Trump à l'Amérique:  «N'ayez pas peur»

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Lesley Stahl, de CBS, a piloté une longue entrevue avec la famille du nouveau président Donald Trump, accompagné de sa femme Melania et de ses enfants Ivanka (au premier plan), Tiffany, Donald fils et Eric (au second plan).

AP, Chris Albert

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
New York

Le président désigné des États-Unis Donald Trump s'est montré très ferme sur plusieurs dossiers clés de son agenda conservateur, comme l'immigration ou l'avortement, tout en essayant d'apaiser les craintes suscitées par son élection dans de larges pans de la société américaine, dimanche lors d'un long entretien télévisé.

L'homme d'affaires, élu sur un discours populiste, a également cherché à établir une forme d'équilibre dans les premières nominations à son cabinet, en propulsant à deux postes clés de son administration le président du parti républicain et son ancien directeur général de campagne, une personnalité très controversée.

«N'ayez pas peur», a-t-il lancé aux milliers de manifestants qui le défient quotidiennement dans plusieurs villes des États-Unis, lors d'une entrevue sur CBS.

Des milliers de personnes ont encore défilé à New York dimanche, après des dizaines de milliers samedi, à New York comme à Los Angeles, et plusieurs milliers à Chicago.

Il a également condamné les actes de violence et de harcèlement contre des minorités (musulmans, noirs ou hispaniques) qui, selon l'opposition démocrate et des associations, se sont multipliés depuis son élection.

«Je dirais [aux auteurs de ces agressions verbales ou menaces] ne faites pas ça, c'est terrible, parce que je vais réunifier ce pays», a-t-il expliqué, se tournant ensuite vers la caméra pour dire : «Arrêtez.»

Au cours de cet entretien, le président désigné, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a confirmé qu'il nommerait à la Cour suprême des juges antiavortement et favorables au port d'armes à feu.

«Voici ce qui va se passer. Je suis pro-vie [antiavortement] et les juges seront pro-vie», a-t-il dit. «Ils vont être très favorables au deuxième amendement [de la Constitution]», lequel fait de la détention d'armes un droit pour chaque citoyen américain.

Donald Trump devra nommer un juge à la Cour suprême, car un siège est actuellement vacant. Mais il pourrait procéder au cours de son mandat à d'autres nominations en cas de décès ou de départ à la retraite d'autres juges.

La Cour suprême, dont le pouvoir sur les questions de société est déterminant, pourrait ainsi prendre une coloration très conservatrice.

En revanche, le président républicain n'a pas l'intention d'oeuvrer à une remise en cause du mariage homosexuel. Il a rappelé que la Cour suprême avait statué sur le sujet. «C'est la loi [...] Cela me convient», a-t-il dit.

Pas de salaire

Élu sur un programme populiste de rejet des élites, Donald Trump a annoncé qu'il renonçait à sa rémunération de président, qui monte à environ 400 000 $US par an, lui dont la fortune personnelle a été estimée par le magazine Forbes à 3,7 milliards $.

Au cours de cet entretien, dont des extraits ont été distillés tout au long de la fin de semaine, Donald Trump est resté inflexible sur l'immigration, thème clé de sa campagne mais aussi motif de profonde inquiétude pour des millions d'étrangers établis aux États-Unis. Il a fait part de son intention d'expulser jusqu'à trois millions de clandestins.

L'annonce a généré un couac avec la majorité républicaine. Interrogé sur la chaîne CNN, le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait en effet assuré plus tôt dimanche que Donald Trump ne prévoyait pas créer des équipes dédiées aux expulsions de clandestins et que la priorité restait la «sécurisation» des frontières.

Donald Trump a réaffirmé qu'il bâtirait bien «un mur» à la frontière avec le Mexique pour limiter l'immigration clandestine, mais qu'il pourrait être constitué aussi bien de béton que de «clôtures». Lors de cette première entrevue télévisée depuis son élection mardi, il a montré une certaine flexibilité sur «Obamacare», la loi emblématique du mandat de son prédécesseur qui permet à tous les Américains d'avoir une assurance santé, mais dont le fonctionnement est très critiqué. Elle pourrait être amendée, et non simplement abrogée.

Priebus et Bannon

Après plusieurs jours de larges consultations, enfermé dans la tour Trump à New York, le président désigné a entamé le bal des nominations de sa future administration.

