Trump fait durer le suspense

Donald Trump et le gouverneur du New Jersey,... (AP, Carolyn Kaster)

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Donald Trump et le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, au terrain de golf Trump de Bedminster. Le président désigné a pris part à une série de 12 rendez-vous avec des personnalités publiques et politiques dans la journée de dimanche.

AP, Carolyn Kaster

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Don Emmert, Ivan Couronne
Agence France-Presse
Bedminster, New Jersey

De retour dimanche soir vers son appartement new-yorkais au sommet de la tour Trump, après une fin de semaine de consultations dans l'un de ses golfs, le président américain désigné Donald Trump a laissé entendre que de nouvelles nominations étaient imminentes.

De nouveaux noms vont-ils être annoncés «bientôt», au sein du futur gouvernement américain chargé de prendre le pouvoir à partir du 20 janvier? «Plutôt vrai», a répondu M. Trump, interrogé avant de dîner dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, en précisant qu'il avait déjà «passé un ou deux accords» avec certains candidats.

Aucun indice toutefois sur le délai avant ces nouvelles annonces de la part du président désigné, qui s'est félicité de n'avoir eu «que des bons rendez-vous» dimanche, avec des «gens très bien».

À ce jour, M. Trump a nommé une poignée d'hommes contestés par les démocrates et les associations de défense des droits civiques, notamment à la Justice, avec Jeff Sessions ou à la CIA, Mike Pompeo, mais il a aussi pris soin d'ouvrir le cercle de ses consultations, recevant des républicains modérés, des anciens ennemis, des personnalités de la société civile et des entrepreneurs.

«L'enragé»

Dimanche matin, c'est le général à la retraite James Mattis, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan, qui a été complimenté par le 45e président des États-Unis, après avoir été reçu à Bedminster samedi. «Un vrai général parmi les généraux!» «un possible secrétaire à la Défense», a déclaré M. Trump sur Twitter, au sujet de «l'enragé», âgé de 66 ans.

Le général à la retraite Jack Keane a indiqué à la radio s'être vu proposer le poste de secrétaire à la Défense, mais l'avoir refusé pour des raisons personnelles. Il a dit avoir recommandé James Mattis et David Petraeus, ancien général et chef de la CIA.

Samedi, le candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, a également fait le déplacement à Bedminster. Le vice-président élu Mike Pence a confirmé que l'ancien contempteur de Donald Trump était un potentiel futur chef de la diplomatie.

Après un début de journée à l'église, Donald Trump a enchaîné une série de 12 rendez-vous dimanche, avec notamment le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, marginalisé au sein de l'équipe de transition, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, prétendant au département d'État, ainsi que Kris Kobach, virulent élu anti-immigration du Kansas.

Parmi les autres rendez-vous, à signaler aussi Wilbur Ross, possible secrétaire au Commerce, l'investisseur David McCormick, ou encore le promoteur immobilier Jonathan Gray.

En attendant de nouvelles annonces, l'entourage de Donald Trump s'est lui efforcé de défendre certaines des nominations déjà actées, comme celle de Michael Flynn, au poste de conseiller à la sécurité nationale, qui a écrit en février sur Twitter que «la peur des musulmans est rationnelle».

«Pas drôle du tout»

«Il y a à l'évidence des aspects de cette religion qui sont problématiques», a affirmé Reince Priebus, président du parti républicain et futur secrétaire général de la Maison-Blanche, sur ABC.

Le bras droit de Donald Trump a également dû défendre son patron après la révélation que le milliardaire avait rencontré cette semaine trois entrepreneurs immobiliers indiens avec qui l'organisation Trump travaille, soulevant la question de conflits d'intérêts entre les responsabilités du président républicain et ses affaires.

«Nous respecterons toutes les lois, et le directeur juridique de la Maison-Blanche passera tout en revue», a assuré Reince Priebus.

Si le président Trump a réussi à dissiper l'atmosphère d'improvisation des premiers jours, il continue de semer le trouble par ses commentaires sur Twitter. Il s'en est notamment pris dimanche à l'émission satirique Saturday Night Live, où Alec Baldwin joue son personnage.

«L'émission est complètement tendancieuse», a-t-il dénoncé. «Pas drôle du tout. Temps d'antenne égal pour nous?»

Melania ne souhaite pas habiter la Maison-Blanche

Donald et Melania Trump avec leur fils Barron,... (Archives AFP, Saul Loeb) - image 3.0

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Donald et Melania Trump avec leur fils Barron, 10 ans.

Archives AFP, Saul Loeb

Un porte-parole de Donald Trump a indiqué dimanche que Donald et Melania Trump étaient inquiets à l'idée de changer d'école leur jeune fils Barron, semblant confirmer que la prochaine première dame resterait vivre à New York au lieu de suivre son mari à Washington.

«Il est évidemment compliqué de faire changer d'école leur fils de 10 ans au milieu de l'année scolaire», a déclaré Jason Miller, directeur de la communication de l'équipe de transition présidentielle de Donald Trump, lors d'une conférence téléphonique avec la presse. «Une déclaration plus formelle sera diffusée ultérieurement», a-t-il ajouté.

