La Catalogne veut un référendum sur l'indépendance en septembre 2017

Le président séparatiste de la Catalogne Carles Puigdemont a... (AFP, Josep Lago)

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Le président séparatiste de la Catalogne Carles Puigdemont a assuré devant le parlement qu'il était prêt à négocier les conditions d'un référendum, pour éviter la voie unilatérale : la question à poser, la date, les critères de validation... Mais les dirigeants catalans n'ont personne avec qui négocier : l'Espagne est sans nouveau gouvernement depuis neuf mois.

AFP, Josep Lago

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Agence France-Presse
Barcelone

Le président séparatiste de la Catalogne Carles Puigdemont a annoncé mercredi qu'il convoquerait un référendum sur l'indépendance de cette région du nord-est de l'Espagne en septembre 2017, avec ou sans l'accord de Madrid.

«Nous tenterons d'obtenir l'accord (de Madrid) jusqu'au bout», a-t-il déclaré. Mais, en «l'absence de réponse positive... nous serons prêts pour une convocation pendant la deuxième quinzaine de septembre de l'an prochain», a-t-il dit devant le Parlement de Catalogne.

Carles Puigdemont a pris ses fonctions au début de l'année, avec une feuille de route claire : mettre en place les institutions nécessaires à l'indépendance de sa région à la mi-2017.

M. Puigdemont s'est engagé mercredi à respecter ce calendrier.

«Fin juin, le Parlement approuvera les lois nécessaires pour que la Catalogne fonctionne comme un État indépendant et nous convoquerons les citoyens aux urnes pour qu'ils permettent par leur vote la proclamation de l'indépendance», a-t-il déclaré.

Ce vote prendra la forme d'un référendum, organisé en septembre 2017.

Il aura lieu quoi qu'il arrive, a insisté le président catalan, expliquant qu'il ferait tout pour organiser cette consultation avec l'accord de Madrid, mais qu'il irait de l'avant s'il ne l'obtenait pas.

Le gouvernement central, dirigé par le conservateur Mariano Rajoy depuis 2011, refuse cette option, utilisée notamment en Écosse en 2014. Il invoque la Constitution pour affirmer qu'il appartient à tous les Espagnols de se prononcer sur le sort d'une partie du territoire.

Mais les Catalans sont une majorité à réclamer le droit de décider de l'avenir de leur région, comme ils l'ont notamment montré à l'occasion de manifestations massives le 11 septembre, jour de la fête de la Diada, la fête «nationale» catalane.

Le plan de M. Puigdemont avait déraillé en juin quand son gouvernement de coalition avait perdu l'appui de la CUP, le plus radical des partis indépendantistes, et donc la majorité absolue au parlement régional.

Au cours de cette session parlementaire qui se prolongera jusqu'à jeudi, il pose donc la question de confiance, qui lui sera vraisemblablement accordée.

Le prédécesseur de M. Puidgemont, Artur Mas, avait déjà organisé en novembre 2014 une consultation semblable à un référendum à laquelle avaient essentiellement participé ses partisans, près de 2,3 millions de personnes. Près de 80 % s'étaient déclarées pour l'indépendance. Ce faux référendum lui vaut des poursuites pour «désobéissance».

Fièvre indépendantiste en crescendo 

Lors des élections régionales organisées en septembre 2015, les séparatistes avaient pour la première fois obtenu la majorité absolue au parlement régional, mais avec 47,8 % des voix seulement.

La fièvre indépendantiste est allée crescendo dans la région depuis 2010 lorsque le tribunal constitutionnel a annulé le très large statut d'autonomie dont elle jouissait depuis 2006. La crise économique a encore éloigné certains Catalans de Madrid, accusée de maltraiter la région financièrement.

Actuellement, sur les quatre grands partis espagnols, seule la formation de gauche radicale Podemos est favorable au référendum d'autodétermination souhaité par les Catalans.

Carles Puigdemont a assuré devant le parlement qu'il était prêt à négocier les conditions d'un référendum, pour éviter la voie unilatérale : la question à poser, la date, les critères de validation...

Mais les dirigeants catalans n'ont personne avec qui négocier : l'Espagne est sans nouveau gouvernement depuis neuf mois, faute d'accord entre les partis, et si la paralysie se poursuit, de nouvelles élections seront convoquées le 31 octobre, qui se tiendraient mi-décembre.

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