Il a désigné le président du parti républicain Reince Priebus secrétaire général de la Maison-Blanche; il s'agit d'un homme politique expérimenté qui orchestrera toute l'administration du nouveau dirigeant et servira de lien avec les élus et le parti, sorti divisé de la campagne.

Mais il s'est aussi adjoint un «haut conseiller et chef de la stratégie» en la personne de Stephen Bannon, son directeur général de campagne, patron du site d'informations ultraconservateur Breitbart News, qui entretient des liens avec des mouvements d'extrême droite européens.  

Pas d'enfants du président au gouvernement, dit Giuliani

L'ancien maire de New York Rudy Giuliani, un des plus proches conseillers du président désigné Donald Trump, a affirmé dimanche que les enfants de Trump «ne pourraient pas travailler» au gouvernement de leur père et suggéré qu'ils reprennent son empire économique.

Les quatre enfants adultes du nouveau président «ne pourront pas travailler au gouvernement parce que la règle du gouvernement, c'est de refuser le népotisme», a déclaré sur CNN M. Giuliani, cité comme possible ministre de la Justice.

Trois des enfants de Donald Trump, Ivanka, Eric et Donald fils font partie de l'équipe de transition qui prépare la future administration du président républicain. Le mari d'Ivanka, Jared Kushner, travaille aussi dans cette équipe.

«Ce serait le genre de chose qui fonctionnerait si [Trump] mettait en place [...] une affaire que les enfants dirigeraient, avec un document juridique disant qu'il n'est pas impliqué, qu'il n'y pas d'intérêts, qu'il n'y a pas de participation», a précisé M. Giuliani.

Patron d'un empire économique et président des États-Unis, Donald Trump s'expose à des conflits d'intérêts d'une magnitude sans précédent dans l'histoire politique américaine. AFP

Trump juge le New York Times «malhonnête»

Le président désigné des États-Unis Donald Trump s'est abondamment exprimé dimanche sur Twitter malgré sa promesse d'utiliser plus modérément les réseaux sociaux, pour y critiquer notamment le New York Times, qu'il juge «malhonnête».

Le populiste magnat de l'immobilier s'en est pris dans trois tweets au prestigieux quotidien, sur un ton pas vraiment présidentiel. «Ouah, le @nytimes perd des milliers d'abonnés à cause de sa couverture très mauvaise et hautement imparfaite du "phénomène Trump"», a-t-il écrit.

Le président désigné a pourtant confié qu'il «allait devenir très modéré» sur le réseau social Twitter, selon l'extrait d'un entretien à la chaîne CBS réalisé vendredi et diffusé dimanche.

«Les réseaux sociaux ont davantage de pouvoir que l'argent qu'ils dépensent», a fait valoir le milliardaire, qui leur attribue une part de sa victoire. «D'une certaine manière je l'ai prouvé», a-t-il dit à CBS.

Son conseiller cité comme futur secrétaire d'État, l'ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich a admis sur CBS dimanche que Twitter était «une technique qui permet de toucher 13 à 14 millions de personnes gratuitement et de contourner le New York Times».

Mais il a conseillé au futur locataire de la Maison-Blanche, qui compte près de 14,9 millions d'abonnés, d'avoir «toujours un relecteur» avant de tweeter.

Pendant la campagne, le républicain a qualifié les médias de «corrompus» et «malhonnêtes». Il a estimé que le New York Times, soutien de Hillary Clinton, était «vraiment dégoûtant», «injuste et impartial», et qu'il «n'était plus une source crédible».

Vendredi, le directeur du quotidien Arthur Sulzberger a promis de couvrir «de manière juste» et «impartiale» la présidence de Donald Trump, ce que ce dernier a considéré sur Twitter comme des «excuses pour leur MAUVAISE couverture» de sa campagne.

Ajoutant : «je me demande s'il va changer - Vous en doutez?»

Le président désigné a aussi tweeté: «le @nytimes affirme aujourd'hui que DJT (Trump) croit que "davantage de pays vont se doter de l'arme nucléaire". Qu'est-ce qu'ils sont malhonnêtes. Je n'ai jamais dit cela».

Donald Trump avait en fait suggéré en mars dans le New York Times que le Japon et la Corée du Sud se dotent de l'arme nucléaire face à la Corée du Nord. Mais, critiqué par Hillary Clinton, il avait ensuite dit en mai : «je n'ai jamais dit ça».

