Un petit village devenu «plaque tournante» du trafic d'animaux au Vietnam 

Des ouvriers détruisent des défenses d'éléphants et des... (AP, Hau Dinh)

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Des ouvriers détruisent des défenses d'éléphants et des cornes de rhinocéros saisies par les autorités, le 12 novembre, à Hanoi, au Vietnam.

AP, Hau Dinh

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Agence France-Presse
La Haye, Pays-Bas

Un petit village vietnamien est devenu «une plaque tournante à échelle industrielle» du trafic d'animaux sauvages, brassant des millions de dollars, a révélé lundi une ONG, au terme d'une longue enquête, devant un tribunal citoyen international à La Haye.

L'enquête menée sous couverture durant un an a fourni «les preuves claires et irréfutables d'une plaque tournante criminelle à échelle industrielle dans le village de Nhi Khe au Vietnam», a déclaré Olivia Swaak-Goldman, directrice exécutive de Wildlife Justice Commission.

Le «procès» organisé par l'ONG, qui n'a pas de valeur légale, se tient sur deux jours pour dénoncer publiquement l'inaction d'Hanoï face au trafic d'animaux sauvages, pourtant illégal d'après sa propre législation.

Le Vietnam est l'objet d'une des plus grandes enquêtes de Wildlife Justice Commission parmi les dix en cours.

Durant cinq visites en 2015 et 2016, les enquêteurs dépêchés par l'association ont notamment découvert à Nhi Khe des cornes et autres parties de 579 rhinocéros - soit l'équivalent d'environ la moitié de la population braconnée en 2015 en Afrique du sud -, de 907 éléphants et de 225 tigres.

L'ensemble, venu principalement d'Afrique et destiné au marché chinois, a été estimé à 53,1 millions de dollars (49,3 millions d'euros).

L'ONG assure avoir identifié 51 personnes liées à ce commerce illégal dans 16 magasins autour du village et avoir transmis les noms à Hanoï, qui n'a pas mené d'arrestations.

«La justice n'a pas été activée dans cette affaire malgré des mois de discussions et des preuves claires et détaillées», a dénoncé Mme Swaak-Goldman devant environ 200 personnes au sein de l'imposant Palais de la Paix.

L'ONG espère que cette audience, qui comprend un panel de cinq experts, dont des juges internationaux, poussera le Vietnam et d'autres pays à sévir contre le trafic international tiré du braconnage d'animaux sauvages évalué à 20 milliards de dollars (18,6 milliards d'euros).

Le panel formulera mardi ses recommandations à Hanoï alors que le Vietnam accueille cette semaine une conférence internationale sur le sujet.

Samedi, à quelques jours de l'événement, les autorités vietnamiennes ont détruit une réserve de deux tonnes d'ivoire et de 70 kilos de cornes de rhinocéros, qui avait été dévoilée par l'ONG.

Pour Marcus Asner, ancien procureur adjoint de New York et conseiller du président américain Barack Obama, c'est «une bonne étape» mais insuffisant. Au sud de la capitale, Nhi Khe est devenu «un supermarché pour le trafic illégal d'animaux sauvages», a-t-il ajouté.

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