L'inquiétude grandit pour les habitants de Mossoul

Signe du départ des djihadistes de l'État islamique,... (AFP, Bulent Kilic)

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Signe du départ des djihadistes de l'État islamique, un homme taille sa barbe en public à Gogjali, à l'est de Mossoul, après que l'armée irakienne eut repris le contrôle du village.

AFP, Bulent Kilic

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Agence France-Presse
Gogjali, Irak

L'inquiétude grandissait mercredi sur le sort de plus d'un million de civils pris au piège à Mossoul, où les djihadistes se préparent à affronter les forces irakiennes désormais positionnées à la périphérie est de leur bastion.

Le crépitement des armes automatiques se faisait entendre à Gogjali, aux portes de Mossoul, où l'unité d'élite du contre-terrorisme (CTS) consolidait ses positions, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les opérations ont cependant été limitées par les vents de sable balayant les environs de Mossoul, au coeur de la vaste plaine de Ninive. Aucun signe d'une poussée à l'intérieur de la grande ville n'a été remarqué, au lendemain de l'annonce, par l'armée, d'une première incursion dans un quartier de l'est.

Dans la zone déjà conquise de Gogjali, un soldat irakien brandissait un drapeau noir de l'EI. «On l'a enlevé pour planter le drapeau irakien à la place», explique Mohammed Ali.

Raser la barbe

Des habitants sont ressortis dans la rue après s'être calfeutrés chez eux durant les combats. Ne cachant pas leur joie, des hommes se rasent en public la longue barbe que les djihadistes les obligeaient à laisser pousser.

Un adolescent, en chemise cintrée et pantalon, avoue ne pas avoir porté de tels vêtements depuis l'entrée des hommes du «califat» dans Gogjali.

«Je suis heureuse qu'ils soient partis», affirme Slikha Slimane, une mère de neuf enfants. «Cela fait longtemps que je prie pour qu'on puisse obtenir notre vengeance après ce qu'ils nous ont fait. La mort était vraiment partout.»

«On ne réalise pas encore ce qui nous arrive. On sort de la prison à ciel ouvert où on vivait», se réjouit à son tour Abou Ahmed.

Boucliers humains

Mais à quelques kilomètres de Gogjali, l'incertitude demeure pour les habitants de Mossoul, qui compterait 600 000 enfants, selon l'ONG Save The Children.

«Nous nous préparons à présent pour le pire. Les vies de 1,2 million de civils sont en grand danger», s'est alarmé le directeur pour l'Irak du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), une des ONG les plus actives dans ce pays.

«Les habitants ont pendant près de deux ans et demi vécu un cauchemar terrifiant et ininterrompu. Nous avons tous à présent la responsabilité de mettre un terme à cela», a ajouté Wolfgang Gressmann.

Le NRC comme d'autres ONG demandent l'ouverture de couloirs humanitaires pour que les habitants puissent quitter la ville et rejoindre les quelques camps ouverts dans la région.

Quelque 20 000 personnes ont déjà été déplacées depuis le début des opérations sur Mossoul, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

L'ONU a exprimé ses «sérieuses inquiétudes» quant au sort de dizaines de milliers de civils que l'EI aurait emmenés pour possiblement les utiliser comme boucliers humains.

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