Donald Trump s'est aussi targué sur Twitter dimanche d'avoir été félicité par des républicains qui l'avaient auparavant critiqué, comme son ex-rival aux primaires Jeb Bush, ou encore le leader républicain du mouvement anti-Trump, Mitt Romney, et l'ancien président George W. Bush, qui a voté blanc.

Il a enfin salué sur le réseau social ses partisans qui, avec les débats et ses discours, «nous ont donné la victoire» selon lui.  AFP

Le Mexique se prépare à aider ses migrants aux États-Unis

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Le nombre d'immigrés recensés officiellement aux États-Unis est estimé à 11 millions, dont une majorité de Mexicains.

AP

Face à l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, la ministre mexicaine des Affaires étrangères Claudia Ruiz Massieu a demandé à ses diplomates postés aux États-Unis de préparer des programmes de soutien aux migrants nationaux présents sur le sol américain, selon son ministère.

Lors d'une réunion de travail samedi, la ministre a réuni ses collaborateurs de la zone Amérique du Nord pour «analyser les résultats de l'élection présidentielle américaine», et «discuter des actions concrètes à envisager au niveau des relations bilatérales avec les États-Unis», a précisé le ministère mexicain des Affaires étrangères, dans un communiqué diffusé dimanche.

Dans ce cadre, elle a notamment demandé à tous les diplomates mexicains de se tenir proches de la communauté mexicaine installée sur le sol américain, de préparer «des plans de protection et d'assistance consulaire», et de «transmettre des messages appelant à la confiance et au calme, ainsi qu'à éviter les provocations et les éventuelles fraudes à l'immigration».

La ministre a insisté sur le fait que «les droits des Mexicains au Mexique et hors du pays ne seront jamais à négocier», précise le communiqué.

Le nombre d'immigrés recensés officiellement aux États-Unis est estimé à 11 millions, dont une majorité de Mexicains.

Durant sa campagne à la présidence des États-Unis, le candidat républicain Donald Trump avait menacé de renvoyer tous les immigrés clandestins au Mexique, et de faire bâtir un mur à la frontière entre les deux pays, aux frais du gouvernement mexicain - ce que ce dernier a refusé.  AFP

Marine Le Pen célébre sur la BBC «l'émergence d'un nouveau monde»

La chef de l'extrême droite française, Marine Le... (AP, Claude Paris) - image 7.0

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La chef de l'extrême droite française, Marine Le Pen

AP, Claude Paris

La chef de l'extrême droite française, Marine Le Pen, s'est félicitée dimanche de «l'émergence d'un nouveau monde» avec l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, lors d'une apparition controversée sur la BBC dans une émission politique phare du Royaume-Uni.

«Clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire dans l'émergence d'un nouveau monde qui a vocation à remplacer un ordre ancien», a souligné la présidente du parti Front national qui y voit un signe favorable pour sa candidature à la présidentielle française de 2017.

Donald Trump «a rendu possible ce qui a été présenté comme totalement impossible». «On souhaite qu'en France aussi, le peuple puisse renverser la table autour de laquelle les élites se partagent ce qui devrait revenir aux Français», a ajouté Marine Le Pen, en faisant un parallèle entre le non français au référendum sur la Constitution européenne en 2005 et le vote britannique pour un Brexit.

«Toutes ces élections sont presque des référendums contre cette mondialisation sauvage qui nous a été imposée, qui a été imposée aux peuples et qui aujourd'hui montre très clairement ses limites», a-t-elle estimé lors de cet entretien enregistré en France.

Son passage dans le Andrew Marr Show, l'émission politique vedette de la BBC, a été critiqué par de nombreux internautes britanniques qui ont jugé indécent de lui donner la parole surtout en ce jour de commémorations de l'Armistice (Remembrance Day).

«Certains sont offensés et choqués (...). Je le comprends, mais (...) Le Pen pourrait, sous certaines conditions, devenir la prochaine présidente de la France (...) et je ne pense pas que le meilleur hommage qu'on puisse rendre aux soldats tombés soit de ne pas analyser le prochain grand défi qui attend la sécurité du monde occidental», s'est justifié le présentateur, Andrew Marr.  AFP

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