Les parieurs se remettent à miser sur Trump

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Chez Paddy Power, un preneur de paris britannique, 91 % des paris reçus depuis 48 heures misent sur le bouillonnant candidat républicain Donald Trump.

AP, Matt Rourke

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Agence France-Presse
New York

À quelques jours du scrutin présidentiel américain, les parieurs se bousculent pour miser sur Donald Trump, dont la cote remonte plus encore que dans les sondages, portée par les déboires de Hillary Clinton et le souvenir du Brexit.

«Depuis l'annonce de la réouverture de l'enquête du FBI [sur les courriers électroniques de Hillary Clinton], on a cinq paris sur Trump pour un sur Hillary», constate Pat Morrow, responsable de la cote au sein du site de paris extraterritoriaux Bovada.

Les paris sur une élection, locale ou nationale, sont interdits sur le territoire américain mais les amateurs ont l'embarras du choix. Outre Bovada, ils peuvent miser sur d'autres sites hors frontières, comme Betfair ou encore Betonline.

Dans les sondages, la décision du FBI la semaine dernière de passer en revue une nouvelle série de courriers électroniques liés à Hillary Clinton a fait fondre l'avance prise par l'ex-secrétaire d'État et remis au coude-à-coude les deux candidats.

Retournement spectaculaire

Chez les parieurs, le retournement a été plus spectaculaire encore.

Le marché à terme organisé par l'université d'Iowa autour du scrutin - autorisé à des fins scolaires - a ainsi vu la probabilité d'une victoire du candidat républicain (au nombre de voix) passer de 9 % environ il y a 10 jours à 40 % lundi.

Quelque 2300 joueurs, qui ne peuvent placer que 500 $ chacun au maximum, y ont investi 314 000 $ au total, selon Joyce Berg, directrice du programme.

Les non-résidents américains peuvent eux parier sur les sites britanniques, où Donald Trump a repris là aussi du poil de la bête.

«Trump a clairement le vent en poupe et il se rapproche de Hillary presque jour après jour», indique Graham Sharpe, porte-parole du preneur de paris anglais William Hill. «Nous avons dû relever sa cote pour la huitième fois en deux semaines», laquelle atteint désormais 33 % (ou 2 contre 1).

Chez Paddy Power, autre preneur de paris britannique, 91 % des paris reçus depuis 48 heures misaient sur le bouillonnant candidat républicain, selon le site de l'entreprise mercredi. «Je suis plus confiant que jamais» dans la victoire de Donald Trump, s'enthousiasme John Mappin, un homme d'affaires britannique de 51 ans qui emporterait un peu plus de 100 000 livres en pareil cas (111 000 euros environ).

Montants records

«Les sondages ne sont pas fiables du tout», assure ce propriétaire d'un petit groupe de presse et d'un hôtel en Cornouailles, pour qui la situation est «très, très similaire à celle du Brexit».

Le 23 juin, jour du scrutin sur l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union européenne, un dernier sondage donnait 55 % de voix en faveur du maintien, alors que la sortie l'a finalement emporté avec 51,9 %.

S'il a parié chez William Hill près de 30 fois sur Donald Trump depuis 16 mois, John Mappin a avancé l'essentiel de ses jetons dès l'annonce de la candidature du promoteur immobilier, en juin 2015.

«J'ai passé six ans aux États-Unis et je connais très bien les Américains», dit celui qui affirme n'avoir jamais parié avant d'investir sur Trump. «J'ai compris à quel point ils en avaient marre des politiciens défaillants.»

«La cote est maintenant similaire à ce qu'elle était à ce stade pour le Brexit et certains parieurs tablent clairement sur le fait que la tendance récente de résultats politiques chocs va se poursuivre», explique Graham Sharpe.

Même si le duel Clinton-Trump a presque toujours paru déséquilibré dans les sondages, ce qui aurait pu dissuader les parieurs, les montants approchent des records.

Ils ont quasiment doublé chez Bovada par rapport à l'élection présidentielle de 2012 et sont en route pour atteindre 3 millions de livres chez William Hill, ce qui serait un record pour un scrutin américain.

Et une victoire de Donald Trump ne serait pas une mauvaise nouvelle que pour les parieurs ayant misé sur Clinton.

En l'état, ce scénario coûterait à William Hill plus de 300 000 livres (333 000 euros environ) de plus qu'une victoire de Hillary Clinton, et «on dirait que c'est en train de s'aggraver», explique Graham Sharpe.

«S'il gagnait, explique Pat Morrow, ce serait aussi mauvais que de se tromper sur le vainqueur du Super Bowl», l'événement le plus suivi du calendrier sportif.

Une dernière ligne droite marquée par les attaques féroces

Dans cette campagne électorale, il y a des attaques... (AP, Ross D. Franklin) - image 3.0

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Dans cette campagne électorale, il y a des attaques d'une rare virulence entre Hillary Clinton et Donald Trump.

