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Un JFK néerlandais prêt à braver «le vent d'extrême droite qui souffle en Europe»

Ambitieux, le chef du parti écologiste Jesse Klaver est... (AFP, Jeroen Jumelet)

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Ambitieux, le chef du parti écologiste Jesse Klaver est souvent comparé à Justin Trudeau avec qui il a une ressemblance physique frappante.

AFP, Jeroen Jumelet

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Jan Hennop
Agence France-Presse
La Haye

Si certains voient en lui le Justin Trudeau de la politique néerlandaise ou un jeune John F. Kennedy, le chef du parti écologiste Jesse Klaver se veut avant tout un antidote contre la montée de la xénophobie aux Pays-Bas.

Enfant unique d'un père absent d'origine marocaine et d'une mère néerlando-indonésienne, celui qui, à trente ans, est le plus jeune dirigeant de parti de l'histoire du pays sait ce que c'est que de grandir aux Pays-Bas avec des origines étrangères.

Contrairement «à ce que certains politiciens veulent vous faire croire, les Pays-Bas sont un pays d'immigration», déclare-t-il dans une récente interview à l'AFP, en référence au député d'extrême droite Geert Wilders, connu pour ses propos anti-islam.

«Je suis un produit de cette immigration», ajoute Jesse Klaver, élevé par ses grands-parents dans un logement social de la banlieue de Roosendaal, dans le sud du pays.

Et à l'approche des élections législatives de mars, le jeune homme aux cheveux bouclés, à la peau mate et aux yeux marron veut lutter contre «le vent d'extrême droite qui souffle sur l'Europe tout entière».

Le «petit nouveau» de la politique 

Débarqué en politique en 2009, Jesse Klaver est devenu, à 23 ans, le plus jeune membre de l'influent Conseil social et économique aux Pays-Bas, chargé de conseiller le gouvernement et le parlement sur les grands enjeux politiques. Six ans plus tard, c'est sans résistance qu'il devient chef du GroenLinks.

Orateur opiniâtre et assuré devant la chambre basse du Parlement, le politicien au visage juvénile et aux propos fermes se livre fréquemment à des joutes verbales avec Geert Wilders, député controversé qui surfe avec une rhétorique anti-islam sur la pire crise migratoire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Cet homme politique à la chevelure peroxydée doit comparaître lundi devant la justice néerlandaise pour discrimination et incitation à la haine après avoir déclaré voici deux ans vouloir «moins de Marocains» aux Pays-Bas.

«Je suis entièrement et en tous points en désaccord avec Geert Wilders», assure-t-il : «je veux le retour de mon pays, celui de la tolérance».

Alors que le PVV de Geert Wilders a longtemps culminé en tête des sondages avec 25 à 29 sièges au coude-à-coude avec le VVD du Premier ministre libéral Mark Rutte, le parti écologiste de gauche de Jesse Klaver devrait décrocher de onze à quinze sièges, d'après le site de référence Peilingwijzer.

Celui qui pourrait donc devenir un «faiseur de rois» sous le prochain gouvernement de coalition a déjà appelé les partis de gauche, comme les travaillistes du PvdA, les progressistes de D66 et les socialistes du SP, à coopérer davantage et à s'unir face à une éventuelle coalition menée par les libéraux.

Pour le quotidien NRC Handelsblad, ce «petit nouveau» de la politique néerlandaise a donné «un nouvel élan» à son parti, qui n'avait obtenu que quatre sièges aux dernières élections, en 2012.

«JFK»

Adhérant à de nombreuses idées de l'économiste français Thomas Piketty, Jesse Klaver l'a invité au parlement néerlandais en 2014. Comme l'auteur du best-seller Le capital du XXIe siècle, il estime que la mondialisation a créé une société inégale et une répartition injuste des richesses.

«Nous devons faire en sorte que l'Europe fonctionne pour tout le monde, pas seulement pour un petit groupe de riches qui ont été chanceux et qui ne font que devenir plus riches», assure-t-il.

Ambitieux, ce mari et père de deux garçons est souvent comparé au Premier ministre canadien Justin Trudeau avec qui il a une ressemblance physique frappante.

Mais lui trouve plutôt en John Fitzgerald Kennedy - dont «Jesse Feras Klaver» partage les initiales - sa plus grande source d'inspiration. À tel point qu'il arbore dans son bureau des photos du président américain assassiné à Dallas en 1963 et une tasse barrée de sa célèbre citation : «Une personne peut faire la différence et chacun devrait essayer.»

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