Le porte-parole réagissait à un article du tabloïd New York Post affirmant que Melania Trump, 46 ans, et Barron, 10 ans, resteraient vivre à la Trump Tower de Manhattan, de façon à ce que l'enfant continue à se rendre à son école privée de l'Upper West Side au moins jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Le couple Trump vit aujourd'hui à New York, dans un triplex au sommet de la tour éponyme de la 5Avenue à Manhattan. Donald Trump n'a pas dévoilé comment il entendait organiser sa vie entre New York et Washington à partir du 20 janvier, quand il assumera la fonction présidentielle.

Les présidents américains vivent et travaillent depuis 1800 à la Maison-Blanche, mais ils ont l'habitude de passer des vacances ou des fins de semaine ailleurs. Le président George W. Bush se rendait régulièrement dans son ranch de Crawford au Texas, par exemple.  AFP

Que faire de l'Obamacare? Trump face à un dilemme

Après sa conquête surprise de la Maison-Blanche, Donald Trump est en position de mettre en oeuvre une des promesses phares de sa campagne : démanteler la réforme de l'assurance-maladie Obamacare. Mais la réalité pourrait s'avérer plus compliquée.

Sur le papier, le président élu américain a toute latitude pour signer l'arrêt de mort de l'Affordable Care Act de 2010, qui a mis en place un système subventionné visant à étendre la couverture santé des Américains.

Les républicains, adversaires farouches de cette réforme, ont conservé le contrôle des deux chambres du Congrès à l'issue des élections du 8 novembre et les sondages de sortie des urnes ont montré que la complexité et les ratés du nouveau système avaient pesé dans le choix des électeurs américains.

Le plus grand flou subsiste toutefois sur les plans précis du prochain président qui pourrait, dès lors, être tenté de faire abroger purement et simplement l'Obamacare sans le remplacer.

Mais cette option elle-même est désormais entourée d'incertitudes. Après avoir passé des mois à fulminer contre une réforme «totalement désastreuse», M. Trump semble prêt à en conserver deux importants piliers : l'interdiction faite aux assureurs de refuser un patient en raison de son état de santé et la possibilité pour des parents de faire bénéficier plus longtemps leurs enfants de leur couverture santé.

Vers une «spirale infernale»

«C'est quelque chose que nous allons tenter de garder», a-t-il dit, à la surprise générale, peu après son triomphe électoral.

Selon des analystes, ce nouveau cap est toutefois incompatible avec l'abrogation d'un autre pilier de l'Obamacare, «l'obligation individuelle» qui contraint les Américains à souscrire à une assurance-santé quelle que soit leur condition médicale.

Pour être viable, le système repose sur l'inscription d'Américains en bonne santé qui compensent la prise en charge plus onéreuse de patients malades.

Si ce mécanisme est totalement démantelé, les assureurs perdront les revenus qu'ils percevaient des patients en bonne santé et augmenteront le coût de la couverture pour les autres, la rendant trop onéreuse pour un très grand nombre.

Fait aggravant : les assureurs, qui devront fixer le prix des primes d'assurance au début de l'année prochaine, ne savent pas encore si les subventions publiques destinées aux plus défavorisés seront maintenues.

«Cela va causer une spirale infernale. Le marché de l'assurance-maladie ressemblera à ce qu'il était avant l'Affordable Care Act», indique à l'AFP Sandy Ahn, professeur à l'Institut de santé publique de l'université de Georgetown, à Washington.

Deux jours après la victoire de Donald Trump, le lobby du secteur de l'assurance-santé, l'America's Health Insurance Plans, a lui-même mis en garde contre des «perturbations soudaines» qui pourraient «compromettre la couverture» santé des Américains.

L'«effet Trump» s'est d'ailleurs déjà fait sentir. Dès le lendemain de sa victoire électorale, les inscriptions à Obamacare ont connu une brusque flambée, selon le département de la Santé.

«Gros problème»

Même dans le camp républicain, certains s'inquiètent de possibles conséquences néfastes. «Bien évidemment, nous ne voulons causer aucun dommage à ceux qui sont déjà dans le système», a assuré la semaine dernière le sénateur républicain Roger Wicker, dans un entretien à Bloomberg TV.

Malgré les controverses, la réforme phare de l'administration Obama a de fait produit des résultats : 20 millions de personnes supplémentaires ont bénéficié d'une couverture santé, faisant tomber le taux des Américains non assurés à un plus bas historique de 10 %. Et selon une étude de la Commonwealth Foundation, plus de 80 % des assurés via l'Obamacare sont satisfaits de leur situation.

Les alternatives restent donc politiquement périlleuses, notamment pour un président élu qui s'est posé en champion des classes moyennes.

Selon le bureau du Congrès, le plan des républicains pour remplacer l'Obamacare -auquel le président démocrate a mis son veto en janvier- priverait de couverture santé près de 22 millions de personnes, dont une forte proportion d'enfants et de gens défavorisés.

«Cela va être un gros problème non seulement pour le président Trump mais également pour les parlementaires républicains,» dit à l'AFP Michael Cannon, directeur des études de santé au centre de réflexion Cato Institute, pourtant très critique sur l'Obamacare.  AFP

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