La crainte terroriste sur toutes les lèvres aux États-Unis

De nombreux curieux se sont massés à l'entrée... (AP, Dave Schwarz)

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De nombreux curieux se sont massés à l'entrée nord du centre commercial Crossroads Center, à St. Cloud, au Minnesota, où un Américain d'origine somalienne, Dahir Ada, a poignardé un passant. L'attaque a été revendiquée par le groupe État islamique.

AP, Dave Schwarz

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Catherine Triomphe
Agence France-Presse
New York

Les États-Unis ont subi samedi deux attaques à la bombe dans les États de New York et du New Jersey et une attaque à l'arme blanche dans le Minnesota, soulevant l'hypothèse d'attentats terroristes, même si les autorités restent très prudentes à ce stade.

Ces attaques ont fait au total 38 blessés, 29 dans une explosion survenue samedi soir dans le quartier huppé de Chelsea, au coeur de Manhattan, et neuf autres lors d'une attaque à l'arme blanche dans un centre commercial de la petite ville de St. Cloud, à une centaine de kilomètres de Minneapolis dans le Midwest américain.

La bombe a explosé à Manhattan vers 20h30, tandis que l'attaque dans le Minnesota s'est déroulée vers 20h.

Plus tôt samedi, dans le New Jersey, une bombe artisanale avait explosé dans la ville de Seaside Park, sur le parcours d'une course à pied à laquelle participaient des centaines de coureurs. Elle n'a pas fait de victime, sans doute parce que le départ de la course avait été retardé, selon un porte-parole du procureur local.

Enfin, la police a confirmé qu'un deuxième engin explosif avait été découvert samedi soir à quelques encablures du lieu de l'explosion à Manhattan, sans avoir explosé.

De toutes ces attaques, une seule a été revendiquée, celle du Minnesota, par l'organisation extrémiste État Islamique.

L'attaque a été menée «en réponse aux appels de l'État islamique à prendre pour cibles les ressortissants des pays appartenant à la coalition des croisés», a précisé l'Amaq, organe de propagande de l'EI, ajoutant que l'attaque avait été menée par un des «soldats» de l'organisation.

Selon le journal local St. Cloud Times, l'agresseur, qui a été abattu par un policier qui n'était pas en service, était un Américain de 22 ans d'origine somalienne. Il s'appelait Dahir Ada, et était étudiant à l'université locale.

À New York, en revanche, le chef de la police James O'Neill a indiqué que l'explosion de Chelsea n'avait été revendiquée à ce stade «par aucun individu ni organisation».

Les autorités prudentes

Pas de revendication non plus dans le New Jersey.

Les autorités se montraient par ailleurs très prudentes, évitant pour la plupart de parler d'acte terroriste.

«Nous enquêtons sur ces événements comme un potentiel acte de terrorisme. Je dis bien potentiel. Il y a encore beaucoup de choses qu'on ne sait pas pour le moment», a dit dimanche l'agent du FBI responsable de l'enquête dans le Minnesota, Rick Thornton.

À New York, seul le gouverneur Andrew Cuomo a estimé qu'à partir du moment où il y avait une bombe, il y avait «clairement acte de terrorisme», même s'il a souligné qu'il n'y avait à ce stade «aucun lien avec le terrorisme international» et que l'enquête n'en était «qu'à ses débuts».

Le maire démocrate Bill de Blasio, dont la ville accueille à partir de lundi des chefs d'État et de gouvernement du monde entier pour l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, a lui refusé d'aller si loin.

«On sait qu'il y a eu une bombe, ça, c'est clair. Mais il va falloir travailler encore beaucoup pour savoir quelle motivation était derrière», a déclaré le maire.

Tous ont tenu à souligner que le dispositif de sécurité avait été renforcé, avec quelque 1000 agents supplémentaires déployés dans la première mégalopole américaine.

Le gouverneur a cependant souligné que cette mesure était prise par «précaution» : «Nous n'avons aucune raison de penser qu'il y a d'autres menaces immédiates», a-t-il souligné.

Plusieurs agressions en territoire américain

Comme d'autres pays en Europe, les États-Unis ont connu récemment plusieurs attaques perpétrées par des musulmans radicalisés, à Orlando en juin et San Bernardino en décembre dernier.

En même temps que l'hypothèse terroriste se pose la question de possibles liens entre les différents incidents. M. Cuomo a ainsi souligné que ses services collaboraient avec ceux du New Jersey voisin, même si rien n'indiquait jusqu'ici que les deux explosions soient liées. Aucun lien non plus entre les attaques du Minnesota et de New York.

Tous ces incidents risquent aussi de peser sur la suite de la campagne pour la présidentielle américaine du 8 novembre prochain, qui s'annonce plus serrée que prévu entre la démocrate Hillary Clinton et le candidat républicain Donald Trump.

Ce dernier avait déclaré avant la police, dès samedi soir, qu'une bombe avait explosé à Chelsea : «Il va falloir qu'on soit sévère, les amis, très, très sévère.»

Mme Clinton, plus prudente au départ dans la nuit de samedi quand elle estimait qu'il fallait attendre d'en savoir plus, a condamné dimanche «les attaques apparemment terroristes du Minnesota, du New Jersey et de New York». Elle en a profité pour rappeler qu'elle avait préparé un plan complet pour «vaincre l'EI et les autres groupes terroristes».

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