«Plus de 20» accusations d'usage d'armes chimiques en Syrie

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Depuis début août, il y a eu un certain nombre d'accusations, exprimées à la fois par le gouvernement et par les rebelles, de «l'utilisation de chlore et d'agents non identifiés à Alep et au nord de la Syrie».

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Jo Biddle
Agence France-Presse
La Haye

L'organisation chargée de détruire les armes chimiques à travers le monde examine «plus de 20» accusations sur l'utilisation de telles armes en Syrie depuis août, a affirmé vendredi son directeur général dans un entretien exclusif avec l'AFP.

Les analyses menées par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) suggèrent aussi que le groupe État islamique (EI) «pourrait avoir fabriqué lui-même» du gaz moutarde utilisé lors d'attaques contre des civils en Syrie et en Irak, a ajouté Ahmet Üzümcü.

C'est un développement «extrêmement inquiétant», a-t-il souligné, alors que l'organisation, prix Nobel de la Paix en 2013, a supervisé la destruction de 94% du stock mondial d'armes chimiques.

Empêcher les djihadistes et autres acteurs non étatiques de se procurer et fabriquer des armes chimiques est «un défi» devenu tâche numéro un de cette organisation basée à La Haye.

Ahmet Üzümcü s'exprimait quelques heures à peine après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution prolongeant d'un an le mandat du JIM, la mission d'enquête conjointe créée en août 2015 par l'ONU et l'OIAC.

L'OIAC est chargée d'apporter les preuves de l'utilisation d'armes chimiques avant que le JIM puisse attribuer la responsabilité des attaques à l'un ou l'autre des belligérants.

«Extrêmement inquiétant»

Depuis début août, il y a eu un certain nombre d'accusations, exprimées à la fois par le gouvernement et par les rebelles, de «l'utilisation de chlore et d'agents non identifiés à Alep et au nord de la Syrie».

Les experts de l'OIAC «collectent des informations et les analysent» afin de déterminer «si elles sont crédibles ou non pour approfondir nos enquêtes».

Le nombre de ces allégations «est assez élevé, j'en ai compté plus de vingt», a ajouté M. Üzümcü, précisant que le régime du président syrien Bachar al-Assad en avait transmis une nouvelle jeudi.

Après plus d'un an de recherches, les enquêteurs du JIM ont déjà conclu que l'armée syrienne avait répandu par hélicoptère du gaz de chlore sur trois localités du nord de la Syrie en 2014 et 2015.

C'était la première fois que Damas était ainsi directement mise en cause et que des unités de l'armée syrienne étaient désignées nommément comme responsables d'attaques au gaz de chlore.

Les enquêteurs avaient également déterminé que le groupe djihadiste État islamique avait mené de son côté une attaque au gaz moutarde en août 2015.

Des échantillons d'attaques au gaz moutarde en Syrie et en Irak ont été analysés dans les laboratoires de l'OIAC aux Pays-Bas et les conclusions «suggèrent que cette substance pourrait avoir été produite par l'EI lui-même».

Le gaz, de pauvre qualité, était néanmoins nocif, a-t-il affirmé : «c'est donc extrêmement inquiétant, surtout étant donné le fait qu'il y a dans ces pays des combattants étrangers qui pourraient un jour revenir dans leurs pays d'origine».

Menace sérieuse

Les experts de l'OIAC «essaient de trier» les accusations car elles ne pourront pas toutes être examinées, a assuré Ahmet Üzümcü dans son bureau de La Haye, soulignant les difficultés d'enquêter dans un pays en guerre.

Le gouvernement syrien a fourni des informations au sujet d'attaques contre les forces du régime mais, malgré les demandes répétées, n'a pas fourni d'informations sur les attaques dans les zones tenues par les rebelles, a affirmé Ahmet Üzümcü.

Seulement quatre nations n'ont pas encore signé la Convention : l'Egypte, Israël, la Corée du Nord et le Soudan du Sud.

Les 192 États membres se préparent à leur réunion annuelle fin novembre après que le Conseil exécutif a condamné la Syrie et l'EI et réclamé de nouvelles inspections la semaine dernière pour la première fois.

Le directeur général a également révélé qu'une équipe spéciale de quinze personnes avait été établie l'année dernière pour être déployée dans les 24 heures à la demande d'un Etat après une possible attaque : «nous prenons cette menace très au sérieux, c'est une menace réelle».

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