État d'urgence à Charlotte

Pour une deuxième soirée de suite, la ville... (AFP, Nicholas Kamm)

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Pour une deuxième soirée de suite, la ville de Charlotte a été le théâtre, mercredi, de manifestations qui ont tourné à la violence. Un manifestant a notamment été blessé grièvement lors d'un échange de coups de feu.

AFP, Nicholas Kamm

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Agence France-Presse
Charlotte

Le gouverneur de l'État américain de Caroline du Nord a décrété l'état d'urgence mercredi en raison des violences qui émaillent la deuxième nuit de manifestations à Charlotte, provoquées par la mort d'un homme noir tué par un policier.

Un manifestant a été blessé grièvement lors de violences «entre civils», au deuxième soir de protestations organisées après la mort, mardi soir, d'un Noir de 43 ans, Keith Lamont Scott.

Six agents de la police locale ont par ailleurs été blessés.

La police a lancé des grenades lacrymogènes vers les manifestants, qui projetaient pour leur part des éléments pyrotechniques.

Tout avait commencé en début de soirée quand un nouveau rassemblement pacifique, organisé contre les abus policiers, s'est rapidement tendu. Les quelques centaines de manifestants ont commencé par briser des vitres et lancer des projectiles contre les forces de l'ordre. Ces dernières ont alors utilisé du gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Le mécontentement s'est intensifié quand la police a refusé de diffuser une vidéo sur l'intervention ayant mené à la mort de Keith Lamont Scott.

Un livre ou une arme?

Les manifestants sont convaincus que Keith Lamont Scott a été victime mardi d'une bavure flagrante.

Selon la police, Scott a été abattu alors qu'il refusait de lâcher son arme de poing. Ses proches affirment au contraire qu'il n'avait qu'un livre en main. Sur les lieux du drame se sont rassemblés mercredi des responsables religieux, des militants associatifs et des voisins.

L'arme «est un mensonge», assurait à l'AFP Taheshia Williams, une résidente du quartier, dont la fille étudie dans la même école que l'un des enfants de Scott.

«Ils ont enlevé le livre et l'ont remplacé par une arme. Cet homme était assis ici tous les jours, à attendre que son fils descende de l'autobus», ajoutait-elle.

La mort de Keith Lamont Scott, dans un contexte de récents faits similaires dans d'autres villes américaines, a poussé des habitants à protester mardi. Mais la manifestation d'abord pacifique a dégénéré et 16 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon la police, ainsi qu'un nombre indéterminé de manifestants selon la presse locale.

Brentley Vinson, l'agent lui-même Noir qui a abattu la victime, a été suspendu en attendant les résultats d'une enquête administrative. Il faisait partie d'un groupe de policiers mandatés pour arrêter un suspect.

Keith Lamont Scott, qui n'était pas la personne recherchée, était dans une voiture sur un stationnement d'immeuble. Les agents lui ont ordonné à plusieurs reprises de lâcher son arme, selon la police.

«En dépit de ces sommations orales, il est sorti de son véhicule une arme à la main», a relaté le chef de la police.

La mairesse a appelé les habitants de la ville au calme et promis «une enquête complète».

Un manifestant se tient le poing levé devant... (AP) - image 2.0

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Un manifestant se tient le poing levé devant des policiers armés.

AP

Succession de bavures

Les tensions raciales ont été ravivées aux États-Unis depuis deux ans par une succession de bavures et violences policières, souvent envers des hommes noirs non armés.

Encore cette semaine, la justice a ouvert une enquête après qu'un Noir non armé a été abattu par une policière blanche en Oklahoma, sous l'oeil des caméras de police.

Sur les vidéos on peut distinctement voir un homme, Terence Crutcher, tenu en joue par les policiers, marcher jusqu'à son véhicule alors qu'il garde les mains en l'air.

M. Crutcher, qualifié de «sale type» par un policier à bord d'un hélicoptère, semble approcher ses mains de sa voiture. Il est alors abattu. Avec AP

Une autopatrouille est prise d'assaut par des manifestants... (Associated Press) - image 3.0

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Une autopatrouille est prise d'assaut par des manifestants mardi, à Charlotte, en Caroline du Nord.

Associated Press

Barack Obama a appelé mercredi les maires de Charlottte et de Tulsa. «Tant le président que les deux maires ont répété que les manifestations devaient être pacifiques et que les forces de police locales devaient trouver le moyen de les gérer de manière calme et productive», a rapporté un porte-parole de la Maison-Blanche.

«Nous avons deux noms supplémentaires à ajouter à la longue liste d'Afro-Américains tués par des policiers. C'est insupportable et cela doit devenir intolérable», a déclaré depuis la Floride la démocrate Hillary Clinton.

Ces violences sont «dramatiques», a commenté de son côté le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, sur le réseau Twitter promettant de «faire à nouveau de l'Amérique un pays sûr».

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