Une frappe américaine touche des soldats syriens par erreur

Au moins 60 soldats syriens seraient morts dans... (Archives AFP)

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Au moins 60 soldats syriens seraient morts dans la frappe.

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Sarah El Deeb
Associated Press
BEYROUTH

La coalition internationale antijihadistes menée par les États-Unis a admis samedi avoir bombardé ce qu'elle pensait être une position du groupe État islamique (EI) en Syrie, tuant au moins 60 soldats syriens et provoquant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce bombardement meurtrier est intervenu au cinquième jour d'une fragile trêve issue d'un accord entre les États-Unis et la Russie. Dans la foulée, Moscou a accusé samedi soir l'«opposition modérée» syrienne, soutenue par les États-Unis, d'avoir «fait échouer» ce cessez-le-feu.

Le commandement central de l'armée américaine a indiqué que la frappe avait été immédiatement suspendue «lorsque des responsables de la coalition ont été informés par des responsables russes qu'il était possible que le personnel et les véhicules visés fassent partie de l'armée syrienne».

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est réuni d'urgence pour discuter de cette frappe en Syrie, samedi soir, à la demande de la Russie. Moscou a réclamé «des explications entières et détaillées» pour déterminer si la frappe représente «un soutien délibéré à l'État islamique ou une nouvelle bourde». «Après l'attaque d'aujourd'hui contre l'armée syrienne, [la Russie] en venait à la terrible conclusion que la Maison-Blanche défend l'État islamique», a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, citée par l'agence TASS.

Regrets

L'ambassadrice américaine aux Nations Unies a exprimé les regrets des États-Unis pour les vies perdues dans la frappe en Syrie, mais a qualifié de «manoeuvre» politique l'appel par la Russie pour une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Samantha Power a ajouté que les États-Unis faisaient enquête, lors des propos tenus à l'extérieur de la salle du Conseil de sécurité, samedi soir, alors que l'ambassadeur russe Vitaly Churkin condamnait la frappe américaine dans le cadre de la réunion à portes closes.

Mme Power a affirmé aux médias que la «manoeuvre» était particulièrement «cynique et hypocrite», même «selon les standards de la Russie». Elle a souligné que la Russie n'avait jamais réclamé de réunion d'urgence pour condamner le régime du président syrien Bachar Al-Assad «pour certaines des pires atrocités que nous ayons vues en une génération» - prendre des civils pour cible, bloquer l'aide humanitaire pour des populations affamées, utiliser des armes chimiques et torturer des dizaines de milliers de prisonniers.

Selon l'armée syrienne, la frappe a touché une base dans la ville de Deir ez-Zor encerclée par des combattants djihadistes, leur permettant de gagner du terrain. Un dirigeant du ministère russe de la Défense, citant une information transmise par la Syrie, a déclaré que 62 soldats syriens avaient été tués dans la frappe et qu'une centaine d'autres avaient été blessés.

Depuis un an, la Russie participe à une campagne aérienne aux côtés des troupes du régime Assad et collabore étroitement avec ce dernier pour coordonner ses interventions.

Trêve compromise

Cette frappe pourrait mettre en péril le cessez-le-feu fragile en Syrie négocié par les États-Unis et la Russie, qui tient depuis cinq jours malgré des dizaines de violations alléguées des deux côtés. La trêve, qui ne s'applique pas aux frappes visant l'État islamique, a déjà fait l'objet de disputes entre Washington et Moscou, qui s'accusent de ne pas la respecter entièrement.

«Les forces de la coalition ne frapperaient pas intentionnellement une unité militaire syrienne», a affirmé l'armée américaine dans un communiqué.

L'armée syrienne a déclaré que la frappe avait permis aux djihadistes de progresser sur une colline qui surplombe la base aérienne. Elle a qualifié la frappe d'«attaque grave et flagrante contre la Syrie et son armée», estimant que c'était «une preuve que les États-Unis appuient Daech et d'autres groupes terroristes».

Le régime Assad estime que tous ceux qui se battent contre lui sont des terroristes et accuse depuis longtemps les États-Unis et d'autres pays de soutenir les extrémistes.  Avec AFP

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