L'Italie encore secouée

La pittoresque bourgade de Norcia, à 6 km seulement de... (AP)

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La pittoresque bourgade de Norcia, à 6 km seulement de l'épicentre du séisme, a fortement été touchée dimanche.

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Frank Iovene, Ljubomir Milasin
Associated Press
Norcia

Le centre de l'Italie a de nouveau été frappé dimanche par un séisme, le plus puissant qu'ait connu le pays depuis 1980, détruisant plusieurs bâtiments, dont la célèbre basilique San Benedetto de Norcia, mais sans faire de morts.

«Nous confirmons ne pas avoir d'information sur des victimes [morts]. Nous avons une vingtaine de blessés» relativement légers, a déclaré en milieu de journée Fabrizio Curcio, chef de la protection civile.

Un bilan confirmé dans la soirée et presque miraculeux étant donné la puissance de 6,5 de cette nouvelle secousse, la troisième en un peu plus de deux mois.

Mais dans cette région, où près de 300 personnes sont mortes fin août lors du premier de ces tremblements de terre, la plupart des villages avaient déjà été évacués.

Ce n'était pas le cas à Norcia, distant de six kilomètres seulement de l'épicentre du séisme de dimanche. Cette bourgade pittoresque, classée parmi les 150 plus beaux villages d'Italie, est située en Ombrie tout près de la région des Marches.

À la nuit tombante, cinq autocars attendaient leurs passagers, non loin du stade de football local, pour les transporter à l'abri vers la côte adriatique ou dans les hôtels vides en cette saison sur les rives du lac Trasimène, à l'ouest de Pérouse.

Dès les premières secousses, quelques minutes avant la plus forte à 7h40, les habitants de Norcia étaient sortis de chez eux avant de se rassembler, couvertures sur les épaules, sur la place principale du village. Certains se sont alors agenouillés pour prier face à la basilique San Benedetto, désormais presque complètement détruite.

Construite à partir du XIVe siècle, elle aurait selon la légende été édifiée sur le lieu de naissance de saint Benoît, fondateur de l'ordre des Bénédictins, en 480.

Le stress d'une population qui vit constamment dans l'angoisse d'un séisme se lisait sur les visages des rescapés. «C'était l'apocalypse, une secousse terrible», a confié à l'AFP soeur Lucia Raffaello, du couvent de Santa Maria della Pace de Norcia.

Leur petite église n'a pas été détruite, mais les soeurs ont été évacuées avec le reste de la population, en attendant de retourner dans leur couvent qu'elles n'ont pas l'intention d'abandonner. «On va rester ici, on veut aider les gens par nos prières, même si on doit rester sous les tentes», a-t-elle ajouté.

Restée debout après le séisme du 24 août... (AP) - image 2.0

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Restée debout après le séisme du 24 août dernier, l'horloge de la municipalité d'Amatrice, dans le centre de l'Italie, a finalement perdu son sommet à la suite des secousses de dimanche, les plus puissantes ressenties au pays depuis 1980.

AP

Angoisse et abattement

Un certain abattement gagnait cependant les responsables locaux, dont les territoires vivent depuis des semaines dans l'angoisse de nouveaux séismes.

«La fatigue ne doit pas se transformer en résignation», a exhorté le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, lors d'une brève conférence de presse à Rome. «Nous reconstruirons tout : les maisons, les églises et les magasins. L'Italie ne va pas lésiner sur la reconstruction des lieux qui représentent son âme», a-t-il affirmé, annonçant pour lundi un Conseil des ministres extraordinaire.

La puissance de la secousse a également entraîné des éboulements, et de nombreuses routes dans cette région du centre de l'Italie ont été coupées.

La secousse de dimanche matin est la plus forte dans la péninsule depuis 1980. La magnitude du séisme de L'Aquila, qui avait fait plus de 300 morts en 2009, s'élevait à 6,3. Le dernier tremblement de terre d'une puissance équivalente à celle de dimanche remonte à novembre 1980. De magnitude 6,9, il avait fait près de 3000 morts.

Selon l'Institut national de géophysique et vulcanologie, la première secousse dimanche a été suivie de «dizaines» de répliques, dont 50 d'une magnitude égale ou supérieure à 3. Ce séisme a été ressenti dans une grande partie de la péninsule, y compris à Florence et à Naples. Selon plusieurs sismologues, il y en aura d'autres, mais il est impossible de dire si une secousse de puissance équivalente interviendra à nouveau prochainement.

À Rome, les autorités ont fermé pendant plusieurs heures le métro de la ville pour effectuer des vérifications, et des centaines de personnes sont sorties dans les rues par mesure de précaution. Lundi, les écoles resteront fermées pour procéder à des vérifications.

Des experts ont procédé également à des contrôles sur les principales basiliques romaines, dont Saint-Pierre au Vatican, même si la place est restée ouverte aux fidèles pour le traditionnel Angélus du dimanche. Le pape François a fait part de sa «proximité» aux populations touchées.

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