De la «Jungle» de Calais aux vignobles français

Chardonnay, petite commune viticole d'environ 200 habitants, a... (AFP, Jeff Pachoud)

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Chardonnay, petite commune viticole d'environ 200 habitants, a accueilli 10 réfugiés soudanais, qui ont débarqué en autocar en provenance de la «Jungle» de Calais.

AFP, Jeff Pachoud

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Agence France-Presse
Nogent-le-Rotrou

Loin de la boue et des tentes de la «Jungle» de Calais, ils s'installent à Nogent-le-Rotrou, au sud-ouest de Paris, ou à Chardonnay, un village entouré de vignobles... Les migrants évacués du plus grand bidonville de France commencent une nouvelle vie aux quatre coins du pays.

«Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être en France. La Jungle, ce n'était pas la France», commente Mohammed, qui marche, une carte de Nogent-le-Rotrou en main, dans les rues calmes de cette bourgade de quelque 10 000 habitants, à 130 km de Paris.

«À Calais, j'avais une multitude de problèmes, on me volait mes affaires, j'avais toujours froid et faim. Ici, on se sent comme des princes», dit avec enthousiasme ce réfugié originaire du Pakistan.

Avec 25 compagnons de voyage, Mohammed a découvert en arrivant dans la nuit son nouveau cadre de vie : un immeuble de quatre étages dans une cité sociale des années 70, des locaux fraîchement repeints, des dortoirs à partager à quatre ou six.

Dans le centre historique, à 20 minutes à pied, les habitants sont partagés entre «devoir de solidarité» et réticences.

«Ça fait partie du devoir de la France et des Français d'accueillir des gens en détresse, tout le monde doit se mettre à intégrer parfaitement ces gens», commente une passante. «On ne peut pas accueillir tout le monde, il y a déjà beaucoup de Français à la rue!» réagit une autre. «Il faut bien aider les gens qui sont dans la misère, je ne suis pas contre, si c'est à taille raisonnable», nuance un commerçant.

Méfiance à Chardonnay

La méfiance est plus forte à Chardonnay, petite commune viticole d'environ 200 habitants dans le centre-est du pays où 10 réfugiés soudanais ont débarqué lundi en autocar. Certains des habitants redoutent une «arrivée massive», le maire s'inquiète d'un afflux «disproportionné», une quadragénaire craint des vols de raisin dans les vignes, un professeur de mathématiques s'alarme du risque de «désoeuvrement».

Lundi soir, des rassemblements de soutien aux migrants ont été organisés dans plusieurs villes, avec 250 personnes à Nantes ou à Rennes, autant à Paris. Différents élus se sont dits favorables à l'accueil des réfugiés, mais les réactions de rejet ont parfois été violentes : ces derniers jours, trois centres ont été la cible d'incendies volontaires, un autre a été visé par des coups de feu, des manifestations s'organisent, des tracts sont distribués, des pétitions circulent, souvent portées par le Front national.

Un village italien se barricade contre l'arrivée d'une douzaine de migrants

Des dizaines d'habitants du village de Gorino en... (AP, Filippo Rubin) - image 3.0

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Des dizaines d'habitants du village de Gorino en Italie ont érigé des barricades de palettes sur les trois routes menant à la commune et sont restés toute la nuit et une partie de la journée mardi pour empêcher l'arrivée du bus transportant 12 migrantes.

AP, Filippo Rubin

À grand renfort de barricades de palettes sur les accès routiers, un village du nord de l'Italie a bloqué l'arrivée en bus de 12 migrantes qui devaient être logées mardi dans un hôtel réquisitionné.

L'Italie, qui a vu débarquer près de 155 000 personnes sur ses côtes cette année, doit loger les milliers de nouveaux arrivants des derniers jours.

Samedi, Michele Tortora, le préfet de Ferrara, entre Venise et Bologne, a été informé de l'arrivée imminente d'un nouveau contingent. Faute d'autre proposition, il a réquisitionné l'hôtel-bar de Gorino, dans le delta du Pô, pour héberger une vingtaine de femmes et d'enfants, expliquant que cette commune de 700 habitants était l'une des seules de la province à n'héberger aucun migrant et que la saison touristique était terminée. Mais des dizaines d'habitants ont alors érigé des barricades de palettes sur les trois routes menant à la commune et sont restés toute la nuit et une partie de la journée mardi pour empêcher l'arrivée du bus transportant les 12 premières femmes, originaires du Nigéria, de Guinée et de Côte d'Ivoire. Mardi à la mi-journée, le préfet a finalement renoncé à la réquisition et réparti les femmes dans des communes voisines. «J'imagine ce qu'elles ont dû ressentir. Quelle tristesse», a-t-il lancé.

«Les habitants de Gorino sont pour nous les nouveaux héros de la résistance contre la dictature de l'accueil», a en revanche salué Alan Fabbri, responsable local de la Ligue du Nord, parti anti-euro et anti-immigrés. Ces barricades «ne font pas honneur à notre pays. Évidemment, tout peut être mieux géré, on peut trouver toutes les excuses que l'on veut, mais ce n'est pas l'Italie», a tempêté le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

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