Des clowns sinistres terrifient les États-Unis

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L'apparition de clowns sinistres un peu partout aux États-Unis depuis quelques mois force la police, les écoles et même la Maison-Blanche à intervenir.

AFP, Saul Loeb

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Jocelyne ZABLIT
Agence France-Presse
Los Angeles

À quelques semaines d'Halloween, fête pendant laquelle les Américains adorent mettre des costumes lugubres, une série de clowns sinistres aperçus à travers les États-Unis crée la panique, forçant police, écoles et même la Maison-Blanche à intervenir.

Les premiers signalements de ces silhouettes effrayantes ont eu lieu en août en Caroline du Sud quand la police a été appelée pour enquêter sur des informations selon lesquelles des hommes habillés en clowns tentaient d'attirer des enfants dans les bois.

Elles se sont révélées fausses, mais depuis, des signalements similaires de clowns rôdant près des écoles ou d'entreprises, parfois armés au volant de camionnettes, ont eu lieu dans des douzaines d'États.

Une école en Ohio a été fermée par précaution après qu'une femme eut dit avoir été attaquée par un homme habillé en clown.

Des centaines d'étudiants de l'Université Penn State, en Pennsylvanie, sont partis à la chasse au clown mardi soir après des signalements semblables.

La Maison-Blanche est même intervenue pour dire lors d'un briefing que ces rôdeurs devaient être pris au sérieux et que 12 personnes avaient déjà été arrêtées. La police fédérale (FBI) et le département de la Sécurité ont été consultés sur la manière de réagir à cette menace potentielle.

À quelques semaines d'Halloween, le 31 octobre, quand des millions d'enfants déguisés vont de maison en maison récolter des bonbons, le phénomène a également envahi la toile avec «IfISeeAClown» (si je vois un clown) parmi les mots-clic les plus populaires sur Twitter et le compte @SpookyClowns (clowns effrayants) attirant plus de 200 000 abonnés.

Le réseau social Instagram croule aussi sur les photos de gens habillés en clowns qui prennent des poses menaçantes ou au contraire offrant des câlins.

Phobie

La paranoïa est telle que les autorités de Californie et de l'Oregon se sont trouvées forcées d'intervenir pour répondre aux signalements de clowns et aux menaces sur les réseaux sociaux dirigés contre des écoles, considérés comme des canulars.

Le sergent Juan Briseno, de la police du comté de Los Angeles, a expliqué à l'AFP que les patrouilles avaient augmenté dans la ville de Carson, en banlieue de Los Angeles, à la suite de messages menaçants sur Twitter, et qu'un officier de police rattaché aux écoles avait été dépêché pour informer chaque établissement du problème.

Des centaines d'étudiants de l'Université Penn State, en... (AP, Antonella Crescimbeni) - image 2.0

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Des centaines d'étudiants de l'Université Penn State, en Pennsylvanie, sont partis à la chasse au clown en pleine nuit mardi.

AP, Antonella Crescimbeni

Autre ville proche de Los Angeles, Lancaster a aussi été prise de panique quand des hommes portant des masques de clowns et qui auraient peut-être porté des couteaux ont été vus à pied, tentant d'effrayer les gens, selon la police.

Une école dans l'Oregon s'est trouvée contrainte d'envoyer un courriel à tous les parents pour les rassurer après des rumeurs qu'un clown prévoyait de s'en prendre à des étudiants.

Même Stephen King s'en mêle

L'épidémie, réelle ou imaginée, de clowns effrayants et la paranoïa qu'elle entraîne est à rapprocher du phénomène de «coulrophobie», nom clinique donné par les psychologues à la phobie des clowns, et qui a augmenté dans la foulée du roman de Stephen King publié en 1986 Ça, par la suite adapté en film, qui dépeint un clown malfaisant.

«Près d'une personne sur dix dit avoir la phobie des clowns», fait remarquer Matthew Lorber, directeur du service de psychiatrie pour enfants et adolescents de l'hôpital Lenox Hill à New York.

«Ne pas être en mesure de voir le visage de quelqu'un fait peur aux enfants», ajoute-t-il.

D'après M. Lorber, la chambre de résonance des réseaux sociaux attise cette phobie, qui pourrait se traduire par des traumatismes et attaques de panique durables chez certains jeunes enfants.

En tout cas, l'école de cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey ne trouve pas ce phénomène très drôle.

«Cela perturbe nos clowns qui veulent juste faire rire et sourire les gens», a écrit l'établissement dans un communiqué transmis aux médias américains.

Mais Stephen King, le pape du roman d'horreur, a appelé tout le monde à arrêter «l'hystérie» sur Twitter: «la plupart d'entre eux sont gentils, ils amusent les petits et font rire les gens».

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