Ötzi, «l'homme des glaces», 25 ans de scoops scientifiques

Le corps momifié d'Ötzi, «l'homme des glaces», est... (AFP, Andrea Solero)

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Le corps momifié d'Ötzi, «l'homme des glaces», est une mine inépuisable de renseignements pour les chercheurs, qui n'ont pas encore percé tous ses secrets.

AFP, Andrea Solero

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Simon Sturdee
Agence France-Presse
Bolzano, Italie

Vingt-cinq ans après sa découverte par un couple de randonneurs dans les Alpes italiennes, le corps momifié d'Ötzi, «l'homme des glaces», reste une mine inépuisable de renseignements pour les chercheurs, qui n'ont pas encore percé tous ses secrets.

Quand il est découvert à 3210 mètres d'altitude par les randonneurs allemands Helmut et Erika Simon, le 19 septembre 1991, le corps est si remarquablement conservé que la police ouvre une enquête pour «recherche des causes de la mort».

Il s'avère rapidement que le décès ne remonte pas à la veille, ni à l'avant-veille : la momie, rejetée par le glacier de Val Senales, en plein recul du fait du réchauffement climatique, est vieille de plus de 5000 ans. Et constitue une découverte sensationnelle, à l'origine d'une foule de questions encore sans réponses aujourd'hui, sur lesquelles plancheront à partir de lundi des scientifiques réunis à Bolzano, en Italie.

Ötzi, baptisé ainsi en hommage à la vallée de l'Ötz, près de la frontière autrichienne, où il a été exhumé, a bénéficié d'un processus de momification naturelle rarissime : littéralement congelées, les cellules ont conservé leur humidité.

«Cet homme des glaces représente sans aucun doute une des momies les plus remarquables de l'histoire de l'humanité», rappelle Angelika Fleckinger, directrice du musée de Bolzano, en Italie, où la dépouille soigneusement conservée d'Ötzi a attiré pas moins de 260 000 visiteurs l'an dernier.

«Elle a ouvert une porte unique sur l'époque préhistorique et nous offre une quantité incroyable d'informations», souligne la responsable.

Touché dans le dos 

L'enquête sur ce revenant préhistorique ne cesse de progresser à mesure que les outils scientifiques s'affinent.

En 2001, la cause de sa mort est établie de façon formelle : Ötzi, décédé entre l'an 3350 et l'an 3100 avant notre ère, a succombé à une hémorragie après avoir été touché de dos par une flèche à l'épaule gauche.

Les chercheurs ont depuis découvert qu'il avait mangé du bouquetin peu avant sa mort et que celle-ci était survenue au printemps, selon des pollens qu'il avait également ingurgités.

Le séquençage complet de son génome a permis en 2012 de déterminer qu'il avait les yeux marrons, les cheveux noirs, et qu'il descendait de populations dont des souches sont présentes en Sardaigne et en Corse.

On sait aussi qu'il avait environ 46 ans au moment de sa mort, un âge respectable pour l'époque, qu'il mesurait 1,60 mètre pour environ 50 kg. Et qu'il aurait chaussé du 38 de nos jours.

Les scientifiques ont également découvert qu'il souffrait d'une allergie aux produits laitiers et était prédisposé aux maladies cardio-vasculaires, une affection jusqu'alors considérée comme liée au mode de vie moderne.

L'analyse de bactéries trouvées dans son estomac a en outre semblé confirmer qu'une grande vague migratoire du Proche-Orient vers l'Europe était survenue plus récemment qu'estimé auparavant.

La découverte dans ses intestins de la bactérie H. pylori, aujourd'hui très répandue et impliquée dans le développement d'ulcères et de cancers, passionne particulièrement les chercheurs, souligne l'anthropologue Albert Zink, directeur d'un institut consacré à l'étude de la momie à Bolzano.

«Peut-être s'agissait-il d'une bactérie jadis bénéfique, qui facilitait la digestion de la viande crue, et qui est devenue pathogène par la suite», confie-t-il à l'AFP.

61 tatouages 

Le mystère reste cependant entier quant à l'identité réelle d'Ötzi.

Des études ont tout récemment révélé que sa garde-robe, soigneusement travaillée, comprenait des cuirs de cinq races animales différentes, dont de l'ours, du chevreuil et du mouton.

Ötzi a également été retrouvé porteur d'un équipement complet comprenant notamment une hache en cuivre - sans doute l'un des objets les plus convoités de son temps -, un poignard à lame de pierre, un carquois, une pierre à aiguiser, de l'amadou pour allumer le feu et un nécessaire médical.

Mais qui était-il? Un chamane, avec ses 61 tatouages correspondant aux points d'acupuncture? Un banni? Pourquoi évoluait-il à une telle altitude? Pourquoi a-t-il été tué et pourquoi son corps n'a-t-il pas été dévalisé?

Autant de questions au menu des scientifiques réunis à Bolzano.

Et certains d'entre eux sont prêts à le parier : réchauffement climatique oblige, les glaciers alpins pourraient livrer prochainement d'autres «Ötzi».

«La fonte des glaciers nous fait espérer, voire croire, qu'il y aura d'autres découvertes», souligne M. Zink.

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