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Bonbonnes de gaz à Paris: la principale suspecte avait prêté allégeance à l'EI

À l'intérieur de la voiture, les enquêteurs antiterroristes ont... (AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT)

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À l'intérieur de la voiture, les enquêteurs antiterroristes ont retrouvé cinq bonbonnes de gaz et trois bouteilles de diesel, mais sans système de mise à feu.

AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT

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Pauline TALAGRAND, Diane FALCONER
Agence France-Presse
Paris, France

La principale suspecte interpellée dans l'enquête sur la découverte à Paris d'une voiture remplie de bonbonnes de gaz et qui, selon les autorités françaises, préparait un attentat imminent, avait prêté allégeance au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

La jeune femme, Inès Madani, 19 ans, interpellée jeudi soir dans des conditions mouvementées avec deux complices présumées, est la fille du propriétaire de la voiture trouvée ce week-end au coeur du Paris touristique, près de la cathédrale Notre-Dame.

Elle a été blessée par balle lors de l'intervention au cours de laquelle l'une des femmes a poignardé l'un des policiers venus les interpeller à Boussy-Saint-Antoine, à 25 km au sud-est de Paris.

Interrogé sur place dans la soirée par une journaliste de l'AFP, un riverain, Joachim Fortes Sanchez, 21 ans, dit avoir vu les trois femmes avant leur interpellation.

Elles «avaient l'air stressées, elles regardaient partout autour d'elles», raconte-t-il. Au moment de l'arrestation, «une jeune femme a sorti un couteau et a frappé un policier au niveau du ventre. Ça s'est passé très rapidement».

Les policiers ont perquisitionné dans la foulée l'appartement de Boussy-Saint-Antoine d'où sortaient les trois femmes.

Inès Madani, qui était connue des services de police pour des velléités de départ en Syrie, avait prêté allégeance à l'EI, selon une source proche de l'enquête.

Les policiers ont retrouvé sur elle une lettre en ce sens, selon la radio RTL qui précise que les trois femmes voulaient venger la mort du porte-parole et numéro deux de l'EI, Abou Mohammed al-Adnani, surnommé «le ministre des attentats».

La mort de ce stratège de l'EI, âgé de 39 ans, a été annoncé fin août par le groupe jihadiste. Washington et Moscou se disputent la responsabilité de la frappe qui l'a visé dans le nord de la Syrie.

«Course contre la montre»

Agées de 39, 23 et 19 ans, les trois femmes «radicalisées, fanatisées», «préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes», a déclaré jeudi soir à la presse le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

M. Cazeneuve a salué «l'action exemplaire» des services d'enquête et de renseignements dans ce qu'il a qualifié de «véritable course contre la montre».

Un message d'alerte sur un risque d'attentat dans les gares parisiennes et en banlieue avait été envoyé dans la journée aux policiers, a souligné une source policière, qui estime que le réseau, activé de l'étranger, préparait un attentat ce jeudi.

Les enquêteurs cherchent à savoir si les trois jeunes femmes ont bénéficié de complicités et à déterminer si leur projet a été inspiré ou téléguidé par un de leurs contacts qui pourrait se trouver en Syrie.

Les policiers sont désormais persuadés que la voiture découverte dans la nuit de samedi à dimanche, chargée de cinq bonbonnes de gaz et de trois bouteilles de gasoil, feux de détresse allumés et sans plaque d'immatriculation, devait servir à un attentat, manqué pour une raison encore indéterminée.

Quatre personnes avaient auparavant été arrêtées dans le centre et le sud de la France. «Il s'agit de deux frères et de leurs compagnes», a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le propriétaire de la voiture, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, avait été relâché mardi soir à l'issue de sa garde à vue.

Cible de choix

La France, visée par de multiples attentats jihadistes depuis janvier 2015 (238 morts) est une cible de choix pour le groupe Etat islamique, qui accumule depuis plusieurs semaines les revers militaires sur le terrain.

Plusieurs centaines de Français ont rejoint ou ont cherché à rejoindre l'organisation jihadiste et Paris est régulièrement menacé de représailles pour sa participation à la coalition internationale qui la bombarde en Syrie et Irak.

Après les mitraillages, les attaques au couteau ou à la veste explosive, les services spécialisés craignent «une nouvelle forme d'attaque» avec «le dépôt d'engins explosifs» dans des lieux rassemblant une foule importante, avait indiqué en mai à des députés le patron des services de renseignements français Patrick Calvar.

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