La Thaïlande rend hommage à son roi

Des Thaïlandais priaient samedi devant le palais royal,... (AP, Wason Wanichakorn)

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Des Thaïlandais priaient samedi devant le palais royal, à Bangkok, à la mémoire de leur souverain décédé après 70 ans de règne.

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Agence France-Presse
BANGKOK

Des milliers de Thaïlandais se sont pressés samedi devant le palais royal pour rendre hommage au roi Bhumibol décédé jeudi, après 70 ans d'un règne qui sera suivi par une période de régence.

Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, s'est adressé dans la soirée à la nation pour tenter de rassurer les Thaïlandais sur cette période de régence.

Il a annoncé qu'une rencontre avait eu lieu dans la soirée entre le prince héritier Maha Vajiralongkorn, lui-même et «le régent Prem Tinsulanonda», chef du Conseil privé du roi, qui est propulsé automatiquement à la fonction de régent selon la Constitution, étant donné qu'un délai a été demandé par le prince.

Le prince «demande au peuple de ne pas s'inquiéter pour l'administration du pays ou la succession, car c'est prévu par la Constitution», a déclaré Prayut à la télévision. Il n'a cependant pas précisé combien de temps durerait la régence.

«Ne laissons pas les changements se produire trop vite», a-t-il ajouté.

Le prince, âgé de 64 ans, avait surpris jeudi soir en demandant, selon des propos rapportés par Prayut, un «délai» avant de monter sur le trône, laissant pour l'instant le pays sans monarque. Mais le prince n'a pas lui-même pris la parole depuis la mort de son père.

Le roi Bhumibol Adulyadej en décembre 2012... (Archives AP, Sakchai Lalit) - image 2.0

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Le roi Bhumibol Adulyadej en décembre 2012

Archives AP, Sakchai Lalit

L'éminence grise du palais

Le régent Prem Tinsulanonda est âgé de 96 ans mais reste très actif. Il est décrit par les analystes comme l'éminence grise du palais, tirant les ficelles de la scène politique, notamment des coups d'État militaires. Ancien général et ex-premier ministre, il était jusqu'ici le principal conseiller du roi défunt.

Samedi soir (heure locale), le prince héritier a à nouveau conduit, au sein du grand palais, le rituel bouddhiste de veille du corps de son père, première étape d'une longue série de rites qui vont durer une année.

Depuis l'annonce jeudi soir, la capitale Bangkok a basculé en noir et blanc. Et samedi, c'était la ruée dans les grands centres commerciaux sur les vêtements noirs.

Le gouvernement, qui a annoncé une période de deuil d'un an, a d'ailleurs dit craindre une rupture de stocks dans le pays.

Les fonctionnaires sont notamment tenus de porter des vêtements noirs pendant une année.

Bhumibol Adulyadej, hospitalisé quasiment en continu ces deux dernières années, n'était pas apparu en public depuis près d'un an.

Il n'en restait pas moins la figure tutélaire du royaume, rassurante pour de nombreux Thaïlandais, qui vivent dans l'idée qu'il était le «père de la nation», après des décennies de propagande, renforcée par une loi de lèse-majesté très stricte.

Prince réputé instable

Le dernier coup d'État, en mai 2014, avait été mené au nom de la sauvegarde de la monarchie, par une armée soucieuse de verrouiller la scène politique à l'approche de la succession, alors que la personnalité du prince héritier inquiète de nombreux Thaïlandais.

Le prince passait jusqu'ici le plus clair de son temps en Allemagne. Et sa personnalité, réputée instable, fait débat, même au sein des conseillers du palais et des généraux aux manettes du gouvernement, soulignent les analystes.

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