300 millions d'enfants respirent de l'air toxique

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La capitale indienne New Delhi étouffait lundi dans un brouillard toxique au lendemain de la grande fête hindoue de Diwali, où il est de coutume de faire exploser pétards et feux d'artifice.

AFP, Momey Sharma

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Quelque 300 millions d'enfants dans le monde, soit un sur sept, vivent dans un endroit où la pollution de l'air extérieur excède jusqu'à six fois les normes internationales, contribuant dans une large mesure à la mortalité infantile, selon un rapport de l'UNICEF publié lundi.

Cette nouvelle étude du Fonds des Nations unies pour l'enfance paraît une semaine avant le début de la conférence de l'ONU sur le climat, la COP22, qui doit se tenir à Marrakech au Maroc du 7 au 18 novembre.

L'UNICEF saisira cette occasion pour lancer un appel aux dirigeants mondiaux pour qu'ils agissent sans attendre pour réduire la pollution atmosphérique dans leur pays.

«La pollution de l'air contribue de façon importante à la mortalité de quelque 600 000 enfants de moins de cinq ans annuellement et menace la vie et l'avenir de millions d'autres», déplore le Directeur général de l'UNICEF, Anthony Lake.

«Les substances polluantes, non seulement endommagent les poumons des enfants, mais elles peuvent aussi franchir la barrière protectrice du cerveau et endommager irrémédiablement leur développement cérébral, compromettant leur avenir», ajoute-t-il, avant de souligner qu'«aucune société ne peut se permettre d'ignorer la pollution».

En s'appuyant sur l'imagerie satellite, cette étude montre qu'environ deux milliards d'enfants vivent dans des pays où la pollution atmosphérique résultant des émissions des véhicules, de l'utilisation intensive de carburants fossiles, de la poussière et de l'incinération des déchets, surpasse les normes acceptables de qualité de l'air établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Asie du Sud compte le plus grand nombre d'enfants respirant un air fortement pollué (620 millions), suivie par l'Afrique (520 millions) et l'Asie de l'Est et le Pacifique (450 millions), selon le rapport.

Les auteurs étudient également la pollution à l'intérieur des habitations engendrée par l'utilisation du charbon et du bois pour cuisiner et se chauffer, qui touche surtout les enfants de familles pauvres vivant en zone rurale dans les pays en développement.

La pollution de l'air extérieur et dans les logements est responsable de la fréquence des pneumonies et d'autres maladies respiratoires, en cause dans près d'un décès sur dix parmi les enfants de moins de cinq ans. Cela fait de la mauvaise qualité de l'air l'une des plus grandes menaces pour la santé infantile, pointe le rapport.

Mieux protéger les enfants 

Les enfants en bas âge sont plus sensibles que les adultes à la pollution car leurs poumons, leur cerveau et leur système immunitaire ne sont pas encore complètement formés et leurs voies respiratoires sont aussi plus perméables.

Les jeunes enfants respirent également plus vite que les adultes et aspirent plus d'air relativement à leur masse corporelle.

Ceux qui sont les plus défavorisés, dont la santé est souvent plus fragile et qui ont un accès insuffisant aux soins, sont les plus vulnérables aux maladies liées à la pollution, relève l'UNICEF.

Pour combattre ce fléau, l'UNICEF demande aux dirigeants de la planète qui participeront à la COP22 de prendre plusieurs mesures d'urgence dans leurs pays respectifs pour améliorer la qualité de l'air et protéger les enfants.

L'agence onusienne les encourage notamment à faire davantage d'efforts pour se conformer aux normes internationales de qualité de l'air en réduisant le recours aux énergies fossiles et en développant davantage les sources d'énergies renouvelables.

L'UNICEF leur demande aussi de faciliter l'accès des enfants aux soins médicaux, dont des campagnes de vaccination pour réduire leur vulnérabilité aux maladies respiratoires et de minimiser leur exposition à la pollution.

L'agence préconise également que les sources de pollution comme les usines ne se trouvent pas à proximité des écoles et des terrains de jeu. Et souligne aussi qu'une meilleure gestion des déchets peut réduire la quantité de détritus brûlés dans les collectivités.

Enfin, des gazinières plus propres amélioreraient la qualité de l'air dans les habitations, ajoute l'agence.

New Delhi étouffe dans un brouillard toxique après Diwali

La capitale indienne New Delhi étouffait lundi dans un brouillard toxique au lendemain de la grande fête hindoue de Diwali, où il est de coutume de faire exploser pétards et feux d'artifice.

Au réveil d'une nuit traversée de détonations et de pétarades, une épaisse fumée enveloppait la ville, masquant le paysage, s'insinuant dans les foyers et jusque dans les tunnels du métro.

Pour la première fois dans la ville, la barre record de 1000 microgrammes de particules fines par mètre cube d'air a été dépassée dans un quartier du sud de Delhi - soit bien au-delà de dix fois les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Gufran Beig, scientifique en chef à l'institut de prévision et de recherche de la qualité de l'air (SAFAR), a indiqué que les aiguilles de leurs capteurs avaient brièvement dépassé la barre des 1000 dans le quartier de RK Puram peu après minuit, lors du bouquet final de millions de pétards et feux d'artifice.

«Presque 60-70% de la fumée vient des pétards», a déclaré M. Beig, indiquant que cette situation était attendue car Diwali, la fête des lumières, est réputée pour être l'une des périodes les plus polluées de l'année.

L'air vicié pose «un risque sérieux» de problèmes respiratoires pour les personnes vivant à Delhi, ont averti les autorités, conseillant aux habitants d'éviter les activités physiques en extérieur.

Urbanisation rapide 

La qualité de l'air de Delhi s'est constamment dégradée ces dernières années, conséquence d'une urbanisation rapide et des émissions industrielles.

En hiver, la situation est aggravée par les feux allumés par les habitants de la ville et de la région environnante pour se réchauffer.

Demandant aux autorités d'agir, des juges l'année dernière étaient allés jusqu'à comparer l'atmosphère de la capitale indienne à une «chambre à gaz».

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