«Confusion» autour du futur cabinet de Trump

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Plusieurs personnes manifestent devant la Trump Tower, à New York, où le président désigné Donald Trump tient depuis quelques jours des réunions privées pour former son gouvernement.

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Agence France-Presse
New York

Donald Trump était toujours cloîtré dans sa tour à New York mercredi où huit jours après son élection il poursuivait ses consultations pour former son futur gouvernement, des tractations loin des regards qui faisaient naître de nombreuses rumeurs.

«Sélection de mon cabinet et d'autres postes très organisée. Je suis le seul à connaître les finalistes!» a écrit sur Twitter Donald Trump mardi soir, cherchant à dissiper l'impression d'improvisation entourant son équipe de transition, après une nouvelle journée de rendez-vous à la Trump Tower de New York.

Puis le milliardaire républicain s'est senti obligé de répondre par trois tweets au New York Times, qui a rapporté dans son édition de mercredi que des dirigeants étrangers avaient des difficultés à joindre le prochain président des États-Unis, et que les coups de fil étaient improvisés, Donald Trump ne consultant aucune note diplomatique pour se préparer.

«L'article du défaillant New York Times sur la transition est entièrement faux. Elle se passe vraiment sans problème. Aussi, j'ai parlé à de nombreux dirigeants étrangers», a-t-il écrit peu après 7h, en citant la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, l'Arabie Saoudite, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Donald Trump a également accepté de rencontrer le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, même si aucune date n'a encore été fixée pour cette entrevue, selon un porte-parole des Nations Unies mercredi matin.

Souper au restaurant 

Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, s'est aussi rendu à la Trump Tower, où il a rencontré le président désigné et l'a prévenu que sa ville, comme beaucoup d'autres dans le pays, ferait «tout pour protéger» les immigrés. M. Trump a promis d'expulser des millions d'immigrés clandestins.

«New York est la ville des immigrés», a souligné M. de Blasio à sa sortie de la Trump Tower. «Je lui ai dit que nous étions inquiets, que nous voulions montrer à tous les New-Yorkais, y compris les musulmans, qu'ils sont bienvenus, et que les politiques d'exclusion saperaient notre capacité à créer une unité, une dynamique où tout le monde se sent également membre de la communauté, prêt à travailler pour se protéger les uns les autres, prêt à travailler avec les forces de l'ordre pour le bien de tous.»

Toutes les rencontres de M. Trump et les tractations pour former son nouveau gouvernement se déroulent à l'abri des regards, dans les étages de la Trump Tower, où les journalistes en sont réduits à faire le pied de grue dans le hall d'accueil en scrutant les moindres allées et venues vers les ascenseurs.

Mardi soir, Donald Trump a d'ailleurs réussi à éviter la presse pour aller souper dans un restaurant où il a serré des mains et a été filmé promettant à des clients de baisser leurs impôts.

Les rumeurs abondent sur les postes-clés de la future administration. L'ancien rival des primaires, le sénateur conservateur Ted Cruz, a rendu visite à Donald Trump mardi, peut-être pour le poste de ministre de la Justice, selon Bloomberg.

Nomination attendue

Le monde attend également la nomination du chef de la diplomatie. L'ancien maire de New York Rudy Giuliani, le néoconservateur John Bolton, ou le sénateur Bob Corker, qui préside la commission des Affaires étrangères, sont les noms les plus souvent avancés.

Les tractations sont «à couteaux tirés», selon CNN, voire l'occasion de revanches. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, aurait marginalisé de l'équipe de transition plusieurs membres, notamment le gouverneur du New Jersey Chris Christie, qui, lorsqu'il était procureur, a poursuivi son père en 2004 pour évasion fiscale, ce qu'un porte-parole a démenti.

Mike Rogers, ancien haut conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale qui a quitté mardi l'équipe de transition, a confirmé la «confusion» au sein de l'entourage du milliardaire.

Donald Trump a déjà nommé ses deux plus proches collaborateurs, le futur secrétaire général de la Maison-Blanche, le très lisse Reince Priebus, et un haut conseiller responsable de la stratégie, Steve Bannon, le patron du site d'extrême droite Breitbart, si controversé que les démocrates ont déjà demandé sa démission.

Breitbart voit grand

L'élection de Donald Trump, avec la nomination de son ancien patron à un poste de conseiller présidentiel, a rendu le site d'information Breitbart, proche de l'extrême droite, incontournable et aiguisé son appétit. Décidé à surfer sur sa notoriété nouvelle, Breitbart prépare actuellement son arrivée en France et en Allemagne, après avoir déjà ouvert une antenne à Londres en 2014. 

Créé en 2007 par l'éditeur conservateur Andrew Breitbart, ce site n'était encore qu'une curiosité il y a quatre ans, au décès de son géniteur, avec un peu plus d'un million de visiteurs par mois. Mais après quasiment un an et demi d'une campagne folle, Breitbart a enregistré en octobre 85 millions de visiteurs uniques, soit quasiment autant que le Wall Street Journal

Le soir de l'élection présidentielle, Breitbart a suscité plus de réactions sur Facebook que les sites de CNN, du New York Times ou de Fox News. C'est un triomphe pour cette plateforme qui fustige les grands médias comme la CNN, surnommée «Clinton News Network». 

Le site ouvre ses colonnes à plusieurs éditorialistes tenant d'une droite décomplexée, en premier lieu Milo Yiannopoulos, dont plusieurs billets ont fait débat avec des titres comme «Les droits des homos nous ont rendus plus bêtes, il est temps de retourner au placard» ou encore «La contraception rend les femmes moches et folles».

Le président de Breitbart, Steve Bannon, a rejoint l'équipe de campagne de Donald Trump en août et vient d'être nommé «haut conseiller et chef de la stratégie» de la future administration du président désigné. 

Le Mexique renforce la protection de ses citoyens établis aux États-Unis

Le gouvernement mexicain affirme vouloir créer un numéro de téléphone sans frais à l'intention de ses citoyens établis aux États-Unis afin de renforcer leur protection consulaire.

Le ministère des Affaires étrangères du Mexique en a fait l'annonce mercredi, par la voie d'un communiqué intitulé «Nous sommes avec toi», une semaine après la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche.

Lors de sa première entrevue télédiffusée depuis le scrutin, le président américain désigné avait réitéré son intention de déporter de 2 à 3 millions d'immigrants clandestins ayant un dossier criminel.

Le ministère mexicain dit vouloir «renforcer le dialogue avec les autorités étatiques et locales» des États-Unis, notamment par l'entremise de son réseau de 50 consulats en sol américain.

Éviter «toute situation de conflit»

Il encourage également les membres de la communauté mexicaine résidant au nord de la frontière à éviter «toute situation de conflit».

L'ambassadeur du Mexique aux États-Unis, Carlos Sada, estime que la «première étape est d'être bien informé» en cette période d'incertitude.

La communauté des affaires aux États-Unis a également été secouée par l'arrivée de Trump aux portes du pouvoir, puisqu'il s'est engagé à modifier l'Accord de libre-échange nord-américain.

La vice-présidente des Amériques de la Chambre de commerce des États-Unis, Jodi Hanson Bond, dit avoir l'intention de défendre énergiquement l'importance de cette relation bilatérale avec le Mexique auprès du nouveau gouvernement.  La Presse canadienne

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