Le retour raté de Sarkozy

Contre toute attente, Nicolas Sarkozy, 61 ans, a... (AFP, Ian Langdson)

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Contre toute attente, Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été pulvérisé au premier tour de la primaire, avec à peine 20% des voix. Il entend maintenant se retirer de la vie publique.

AFP, Ian Langdson

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Béatrice Le Bohec
Agence France-Presse
Paris

Porté aux nues par les uns, détesté par les autres, l'ancien président français Nicolas Sarkozy a été défait sans appel dans sa tentative de reconquête du pouvoir et ne participera pas à l'élection présidentielle de 2017.

«Il est temps pour moi de susciter plus de passion privée et moins de passion publique», a-t-il déclaré dimanche soir en annonçant son retrait de la vie politique, après avoir été éliminé dès le premier tour de la primaire de la droite.

Lui qui rêvait de revanche cinq ans après avoir échoué à décrocher un deuxième mandat à l'Élysée espérait pourtant créer un effet de souffle autour de sa candidature. Mais le mot d'ordre «tout sauf Sarko» semble avoir joué à plein contre lui.

Comme en 2012, il a mené une campagne vigoureusement à droite, en flirtant avec les thèmes du parti d'extrême droite Front national : immigration, islam, sécurité.

Cet avocat de formation a aussi tenté de se poser en «défenseur des déclassés contre les élites», bien loin de son image de «président des riches» et d'amateur de bling-bling, forgée dès son arrivée à l'Élysée.

Polémique, il a centré ses discours sur le thème de «l'identité nationale», surfant sur les crispations à l'égard de la communauté musulmane après les attentats djihadistes (238 morts en deux ans) et sur les peurs engendrées par la crise migratoire en Europe.

«Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois», avait-il lancé en septembre, provoquant un tollé. Sa phrase sur la «double ration de frites» pour les élèves qui ne mangent pas de porc à la cantine a aussi fait du bruit.

Son positionnement lui a valu une adhésion franche du noyau dur des militants de son parti Les Républicains, mais les électeurs lui ont largement préféré son ex-premier ministre François Fillon, moins flamboyant, mais moins agressif.

Franchise désarmante

Sa personnalité clivante tient aussi à son style, pugnace pour ses admirateurs, fébrile selon ses détracteurs qui l'accusent de ne pas contrôler sa parole, comme lorsqu'il lança, en 2008, «casse-toi, pauvre con» à un homme qui refusait de lui serrer la main.

Ce ton direct lui vaut des inconditionnels. «Je suis fou de Sarkozy, c'est mon idole», confiait lors d'un de ses rassemblements un fonctionnaire de 36 ans, Lionel. «C'est une bête, il est simple, franc.»

Beaucoup estiment cependant que son style a désacralisé la fonction présidentielle. Lui juge son bilan injustement critiqué et dit avoir «sauvé l'Europe, sinon le monde, d'une crise majeure en 2008».

Né le 28 janvier 1955, ce petit homme râblé, brun aux yeux bleus, passionné de football et de cyclisme, fait figure d'atypique dans la classe politique française.

Il n'est issu ni de la grande bourgeoisie ni des grandes écoles comme la plupart de ses pairs. Fils d'un immigré hongrois, élevé par sa mère et son grand-père grec, il s'est longtemps revendiqué «petit Français de sang mêlé».

Un ambitieux, «ne doutant de rien et surtout pas de lui-même», a dit de lui un jour son prédécesseur Jacques Chirac, son premier mentor.

Maire à 28 ans d'une riche commune de banlieue parisienne, Neuilly-sur-Seine, député à 34, ministre à 38, il a franchi tous les obstacles, de coups d'éclat en trahisons et traversée du désert, avant d'être élu chef de l'État à 52 ans, dès sa première candidature en 2007.

Au cours de son quinquennat, son volontarisme l'amène à engager la France dans des interventions militaires à l'étranger (Côte d'Ivoire, Libye).

Visibilité médiatique

Sa visibilité médiatique tient aussi au couple qu'il affiche avec l'ex-mannequin devenue chanteuse Carla Bruni.

Critiqué pour son goût pour l'argent et l'étalage de sa vie privée, Nicolas Sarkozy est le premier président français à avoir divorcé en cours de mandat, à s'être remarié et avoir eu un enfant, son quatrième.

Cité dans plusieurs affaires judiciaires, notamment liées au financement de sa campagne en 2007 et 2012, il a été mis hors de cause dans quatre dossiers, mais reste inculpé dans deux procédures. Il est menacé d'un procès, jusqu'ici retardé par de nombreux recours.

Juppé affrontera Fillion

Deux anciens premiers ministres s'affronteront à l'occasion du deuxième tour des primaires de la droite en vue de l'élection présidentielle française de 2017.

François Fillon est arrivé en tête du scrutin. Après le dépouillement de 8890 des 10 228 bureaux publiés, il a obtenu 44,1 % des suffrages. Il devance Alain Juppé, qui a recueilli 28,3 %. Au moins 3,4 millions de personnes ont participé au scrutin.

Tous deux devancent largement l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, qui n'a récolté l'appui que de 20,9 % des voix. «C'est une vague qui démontre l'incroyable intérêt des citoyens pour l'avenir de leur pays. Depuis des mois, je ne dévie pas de mon sillon», a-t-il affirmé. Sarkozy a reconnu sa défaite, annonçant qu'il appuiera M. Fillon, qui fut son premier ministre de 2007 à 2012.  La Presse canadienne

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