AP, Ross D. Franklin

Donald Trump et Hillary Clinton ont encore échangé des coups mercredi dans la dernière ligne droite de la présidentielle américaine, lançant des attaques d'une rare virulence et s'accusant mutuellement de pas être taillés pour la Maison-Blanche. Le candidat républicain a été le premier à ouvrir le feu : l'élection de sa rivale risquerait de provoquer une «crise constitutionnelle sans précédent» aux États-Unis et même une «Troisième Guerre mondiale», a-t-il affirmé lors d'une assemblée en Floride. Longtemps à la peine dans les sondages, M. Trump a retrouvé un second souffle depuis la récente relance de l'enquête du FBI sur les courriels de son adversaire démocrate. «C'est le plus grand scandale depuis le Watergate», l'affaire d'espionnage politique qui a contraint le président Richard Nixon à démissionner en 1974, a tonné le candidat depuis cet État-clé du scrutin qu'il sillonnait mercredi.

Attaquée sur sa probité depuis des mois, la candidate démocrate a elle aussi décidé de ne plus retenir ses coups face à un rival qui a «passé sa vie à dénigrer, dégrader, insulter et agresser les femmes». En déplacement mercredi dans le Nevada et l'Arizona, celle qui ambitionne de devenir la première présidente des États-Unis s'en est à nouveau prise à son adversaire, qui n'aurait pas, selon elle, le «tempérament» requis pour s'asseoir dans le bureau ovale.

La candidate a pu compter à nouveau sur le soutien du président Barack Obama. «Il n'y a qu'une seule candidate dans cette course qui a consacré sa vie entière à une meilleure Amérique et [...] c'est Hillary Rodham Clinton», a-t-il déclaré dans un discours à Chapell Hill, en Caroline du Nord.

La gazette de la campagne

Même pas peur 

L'actrice Susan Sarandon supporte la candidate écologiste Jill... (AFP, Valery Hache) - image 5.0

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L'actrice Susan Sarandon supporte la candidate écologiste Jill Stein.

AFP, Valery Hache

Katy Perry, Meryl Streep, Lady Gaga... Hillary Clinton ne manque pas de vedettes parmi ses soutiens, mais elle n'a pas séduit l'actrice Susan Sarandon, qui lui préfère la candidate écologiste Jill Stein.

«La peur que provoque Donald Trump n'est pas suffisante pour me pousser à soutenir Clinton et ses antécédents de corruption», a écrit l'actrice, selon le site de Jill Stein, qui arrive loin derrière les deux principaux candidats dans les sondages, avec 2 % des intentions de vote en moyenne.

La fièvre du baseball 

L'équipe de Donald Trump a profité du match... (AP, Matt Slocum) - image 6.0

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L'équipe de Donald Trump a profité du match ultime de la Série mondiale pour diffuser de la publicité.

AP, Matt Slocum

À moins d'une semaine de la présidentielle, le républicain a choisi une caisse de résonance de choix pour diffuser trois publicités de campagne mercredi : le très attendu septième et dernier match de la Série mondiale entre Cleveland et Chicago.

«Nous sommes ravis de présenter notre message directement aux millions de partisans de sports qui regarderont la Série mondiale afin de leur dire qu'ils ont un choix évident pour cette élection, et que M. Trump est celui qui se battra pour eux», a dit un responsable de la campagne Trump, Jason Miller.

Intitulées «Changement», «Choix» et «Corruption», les trois vidéos ne sont qu'une goutte dans le torrent de publicités électorales que Donald Trump et Hillary Clinton prévoient encore de diffuser, concentrant la plupart d'entre eux dans des États cruciaux pour remporter l'élection, comme la Floride, l'Ohio ou encore la Pennsylvanie

Le cinéma voit rouge... et bleu 

La chaîne de cinéma américaine AMC va ouvrir une cinquantaine de salles pour suivre les résultats de l'élection le 8 novembre au soir, mais en prenant soin de séparer les supporteurs républicains et démocrates dans des salles rouges ou bleues, selon leurs couleurs respectives.

«Le soir de l'élection, lorsque les Américains se rassembleront pour suivre la conclusion de cette élection historique, nous sommes conscients que les démocrates voudront encourager (leur camp) avec d'autres démocrates et que les républicains voudront le faire avec d'autres républicains», a dit Elizabeth Frank, vice-présidente et responsable de la programmation des cinémas AMC.

Dans 25 villes américaines, dont New York, Los Angeles et Washington, des salles AMC retransmettront donc le suivi des résultats sur CNN. Petit problème cependant du côté républicain, Donald Trump a très souvent dénoncé la couverture «partiale» de CNN contre lui.

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