David Cameron quitte l'arène politique

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David Cameron avait démissionné de ses fonctions de premier ministre en juin dernier.

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Jacques Klopp
Agence France-Presse
Londres

Déjà balayé de son poste de premier ministre par le référendum qui a décidé du Brexit, le conservateur britannique David Cameron a annoncé lundi qu'il abandonnait également son siège de député.

«À mes yeux, dans le monde politique d'aujourd'hui et vu les circonstances de ma démission, il n'est pas vraiment possible d'être un député efficace lorsqu'on a été premier ministre», a déclaré M. Cameron, 49 ans, dans un communiqué.

«Je vais désormais construire ma vie en dehors de Westminster», le microcosme politique britannique. «Je n'ai que 49 ans et j'espère que je pourrai continuer à contribuer à l'intérêt général et à servir mon pays», a-t-il ajouté dans un entretien avec la chaîne de télévision ITV.

Confortablement réélu l'année dernière, David Cameron avait démissionné de la tête du gouvernement le 24 juin au lendemain du choc de la victoire des partisans d'une sortie de l'Union européenne à un référendum historique.

Il avait organisé ce référendum pour mettre fin aux querelles sur l'Europe au sein de son parti conservateur, mais l'exercice a viré au fiasco.

Malgré les critiques et l'affront personnel que cela avait constitué pour lui, qui avait appelé à voter pour un maintien dans l'UE, il s'était ensuite dit «très enthousiaste» à l'idée de rester député dans l'Oxfordshire.

Il avait même fait part de son intention de briguer un nouveau mandat en 2020.

Soutien à May

Moins de trois mois plus tard, il est «arrivé à la conclusion que la bonne décision était d'abandonner mon mandat de député de Witney», la circonscription du centre de l'Angleterre dont il était l'élu depuis 2001.

«Je ne veux pas détourner l'attention des actions que le gouvernement doit entreprendre pour notre pays», a dit celui qui a été le chef du gouvernement de 2010 à 2016.

Dans une allusion au Brexit, il a déclaré : «Le pays a fait un choix qui n'était pas celui que j'ai conseillé. Mais le choix a été fait et je souhaite que le gouvernement l'applique avec succès.»

David Cameron a offert son «plein soutien à Theresa May», qui lui a succédé en juillet au 10, Downing Street. Il a assuré que sa démission n'avait «rien à voir» avec la réforme des écoles publiques engagée par Mme May et à laquelle il était opposé.

«J'ai été fière de servir dans le gouvernement de David Cameron. Sous sa direction, nous avons accompli de grandes choses», a répondu Theresa May, ancienne ministre de l'Intérieur, dans un communiqué.

Un héritage toxique

Interrogé sur l'héritage qu'il pensait laisser, David Cameron s'est dit «persuadé» qu'on se rappellerait de lui comme de quelqu'un qui a «tenu sa promesse d'organiser ce référendum, alors que beaucoup pensaient que cela ne serait pas le cas».

Dave Prentis, secrétaire général du syndicat Unison, a, quant à lui, évoqué «un héritage toxique». «On se rappellera de lui comme d'un premier ministre qui a décidé de coupes massives dans les services publics et qui a mené notre pays hors de l'Europe», a-t-il assuré.

«Pour l'Histoire, il restera l'homme qui a provoqué par accident le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. Cela jettera une ombre sur tout ce qu'il a pu accomplir en tant que premier ministre», a estimé pour sa part l'ancien ministre conservateur Ken Clarke.

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