G.-B.: une femme à la tête du parti anti-immigrants

Le chef sortant de l'UKIP, Nigel Farage embrasse la... (AFP, Daniel Leal-Olivas)

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Le chef sortant de l'UKIP, Nigel Farage embrasse la nouvelle dirigeante Diane James, qui semble avoir une certaine réticence...

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Agence France-Presse
Londres

Diane James est devenue vendredi la première femme à prendre la tête du parti anti-immigration United Kingdom Independence Party (UKIP), succédant à Nigel Farage, un des principaux artisans du vote des Britanniques en faveur du Brexit.

Cette députée de 56 ans, quasiment inconnue du grand public, a été choisie par les militants de l'UKIP pour prendre les rênes d'un parti dont l'avenir est incertain après le retrait de son chef charismatique.

D'emblée, elle a placé la mise en oeuvre du Brexit au coeur des enjeux à venir.

Ambitieuse et motivée

La nouvelle chef de l'UKIP n'a pas la gouaille de son prédécesseur Nigel Farage mais en partage les idées fixes, notamment sur la nécessité de mettre fin à l'immigration européenne.

Députée européenne, porte-parole de ce parti pour les questions de politique intérieure avant de devenir vendredi la première femme à le diriger, elle a bien failli, en 2013, être la première députée UKIP au Parlement britannique, ayant été devancée de peu par le libéral-démocrate à une élection anticipée.

Celle qui a travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la santé s'est engagée à faire de sa formation politique fondée en 1993 le «parti officiel de l'opposition» à la place du Labour après les prochaines législatives de 2020.

Auparavant, elle va devoir unir son parti empêtré dans les dissensions après le départ de son charismatique prédécesseur Nigel Farage qui a démissionné début juillet, estimant avoir «accompli sa mission» de faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.

«Je ne suis pas Nigel Farage ni un de ses clones, mais je ferai tout pour transformer son succès politique», a-t-elle déclaré vendredi.

Peu connue du grand public, Diane James n'a pas manqué d'alimenter les polémiques notamment concernant le thème favori du parti: l'immigration. Elle a ainsi dû présenter ses excuses après avoir mis en garde contre «la délinquance associée aux Roumains» pendant sa campagne électorale de 2013 et a suscité la stupéfaction lorsqu'elle a encensé le président russe Vladimir Poutine.

«Je l'admire pour sa manière de défendre son pays», a-t-elle dit dans une entrevue en avril 2015. «Il est très nationaliste. Je l'admire vraiment. C'est un leader fort.»

À Bruxelles, elle est membre de la commission des affaires constitutionnelles et membre suppléant de plusieurs commissions en particulier sur les affaires économiques, la santé, les libertés civiles, les relations avec la Chine et celles avec les pays d'Asie du Sud.

Diane James est née à Bedford, dans le centre de l'Angleterre, le 20 novembre 1959 d'un père ingénieur et d'une mère au foyer.

Elle a été éduquée dans une grammar school, ces écoles publiques qui sélectionnent à l'entrée les meilleurs élèves et que la Première ministre conservatrice Theresa May veut de nouveau développer. Une idée combattue par le Labour et une partie des Conservateurs mais que l'UKIP défend de longue date.

Elle a ensuite étudié le commerce, le tourisme et les langues à l'université Thames Valley et parle couramment français et allemand.

Ses compétences linguistiques l'ont aidée à décrocher un emploi pour une compagnie pharmaceutique allemande avant de rejoindre le secteur de la santé dans les années 80.

Elle a ensuite monté son propre cabinet de conseil pour aider les entreprises à commercialiser leurs produits dans les systèmes de santé internationaux.

Pendant longtemps, elle a soutenu le Parti conservateur avant de se dire «complètement désillusionnée» dans les années 2000.

Ultime discours

En fin de matinée, Nigel Farage, cofondateur de la formation en 1993, a fait son ultime discours en tant que chef sous les vivats d'une assemblée où les cheveux gris dominaient.

«Nous l'avons fait! Nous avons fait tomber un premier ministre, nous nous sommes débarrassés du ministre des Finances [...] et d'un commissaire européen. Nous avons gagné la guerre et nous devons maintenant gagner la paix», a-t-il dit devant une foule conquise qui agitait des petits drapeaux britanniques.

Il a appelé à ce que le parti soit «fort et en pleine santé» pour faire pression sur les conservateurs afin qu'ils mettent en oeuvre «un Brexit dur», sans accès au marché unique, et pour récupérer les électeurs du Parti travailliste en déroute. 

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