La Maison-Blanche veut que Snowden soit jugé

Edward Snowden a répété mercredi lors d'une vidéoconférence... (AP, Mary Altaffer)

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Edward Snowden a répété mercredi lors d'une vidéoconférence qu'il regrettait de ne pouvoir bénéficier aux États-Unis d'un procès juste et équitable.

AP, Mary Altaffer

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Agence France-Presse
Washington

Plusieurs associations de défense des libertés ont lancé mercredi une vaste campagne pour pousser le président Barack Obama à accorder sa grâce à Edward Snowden, mais la Maison-Blanche a réaffirmé sa position : il doit rentrer aux États-Unis pour être jugé.

«Son attitude a mis des vies américaines en danger. Il devrait rentrer aux États-Unis pour répondre des très graves poursuites dont il fait l'objet», a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, réaffirmant la position de l'administration Obama depuis le début de l'affaire.

Interrogé il y a quelques jours sur une éventuelle grâce présidentielle, M. Earnest avait souligné qu'Edward Snowden, actuellement réfugié en Russie, n'avait pas été condamné et que la question ne se posait donc pas à ce stade.

Principal élément de cette campagne lancée dans les derniers mois de l'administration Obama : une pétition en ligne sur pardonsnowden.org, déjà paraphée par de grands avocats et des personnalités comme l'écrivain Joyce Carol Oates, l'acteur Martin Sheen ou encore le chanteur Peter Gabriel.

L'ancien candidat à l'investiture démocrate pour la Maison-Blanche, Bernie Sanders, a lui aussi réclamé dans un tweet mercredi soir une «forme de clémence» pour Snowden.

Les organisateurs comptent sur le fait que «le président réfléchit à sa marque dans l'histoire» et peut «prendre des décisions difficiles».

Ancien consultant de la très secrète agence de renseignements NSA, qui dévoila à des journalistes en 2013 l'ampleur du réseau de surveillance électronique américain mis en place après les attentats du 11 septembre 2001, Edward Snowden risque 30 ans de prison aux États-Unis pour espionnage.

«M. Snowden n'est pas un lanceur d'alerte», a martelé le porte-parole de la Maison-Blanche, assurant qu'il existait un processus spécifique qui permet aux lanceurs d'alerte «d'exprimer leurs inquiétudes» tout en protégeant «les secrets de sécurité nationale des États-Unis».

«Il s'est battu pour notre liberté»

En juillet, la Maison-Blanche avait opposé une fin de non recevoir à une première pétition rassemblant plus de 160 000 signatures.

Mais Anthony Romero, directeur exécutif de l'ACLU, puissante association américaine de défense des libertés, s'est dit mercredi convaincu que cette position pouvait «changer avec la réaction du public» et une signature massive de la pétition.

L'ACLU s'est d'ailleurs offert une pleine page de publicité dans le Washington Post mercredi pour appeler au pardon d'Edward Snowden, avec notamment un grand portrait du jeune homme qui tient contre son visage ce qui semble être un drapeau américain.

«Edward Snowden s'est battu pour notre liberté. Il est temps qu'il puisse bénéficier de la sienne», peut-on lire.

Les arguments des défenseurs de Snowden sont les suivants : même s'il reconnaît avoir enfreint la loi en diffusant des secrets d'État, ses révélations ont été bénéfiques, entraînant l'amendement de lois anticonstitutionnelles et une meilleure protection de la vie privée des utilisateurs d'internet dans de nombreux pays.

Le lancement de cette campagne coïncide avec la sortie sur les écrans du film Snowden d'Oliver Stone. Le réalisateur américain plaide aussi pour son pardon.

Edward Snowden, 33 ans, a répété mercredi lors d'une vidéoconférence qu'il regrettait de ne pouvoir bénéficier aux États-Unis d'un procès juste et équitable.

La loi sur l'espionnage (Espionage Act) «ne permet pas la défense d'un lanceur d'alerte», a-t-il déploré. «Elle ne fait pas de distinction entre ceux qui donnent des informations gratuitement à des journalistes et des espions qui les vendent à des gouvernements étrangers».

«Il y a des lois qui disent certaines choses mais c'est peut-être la raison pour laquelle il existe le pardon, pour les exceptions, pour les choses qui semblent illégales à la lecture mais qui, si on les regarde d'un point de vue moral, éthique [...] apparaissent comme nécessaires, vitales», avait-il aussi plaidé dans une vidéo diffusée mardi par le quotidien britannique The Guardian.

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