L'Irak lance la «décisive» bataille pour Mossoul

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Des blindés irakiens progressaient lundi près de Al-Choura, une localité située à environ 45 km de Mossoul.

AFP, Ahmad Al-Rubaye

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Agence France-Presse
Al-Choura

Les forces irakiennes ont avancé lundi à l'est de Mossoul après avoir lancé dans la nuit leur vaste offensive pour reconquérir la deuxième ville d'Irak, dernier grand fief du groupe État islamique (EI) dans le pays.

Cette bataille qui s'annonce âpre et de longue haleine fait craindre un désastre humanitaire pour les quelque 1,5 million d'habitants y vivant encore. L'Organisation des Nations Unies (ONU) dit notamment redouter un déplacement massif de la population d'ici une semaine.

Dès les premières heures de la matinée, des colonnes de véhicules blindés de l'armée irakienne sont parties vers les lignes de front.

C'est par une allocution officielle prononcée en pleine nuit à la télévision que le premier ministre irakien, Haider Al-Abadi, a annoncé le lancement de cette bataille qui se prépare depuis des mois, avec le soutien d'une coalition internationale antidjihadistes composée de 60 pays et dirigée par les États-Unis.

Les combats pourraient durer «des semaines voire plus», selon la coalition internationale.

Située dans le nord de l'Irak et peuplée majoritairement de musulmans sunnites, Mossoul était tombée aux mains de l'EI en juin 2014 et le leader de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, avait alors proclamé un califat sur les territoires conquis de manière éclair par les djihadistes en Irak et en Syrie.

Même si l'EI a depuis perdu une large partie de ces territoires - 16 % rien qu'en 2016 selon le groupe d'analyse de défense américain IHS -, il conserve néanmoins une force de frappe, notamment à l'étranger où il a revendiqué cette année des attaques meurtrières.

Tensions confessionnelles

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a estimé que la bataille de Mossoul était «un moment décisif dans [la] campagne pour infliger à l'EI une défaite durable».

L'opération militaire devrait dans un premier temps consister à traverser les lignes djihadistes pour gagner les abords de la ville avant un encerclement puis de violents combats de rue.

Lourdement armés, les djihadistes, qui seraient entre 3000 et 4500 dans la ville, pourraient avoir recours à des attentats à la bombe, des mines et des incendies, voire des boucliers humains pour ralentir leurs ennemis.

M. Abadi a précisé que seules l'armée et la police entreraient dans Mossoul, alors que de nombreuses forces sont impliquées dans l'offensive.

Les sunnites, minoritaires dans un Irak majoritairement chiite, craignent l'entrée dans la ville des puissantes milices paramilitaires chiites du Hachd Al-Chaabi, soutenues par l'Iran, et accusées d'exactions contre les civils sunnites dans le passé.

L'Arabie Saoudite a d'ailleurs dit lundi craindre des massacres de la part des milices chiites si elles entrent dans les zones libérées. Son ministre des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a exhorté le gouvernement irakien à ne pas les utiliser, au risque «d'alimenter les tensions confessionnelles faisant rage dans la région».

La coalition dirigée par les États-Unis a également... (AP) - image 2.0

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La coalition dirigée par les États-Unis a également bombardé des positions de l'État islamique dans les villes voisines de Mossoul.

AP

Mouvements de populations à prévoir

De leur côté, des milliers de combattants kurdes irakiens se sont emparés lundi de plusieurs villages tenus par les djihadistes à l'est de Mossoul dans le cadre de l'offensive. Ils se trouvaient à proximité de Qaraqosh, une ville dont les chrétiens avaient été chassés par l'EI en 2014.

Les Kurdes sont appuyés par des raids aériens de la coalition internationale, a constaté un correspondant de l'AFP qui les suit dans cette région, près du village de Khazir.

L'armée irakienne a largué par les airs des milliers de tracts sur Mossoul pour donner des consignes de sécurité aux habitants.

La coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak, Lise Grande, a déclaré que les gens n'étaient pour l'instant pas très nombreux à fuir Mossoul mais a fait état de possibles «importants mouvements de populations [...] d'ici cinq à six jours».

Mme Grande a encore dit que 200 000 personnes pouvaient être déplacées «dans les deux premières semaines», un chiffre qui pourrait augmenter de façon significative au fur et à mesure de l'avancée de l'offensive.

L'International Rescue Committee s'est toutefois inquiété du fait qu'il n'y avait actuellement que 60 000 tentes disponibles dans sept camps d'urgence».

De leur côté, les ONG Save the Children et le Conseil norvégien pour les réfugiés ont appelé à la mise en place de «couloirs sécurisés» pour que les populations ne restent pas coincées sous les bombes, sans nourriture ni soins. Environ 500 000 enfants sont menacés par les combats, selon Save the Children.

Les principaux ministres de la Défense des pays de la coalition internationale doivent se réunir le 25 octobre à Paris afin de faire le point notamment sur la bataille de Mossoul.

Trêve humanitaire annoncée pour jeudi à Alep

Selon les Nations Unies et l'Union europénne, la... (AFP, Karam Al-Masri) - image 4.0

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Selon les Nations Unies et l'Union europénne, la durée de la trêve n'est pas suffisante pour permettre aux convois humanitaires d'acheminer l'aide aux civils des quartiers rebelles assiégés d'Alep.

AFP, Karam Al-Masri

La Russie a annoncé lundi une «trêve humanitaire» de quelques heures jeudi dans la ville syrienne d'Alep, où ses bombardements et ceux du régime pourraient s'apparenter à des crimes de guerre, selon l'Union européenne (UE), qui a fermement condamné l'attitude russe dans le conflit syrien.

Sur le terrain, les aviations russe et syrienne poursuivaient leurs frappes sur la grande ville du nord du pays pour appuyer l'offensive majeure des forces du régime, lancée le 22 septembre et dont l'objectif est de reprendre les quartiers rebelles.

Moscou a annoncé que les armées russe et syrienne suspendraient «leurs frappes aériennes et tous les autres tirs» jeudi à Alep, de 8h à 16h (1h à 9h, heure du Québec).

Cette décision a été prise «avant tout pour permettre aux civils de quitter [la ville] en toute liberté, pour évacuer les malades et les blessés et assurer le retrait des rebelles armés», a déclaré le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe.

Les Nations Unies et l'UE ont salué cette initiative, mais estimé que la durée de la trêve n'était pas suffisante pour permettre aux convois humanitaires d'acheminer l'aide aux civils des quartiers rebelles assiégés d'Alep.

En attendant la trêve, le nouveau raid aérien a fait 47 morts en 24 heures dans l'est de la ville.

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