La Corée du Nord inquiète l'ONU

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Pendant que la Corée du Nord effectuait un cinquième essai nucléaire, des femmes dansaient sur la place principale de Pyongyang, jeudi, pour célébrer le 68e anniversaire de la fondation de l'État nord-coréen.

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André VIOLLAZ
Agence France-Presse
NEW YORK

Les grandes puissances mondiales ont condamné vendredi le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord, Washington appelant à l'adoption de nouvelles sanctions internationales avant la réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, la Russie et la Chine, alliée de Pyongyang, ont tous condamné ce cinquième essai nucléaire de la Corée du Nord, le plus puissant jamais mené par le pays selon Séoul.

Les 15 pays membres du Conseil de sécurité se sont réunis en fin d'après-midi vendredi pour des consultations en urgence demandées par Washington et Tokyo.

Qualifiant l'essai de «provocation», le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté le Conseil «à agir de manière appropriée» après cette «nouvelle violation impudente des résolutions» de l'ONU, qui interdisent déjà à Pyongyang toute activité nucléaire ou balistique sous peine de sanctions.

Dénonçant une menace sur la paix internationale, le président américain Barack Obama a indiqué qu'il allait travailler avec le Conseil de sécurité et la communauté internationale pour faire appliquer avec force les résolutions déjà adoptées et prendre des mesures significatives supplémentaires, notamment de nouvelles sanctions.

«Inconscience maniaque»

Le ministre américain de la Défense, Ashton Carter, a appelé à «redoubler la pression» sur Pyongyang, pointant vers Pékin.

«La Chine partage une responsabilité importante dans ce développement et a une responsabilité importante pour le renverser», a-t-il dit lors d'une visite à Oslo, en Norvège.

La Chine avait plus tôt vendredi fait part de sa ferme opposition à l'essai nucléaire.

«Notre patience, comme celle de la communauté internationale, a atteint ses limites», a déclaré la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, estimant que l'essai témoignait de «l'inconscience maniaque» du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.

Le Japon a condamné un acte «absolument inacceptable», la Russie a exprimé son «extrême préoccupation» et l'Agence internationale de l'énergie atomique a parlé d'une opération «très préoccupante et regrettable».

La Corée du Nord a affirmé vendredi avoir réussi à tester une tête nucléaire susceptible d'équiper un missile. D'après les médias officiels nord-coréens, ce dernier test a permis à Pyongyang d'atteindre une capacité de miniaturiser une ogive nucléaire afin de pouvoir la monter sur un missile.

Ce test a confirmé la structure et les caractéristiques spécifiques d'une tête nucléaire qui a été standardisée de façon à pouvoir être montée sur des missiles balistiques stratégiques, selon l'agence KCNA.

Secousse sismique

Les premiers soupçons sur un nouvel essai ont été émis par des sismologues qui ont détecté un séisme de magnitude 5,3 vers 20h30 jeudi (heure du Québec) près du principal site d'essais nucléaires, dans le nord-est du pays.

«Cette explosion de 10 kilotonnes, c'était presque deux fois plus que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d'Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ», a expliqué Kim Nam-Wook de l'agence météorologique sud-coréenne.

Cet essai sera scruté de près par les experts qui chercheront à déterminer s'il a permis au Nord de réaliser de nouveaux progrès, et s'il s'agit d'une bombe atomique ou d'une bombe à hydrogène, bien plus puissante.

Les analystes penchent, d'après les données préliminaires, pour l'hypothèse d'un engin classique.

Pyongyang avait affirmé que son quatrième essai nucléaire, le 6 janvier, avait porté sur une bombe à hydrogène. Cette revendication avait été mise en doute par les spécialistes.

Si Pyongyang arrivait à fabriquer une bombe nucléaire suffisamment petite pour équiper un missile, et renforcer la précision, la portée et la capacité de ses vecteurs, elle se rapprocherait de son objectif maintes fois affiché : être capable d'atteindre des cibles américaines.

L'évaluation va être difficile, souligne cependant Melissa Hanham, experte à l'Institut Middlebury des études internationales. «Ce n'est pas vraiment possible pour nous de vérifier qu'il s'agissait d'une tête compacte à partir des données sismiques», dit-elle à l'AFP.

Depuis son premier essai nucléaire de 2006, Pyongyang a essuyé cinq séries de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Lundi, le Nord avait lancé trois missiles balistiques alors que se tenait en Chine un sommet du G20.

Mais les marges de manoeuvre sont limitées. La Chine cherche à éviter un effondrement du régime nord-coréen qui créerait une crise à sa frontière et ferait pencher la balance du côté américain. 

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