé est retrouvée sur internet, mais il ne s'agit pas du sien.

Brièvement placée en garde à vue en février, la jeune femme a reconnu les faits.

Les attentats djihadistes de Paris le 13 novembre, revendiqués par l'organisation État islamique, ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Arrêté pour avoir parlé d'une attaque à Times Square

Un New-Yorkais a été arrêté, lundi, et fait face à des chefs d'accusation de terrorisme pour avoir manifesté son appui à une éventuelle reproduction d'un attentat comme celui de Nice, en juillet, où un camion poids lourd avait foncé dans une foule. Une plainte criminelle devant un tribunal fédéral de Brooklyn indique que Mohamed Rafik Naji a séjourné en Turquie et au Yémen l'an dernier, dans une tentative de joindre les rangs de l'État islamique. Il s'est vu ordonner le maintien en détention sans possibilité de libération sous caution à la suite de son arrestation.  AP

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