Trump n'est pas un «idéologue», croit Obama

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Le président américain Barack Obama  est monté à bord d'Air Force One, lundi, pour le dernier voyage à l'étranger de sa présidence.

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Agence France-Presse
Washington

Le président américain sortant Barack Obama a jugé lundi que son successeur Donald Trump était un «pragmatique» qui aura du mal à démanteler les accords historiques signés par les États-Unis comme sur le nucléaire iranien et le climat.

Le dirigeant démocrate a également assuré que M. Trump était favorable à la solidité de l'OTAN et de l'alliance transatlantique, malgré des déclarations de campagne du milliardaire qui avaient semé la consternation en Europe.

Pour sa première conférence de presse depuis l'élection-choc du magnat de l'immobilier, M. Obama a aussi confié ses «inquiétudes» à propos de la présidence Trump qui commencera le 20 janvier 2017 et pour laquelle le président élu a lancé la sélection des hiérarques de son administration. «Est-ce que j'ai des inquiétudes? Absolument. Bien sûr que j'ai des inquiétudes. Lui et moi divergeons sur tout un tas de sujets», a lancé M. Obama, interrogé sur la nomination, comme chef de la stratégie à la Maison-Blanche, de Steve Bannon, considéré comme un héraut de l'extrême droite.

Mais alors que le président Obama n'avait cessé durant la campagne de dénoncer l'inaptitude de Donald Trump à diriger la première puissance mondiale dotée de la force nucléaire, il a jugé lundi que son successeur n'était «pas [...] un idéologue».

«Je crois qu'au bout du compte, c'est un pragmatique. Et cela peut lui être utile, à partir du moment où il a de bonnes personnes autour de lui et qu'il sait clairement où il va», a dit M. Obama.

«Phare de l'espérance»

Devant les inquiétudes exprimées par des alliés des États-Unis devant la possible réorientation de la diplomatie américaine, le président Obama a affirmé qu'il y aurait une «immense continuité» de la politique étrangère et que son pays devait rester «un phare de l'espérance» et la «nation indispensable» pour le monde.

Le candidat Trump avait promis qu'élu président, il «déchirerait» l'accord de contrôle du programme nucléaire iranien, une percée diplomatique majeure négociée pendant des années par les États-Unis, et les autres grandes puissances, avec l'Iran et conclue le 14 juillet 2015. De même, le président élu avait juré d'«annuler» l'accord de l'ONU sur le climat paraphé à Paris fin 2015.

Mais pour Barack Obama, le président Trump aura du mal à tenir ses promesses, car «il devient plus difficile de défaire quelque chose qui fonctionne [...] un accord fantastique [...] qui empêche l'Iran d'obtenir une arme nucléaire».

«C'est vrai dans d'autres circonstances, par exemple pour l'accord de Paris» contre le réchauffement climatique, a insisté Barack Obama, Donald Trump ayant dénoncé une «invention» de la Chine.

M. Obama s'exprimait juste avant un ultime voyage en Europe qui le mènera en Grèce et en Allemagne, où il tentera de rassurer ses alliés. «Un des messages que je serai en mesure de porter est son engagement à l'égard de l'OTAN», a assuré le président sortant.

Mais l'une des priorités du prochain président des États-Unis est de se réconcilier avec la Russie du président Vladimir Poutine, après des années de coup de froid en raison de la Syrie et de l'Ukraine.

Les deux hommes se sont ainsi entretenus pour la première fois par téléphone lundi, le Kremlin annonçant qu'ils étaient d'accord pour «normaliser» les relations entre Moscou et Washington.

Priorités

Dans ses 100 premiers jours à la tête du pays après son investiture le 20 janvier, M. Trump aura pour priorités de s'attaquer à l'immigration illégale, de baisser les impôts, de définir ses grands axes de politique étrangère et de réformer la loi sur l'assurance maladie Obamacare, selon le futur secrétaire général de la Maison-Blanche et président du parti républicain, Reince Priebus.

«Nous avons l'opportunité de faire tout cela étant donné que nous avons la Chambre des représentants et le Sénat, et nous avons un Congrès qui a hâte de faire ce travail», a-t-il dit sur ABC, soulignant la «victoire écrasante» des républicains lors des législatives du 8 novembre.

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