Les souterrains, dernier recours de l'EI pour résister

Un soldat scrute l'un des nombreux tunnels utilisés par l'État... (AFP, Odd Andersen)

Agrandir

Un soldat scrute l'un des nombreux tunnels utilisés par l'État islamique pour transporter des combattants et des kamikazes afin de faire le plus de dégâts possible.

AFP, Odd Andersen

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Maya Gebeily
Agence France-Presse
Bachiqa, Irak

Après avoir subi des tirs nourris en provenance d'une maison couleur saumon en bordure de la ville de Bachiqa, les forces irakiennes donnent l'assaut. Mais la bâtisse est vide : les jihadistes se sont volatilisés par l'un des nombreux tunnels souterrains.

«La résistance la plus féroce venait d'ici», lance le caporal Hawkar Weis en montrant la maison à deux étages, située à la limite est de Bachiqa, désormais sous le contrôle des forces peshmergas kurdes irakiennes.

«Mais quand nous sommes entrés, il n'y avait personne», raconte ce combattant à la silhouette corpulente. «Les combattants de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique, EI) utilisaient des tunnels pour se déplacer entre cette maison et d'autres quartiers.»

Les peshmergas ont repris cette semaine Bachiqa à l'EI après de violents combats de rue et des frappes aériennes qui ont lourdement endommagé de nombreuses maisons de la ville ainsi que des rangées entières de magasins.

Cette reconquête a permis de sécuriser la périphérie est de Mossoul, bastion irakien du groupe extrémiste sunnite, trois semaines après le début de l'offensive lancée par les forces irakiennes pour reprendre la deuxième ville du pays.

Mais une fois la majorité de Bachiqa investie par les forces kurdes, ces dernières ont lutté pour éliminer les dernières poignées de jihadistes, qui se mouvaient à travers un réseau de tunnels.

Pour ne pas abandonner leurs dernières positions, les combattants de l'EI ont utilisé ces voies souterraines afin de transporter des combattants et des kamikazes pour faire le plus de dégâts possible.

La maison rose était le centre névralgique du réseau. En y pénétrant, le caporal Weis et deux autres peshmergas racontent avoir marché avec précaution, arme au poing, dans les couloirs, jonchés de verre brisé et de draps sales, à l'affût d'un éventuel jihadiste caché.

Après avoir lancé un avertissement, un combattant peshmerga tire... (AFP, Odd Andersen) - image 2.0

Agrandir

Après avoir lancé un avertissement, un combattant peshmerga tire quelques rafales avant de s'engager dans un tunnel creusé par l'État islamique.

AFP, Odd Andersen

«Rester à la surface»

Arrivés à l'angle d'une pièce rectangulaire assombrie par d'épaisses couvertures accrochées aux fenêtres, ils ont découvert un trou béant de plusieurs mètres de profondeur.

Un petit moteur suspendu au-dessus du trou sur d'épais tuyaux métalliques et attaché à un crochet servait à alimenter un mécanisme pour remonter à la surface les seaux remplis de terre lors du creusement du tunnel.

Les combattants de l'EI ne jetaient jamais la terre à l'extérieur de peur d'être repérés par les avions de la coalition.

«Ils cachaient donc la terre des tunnels dans les pièces de la maison», explique le caporal Weis. Celles-ci sont effectivement pleines de monticules de terre, parfois surmontés d'une brouette ou de pelles.

Les jihadistes ont même griffonné une carte au-dessus de la bouche du tunnel pour identifier une dizaine d'autres entrées disséminées dans Bachiqa, en précisant les distances entre certaines pièces, maisons et rues.

Les combattants peshmergas doivent attendre que les combattants de l'EI sortent de leur souterrain, une méthode qui rappelle le «jeu de la taupe», dont le but est de taper avec un marteau en plastique sur ces animaux sortant de leurs trous.

Les jihadistes «se protègent des frappes aériennes de la coalition en se cachant dans les tunnels», explique à l'AFP le major général Iskandar Hajji, un commandant peshmerga local.

«Nous avons un problème avec ces tunnels : nous ne pouvons rien faire à part attendre que (les jihadistes) sortent pour pouvoir les combattre», ajoute-t-il.

Mardi, un officier supérieur a été tué quand un trio de kamikazes est sorti d'une bouche de tunnel dans l'est de la ville.

Dans la maison, un soldat scrute un des tunnels. Il tire quelques rafales, s'arrêtant ensuite pour voir s'il entend une riposte. Puis, il s'aventure dans le souterrain. Mais, après quelques mètres, il préfère rebrousser chemin : «On n'est pas encore sûrs de savoir ce qu'il y a là-dedans, il vaut mieux rester à la surface», dit-il.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer