Des milliers de migrants débarquent en Italie

Des femmes faisant partie des quelque 1100 migrants... (AFP, STR)

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Des femmes faisant partie des quelque 1100 migrants secourus sur le Siem Pilot débarquent du navire après son arrivée à Palerme, lundi.

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Ella Ide
Agence France-Presse
Palerme

«Dieu merci, je suis en vie» : comme plus de 4200 migrants secourus ces derniers jours au large de la Libye, Modoulamin Camara a débarqué lundi dans l'un des ports d'Italie, où le nombre d'arrivées cette année dépasse les 153 000 enregistrées en 2015.

D'autres n'auront pas eu sa «chance» : encore lundi, 16 migrants ont été retrouvés morts au large de la Libye où 2200 autres ont pu été secourus.

En vie «mais c'était trop de souffrance. J'ai été battu depuis le Niger jusqu'à la Libye. Je veux rester en Italie», confie Modoulamin Camara, charpentier gambien de 24 ans à son arrivée lundi à Palerme, en Sicile.

Comme la plupart des près de 1100 migrants arrivés avec lui sur le Siem Pilot, un navire norvégien engagé dans le dispositif de l'agence européenne Frontex, il est parti de Libye jeudi avant l'aube, serré avec 160 autres à bord d'un canot. Secouru dans la journée, il a été transféré d'abord sur un pétrolier réquisitionné par les gardes-côtes italiens puis dans la nuit de jeudi à vendredi sur le Siem Pilot.

À bord, l'équipage avait tendu un grand drap blanc sur lequel a été affichée une photo du navire et une horloge décomptant les heures jusqu'à l'arrivée. Une immense clameur a salué le passage à 0.

Des migrants ont chanté et dansé, des femmes ont entonné des hymnes chrétiens en tapant dans leurs mains alors que le navire entrait dans le port au lever du soleil.

Pourtant, la procédure d'identification à l'arrivée est si fastidieuse que seule la moitié des passagers devait débarquer dans la journée et prendre un autobus pour l'un des multiples centres d'accueil répartis dans toute l'Italie. Les autres passeront une nuit de plus sous une fine couverture sur le pont.

Mais beaucoup attendent surtout avec impatience les repas que la Croix-Rouge distribue sur le quai et à bord. Déjà affamés au moment de leur sauvetage, ils ont terminé il y a longtemps l'unique barre énergétique de 2300 calories reçue en montant à bord samedi.

Les premiers à descendre sont les malades, puis les femmes et les enfants. Certains nettoient le petit espace où ils ont dû se serrer sur le pont. Tous semblent cependant épuisés et attendent avec impatience de pouvoir prendre une douche ou se laver les dents.

Histoire cauchemardesque

Sur le port, une équipe de soutien psychologique de Médecins sans frontières (MSF) attend ceux parmi les nouveaux arrivants qui ont survécu à l'attaque de leur canot par des hommes arrivés sur une vedette des gardes-côtes libyens.

Ces derniers ont tenté de s'emparer du moteur du canot et frappé les migrants, dont la plupart sont tombés à l'eau. Une ONG allemande a secouru 120 personnes, mais récupéré quatre corps et estime qu'il y a jusqu'à 25 disparus.

«Leur histoire nous donne des cauchemars», a commenté MSF sur Twitter.

Le Siem Pilot a ramené les quatre corps ainsi que ceux de 13 autres personnes récupérées lors d'autres sauvetages dramatiques ces derniers jours. Selon un médecin légiste cité par la presse italienne, trois d'entre eux étaient des enfants, dont une fillette d'environ huit ans portant de nombreuses traces de coups.

«Nous avons de la chance que rien ne nous soit arrivé», assure Alhaji Kutubu Sankoh, qui a quitté le Sierra Leone pour échapper à la stigmatisation depuis que le virus Ebola a tué son père. «Nous étions sur l'eau, tout le monde pleurait, nous pensions que tout était fini pour nous. Mais grâce à Dieu vous êtes venus nous secourir.»

Au total, plus de 4200 migrants sont arrivés lundi à Syracuse, Pozzallo, Messine et Trapani en Sicile, mais aussi à Crotone dans le sud de l'Italie, et plus de 3000 sont attendus mardi ou mercredi.

Selon un décompte effectué lundi matin par le ministère de l'Intérieur à Rome, plus de 153 000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l'année, soit l'équivalent du total de 2015, mais encore en-deçà des 170 000 enregistrés en 2014.

Et malgré la multiplication des navires de secours, la traversée a coûté la vie à au moins 3700 personnes, selon l'ONU.

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