Terrorisme: quand les femmes passent aux actes

C'est sous présence policière que les touristes pouvaient... (AP, Christophe Ena)

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C'est sous présence policière que les touristes pouvaient visiter la cathédrale Notre-Dame de Paris.

AP, Christophe Ena

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Agence France-Presse
Paris

Longtemps cantonnées dans les réseaux djihadistes aux rôles de soutien, les femmes jouent de plus en plus des rôles actifs, au point d'avoir tenté de faire sauter une voiture au coeur de Paris.

Lors d'une conférence de presse vendredi, le procureur de Paris François Molins n'a pas hésité à évoquer «un commando terroriste composé de jeunes femmes totalement réceptives à l'idéologie mortifère de Daech [acronyme arabe de l'État islamique]» pour commenter l'arrestation jeudi, en région parisienne, de trois jeunes femmes.

Se voyant repérées par les services spécialisés, deux d'entre elles n'ont pas hésité à foncer sur les policiers en civil avec des couteaux de cuisine, tentant de frapper pour tuer, blessant l'un d'eux à l'épaule. Les empreintes et les traces d'ADN d'une djihadiste présumée ont été trouvées à bord d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz découverte la fin de semaine dernière dans le coeur de Paris.

De plus, les autorités disent avoir retrouvé une lettre prouvant qu'une de ces femmes, Inès Madani, 19 ans, avait prêté allégeance à l'État islamique (EI). Blessée pendant l'opération ayant mené à son arrestation, elle serait présentement hospitalisée.

Inès Madani a poignardé un policier et a été blessée par balle à une jambe, jeudi soir, devant un petit immeuble de logements près de la gare de Boussy-Saint-Antoine, dans le sud de la capitale française, a indiqué la police.

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a décrit l'intervention comme une «course contre la montre», les autorités souhaitant capturer Mme Madani et ses deux complices avant qu'elles ne passent à l'action.

Une autre de ces femmes a déjà été en communication avec le terroriste qui a tué deux membres de la police française plus tôt cette année avant d'être abattu par les forces de l'ordre, ont précisé deux représentants des services de sécurité sous le couvert de l'anonymat.

«Le passage à l'acte par des jeunes femmes téléguidées par des individus se trouvant en Syrie dans les rangs de l'organisation terroriste Daech démontre que cette organisation entend faire des femmes des combattantes», a quant à lui assuré François Molins. «Si les femmes ont pu d'abord sembler être confinées à des tâches familiales et domestiques par l'organisation terroriste Daech, force est de constater que cette vision est aujourd'hui largement dépassée».

Des femmes dans des rôles combattants, ou montant des agressions djihadistes, c'est une première en France, mais pas dans les «terres de djihad» comme la Syrie ou l'Irak. La jeune Belge Muriel Degauque, convertie à l'islamisme radical, s'est fait exploser en novembre 2005 au passage d'un convoi de l'armée américaine à Bakouba, en Irak, tuant cinq policiers irakiens qui les escortaient. C'était la première fois qu'une jeune occidentale convertie acceptait d'endosser le rôle de kamikaze.

Et en novembre 2010, la jeune Britannique Roshonara Choudhry, 21 ans, a poignardé au ventre le député londonien Stephen Timms, à qui elle reprochait d'avoir voté en faveur de l'engagement de Londres dans la guerre en Irak.

Évolution inquiétante

«Les cas de ce genre ne sont pas encore très nombreux, mais l'EI tente désormais d'exploiter toutes les options possibles», a expliqué à l'AFP l'expert Magnus Randstorp, directeur du centre de recherche sur les menaces asymétriques au sein du Collège national de défense suédois.

«Les femmes ne doivent plus être considérées comme des spectatrices: elles sont très motivées et en plus des rôles de support, de logistique, de soutien, elles deviennent opérationnelles, ajoute-t-il. C'est une évolution inquiétante pour les forces de l'ordre, qui voient leurs listes de suspects à surveiller s'allonger.»

«D'autant, poursuit-il, que cela peut provoquer des imitations, pousser d'autres femmes à passer à l'action.»

Le président de la France, François Hollande, a déclaré vendredi qu'un groupe avait été annihilé, mais qu'il y en avait d'autres et que l'information fournie par le service de renseignement du pays avait permis aux autorités d'agir avant qu'il ne soit trop tard.

Cinq femmes et deux hommes ont été appréhendés relativement à cette affaire.

La sécurité à Paris et ses alentours avait été visiblement renforcée, vendredi, alors que l'enquête se poursuivait.

Une unité de neutralisation d'explosifs, des chiens renifleurs et un scanneur ont été déployés après qu'une bonbonne de gaz dotée d'une minuterie, mais pas d'un détonateur, eut été découverte à l'extérieur d'un poste de police vendredi matin à La Plaine Saint-Denis, juste au nord de Paris.  Avec AP

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