Regards sur le mystère Trump

Le vice-président Mike Pence (à gauche) ne devrait... (AFP, Timothy A. Clary)

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Le vice-président Mike Pence (à gauche) ne devrait pas être appelé à jouer un rôle crucial dans l'entourage de Donald Trump, selon le professeur Jonathan Paquin, de l'Université Laval. Pour sa part, Ivanka Trump, dont les mérites ont souvent été soulignés par son père pendant la campagne électorale, pourrait obtenir un poste avec beaucoup de visibilité, selon Anessa Kimball.

AFP, Timothy A. Clary

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(Québec) L'élection historique de Donald Trump a propulsé les États-Unis et le reste du monde dans une zone de turbulences et d'incertitudes dont personne ne connaît l'ampleur. Il y a beaucoup de questions et bien peu de réponses pour le moment. Afin d'essayer de disperser un tant soit peu le brouillard, Le Soleil s'est entretenu avec deux professeurs du Département de science politique de l'Université Laval, Anessa Kimball, originaire de la région de New York, et Jonathan Paquin.

LES RAISONS DE LA VAGUE TRUMP

Plus Trump disait des énormités en campagne électorale, plus il renforçait sa base de militants qui ne lui ont pas tenu rancoeur, explique M. Paquin. «Pour le commun des mortels, il y avait enfin quelqu'un disait tout haut ce que la majorité pensait.» Le discours de Trump a ainsi séduit beaucoup d'électeurs blancs, surtout dans les milieux ruraux. Le ressentiment anti-establishment a aussi pesé dans la balance, sans oublier la fameuse «prime à l'urne», un nombre important de pro-Trump refusant de divulguer leur véritable choix aux firmes de sondage. En outre, Trump fait figure de «symbole de prospérité dans les États-Unis du Think Big», de l'avis de M. Paquin, ce qui a de quoi séduire. «Pour plusieurs Américains, il est un success story, même si c'est un drôle de success story.» Pour Mme Kimball, la division du vote a joué contre Hillary Clinton. «Dans plusieurs États où les résultats ont été très serrés, une certaine proportion est allée à des tiers partis, que ce soit des libertariens ou des verts. Ce sont habituellement des gens qui votent pour les démocrates.»

LES FUTURS HOMMES DU PRÉSIDENT

À l'inverse d'Hillary Clinton, qui pouvait s'appuyer sur des dizaines d'experts de renom dans son cercle rapproché, Donald Trump compte «assez peu de gens autour de lui» et, de surcroît, des gens sur lesquels on ne sait pas grand-chose, note Jonathan Paquin. Des hommes d'affaires et des «généraux en marge» pourraient bénéficier de fonctions importantes dans son cabinet, qui devrait être formé en grande partie de nouveaux visages.

Quelques noms circulent : Rudolph Giuliani, l'ancien maire de New York; Newt Gingrich, l'ancien président de la Chambre des représentants; voire l'ex-vice-président Dick Cheney, quoique ce dernier traîne de graves problèmes de santé. Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, pourrait être promu à un poste important, peut-être secrétaire d'État, avance prudemment Mme Kimball. Quelqu'un à ne pas oublier est la fille de Trump, Ivanka, 35 ans. «Il a souvent souligné son importance dans son agenda pendant la campagne électorale, explique-t-elle. Lui réserve-t-il un poste avec de la visibilité ou celui de conseillère exécutive, il faudra voir.»

De son côté, le vice-président Mike Pence ne devrait pas jouer un rôle crucial, estime M. Paquin. «Il va être un vice-président traditionnel, c'est-à-dire très effacé. On ne le verra à peu près pas. Ce ne sera pas un Joe Biden.»

SES PREMIÈRES DÉCISIONS

Considéré comme un personnage «erratique et impétueux, d'une totale indépendance, qui n'écoute pas beaucoup son entourage», de l'avis du professeur Paquin, le futur président Trump cache un agenda qui n'est pas facile à décoder. Le fameux mur qu'il a promis tant de fois d'ériger à la frontière du Mexique pourrait figurer dans ses priorités.

«Ce serait difficile pour lui de ne pas aller de l'avant, d'autant plus qu'il est déjà construit sur quelques centaines de kilomètres, mais de là à le faire payer par les Mexicains... Il va certainement chercher à marquer les esprits, en allant marcher près du mur. Ça va faire de belles photos pour la télévision.»

Des modifications à la législation sur les soins de santé, l'Obamacare, sont également envisageables. Pour Anessa Kimball, il est difficile de prévoir de quel pied le futur locataire de la Maison-Blanche abordera sa présidence. «Il n'a pas présenté de plateforme électorale classique. Il n'y avait presque rien sur son site Web. Ça laisse pas mal d'incertitudes. Au début, il y aura une période d'ajustements. Il va essayer de proposer des choses extrêmes, mais on va chercher à le ramener vers le centre.»

LES RELATIONS AVEC LE CANADA ET LE MONDE

À son arrivée au pouvoir, Donald Trump aura d'autres chats à fouetter que le Canada sur la scène internationale, avec la guerre en Syrie, l'État islamique, l'Iran, la Russie et le Mexique, estime Jonathan Paquin. «Il est possible que le Canada passe sous l'écran radar pendant un moment. Le Canada demeure un allié stable.»

La volonté de Trump de revoir l'Accord de libre-échange nord-américain, perspective inquiétante chez les gens d'affaires du pays, concernerait davantage le Mexique. Une rencontre au sommet avec le président russe, Vladimir Poutine, afin de trouver une voie de sortie dans les conflits syrien et ukrainien, pourrait être au menu des premiers mois de sa présidence.

Entre le début de son mandat, en janvier, et l'été 2017, s'installera «une phase d'incertitudes, estime Mme Kimball. «On sera capable de voir véritablement son approche en politique internationale seulement lorsqu'on connaîtra la composition de son cabinet.»

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