En Syrie, les animaux victimes de la guerre retrouvent un toit

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Quelque 350 animaux domestiques blessés ou abandonnés par leurs maîtres sont nourris et soignés dans cet ancien centre équestre transformé en refuge à Sahnaya, à 14 km au sud-ouest de Damas.

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Maher Al Mounes
Agence France-Presse
Damas

Dans un refuge près de Damas, Betty trottine sur ses trois pattes valides et remue la queue allègrement. Elle a été recueillie par une association qui porte secours aux animaux victimes de guerre. Hani al-Khatib, 24 ans, y passe désormais tous ses week-ends.

La guerre qui ravage la Syrie touche tout le monde, animaux compris. Le jeune Hani n'a plus ses amis, ils ont été tués, enrôlés dans l'armée ou se sont exilés. «Ces chiens sont les seuls amis qui me restent», confie-t-il en caressant l'un d'eux, installé sur ses genoux.

Betty, jolie chienne au pelage marron, a été amputée après avoir été blessée par des tirs. Les volontaires de «STAR, l'équipe syrienne pour le sauvetage des animaux», une association fondée en mai 2016 par des passionnés, l'ont sauvée il y a plus d'un an.

Chats, chiens, tortues, oiseaux... quelque 350 animaux domestiques blessés ou abandonnés par leurs maîtres sont nourris et soignés dans cet ancien centre équestre transformé en refuge à Sahnaya, à 14 km au sud-ouest de Damas.

Parqués dans un vaste enclos, des dizaines de chiens cavalent dans tous les sens, aboyant joyeusement et se roulant dans le sable, léchant le visage des volontaires.

Dans des cages de l'infirmerie, sont soignées 110 bêtes blessées ou en convalescence: chiens ou chats amputés, paralysés, blessés par des tirs, des coups de couteau, ou victimes de brûlures...

«La guerre n'a épargné personne. Les animaux aussi ont fui comme les humains (...) Ce sont des victimes oubliées», dit Hamada Azqoul, un ingénieur agricole de 38 ans, qui s'occupe de les nourrir.

Les vétérinaires sont «partis»

Le conflit en Syrie a tué au moins 300 000 personnes depuis mars 2011. Plus de la moitié des Syriens ont été déplacés, près de cinq millions ont trouvé refuge dans les pays voisins.

«Les gens qui ont été contraints de partir ne peuvent pas emmener leurs animaux domestiques», souligne Hanadi al-Moutahasseb, la fondatrice de l'association.

Certains animaux meurent de faim. D'autres, de plus en plus, sont blessés par des tirs. «Ceux qui portent des armes tirent sur les animaux qui les dérangent», regrette cette réalisatrice de 38 ans.

Tous les jours, l'association reçoit sur sa page Facebook des dizaines de messages signalant des animaux blessés ou abandonnés. Mais la plupart des bêtes sont arrivées au centre grâce à des connaissances qui les ont trouvées sur leur route.

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Parqués dans un vaste enclos, des dizaines de chiens cavalent dans tous les sens, aboyant joyeusement et se roulant dans le sable, léchant le visage des volontaires.

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Chez les chats, hébergés dans une cour pavée couverte d'un toit de tôle, c'est l'indolence. Des dizaines d'entre eux dévorent des croquettes, avant d'aller se prélasser sur des coussins dans des petites niches en bois, ou se lover dans les bras de volontaires.

Pour fabriquer une attelle de fortune à Zahra, une chatte paralysée, Elissar Darwich utilise deux roues d'un jouet d'enfant. «La plupart des vétérinaires sont partis, et nous manquons de médicaments et d'équipements», déplore cette femme de 34 ans.

Privés de visas

«Avant la guerre, plusieurs pays européens accueillaient les cas critiques. Mais aujourd'hui, les animaux ne peuvent plus voyager parce qu'eux non plus ne peuvent pas obtenir de visas...», ironise Imane Amayra, 28 ans, au sujet du document de voyage nécessaire aux animaux. Les cheveux dissimulés sous un traditionnel foulard blanc, la jeune femme joue avec Carmen, une chatte blanche aveugle.

Cet engagement s'avère onéreux pour les volontaires. «La nourriture nous coûte plus de 50 000 livres syriennes (environ 134 $ CAN) par jour», indique Hani al-Khatib. «Nous avons contacté des associations à l'étranger pour obtenir de l'aide, mais n'avons eu aucune réponse - probablement à cause des sanctions qui visent la Syrie», imposées par l'UE et les Etats-Unis, ajoute-t-il.

En théorie, le refuge a une capacité d'accueil de 80 animaux, relève le jeune homme, mais il en compte déjà quatre fois plus. Et à la tombée de la nuit, Hanadi al-Moutahasseb et son mari nourrissent aussi chats et chiens errants dans les rues désertes de Damas.

«Avant la guerre, on trouvait beaucoup de nourriture dans les poubelles et les animaux avaient de quoi manger», ajoute al-Moutahasseb. «Aujourd'hui, il n'y a plus rien», faisant allusion à la pauvreté grandissante dans le pays.

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