La visite de Trump vire au désastre pour le président mexicain

Dehors Pena, clamait une manifestante à Mexico.... (AFP, Ronaldo Schemidt)

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Dehors Pena, clamait une manifestante à Mexico.

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Christopher Sherman, Mark Stevenson
Agence France-Presse
Mexico

La rencontre entre le président Enrique Peña Nieto et l'homme le plus détesté au Mexique est en voie de se transformer en véritable désastre pour le leader mexicain, qui bat déjà des records d'impopularité.

Non seulement M. Nieto n'a pas demandé à Donald Trump de s'excuser pour avoir traité les immigrants mexicains de violeurs et de criminels, mais il est resté silencieux durant leur conférence de presse commune alors que le candidat républicain à la présidentielle américaine répétait sa promesse de construire un mur à la frontière qui sépare les deux pays.

Insulte et trahison

Lors d'une manifestation contre la rencontre de mercredi à Mexico, l'artiste Arturo Meade a affirmé qu'il s'agissait d'une insulte et d'une trahison. Selon lui, la seule chose que cette réunion a apportée au peuple mexicain, c'est l'occasion d'observer «le surréalisme dans toute sa splendeur».

Carlos Loret de Mola, présentateur de nouvelles de la chaîne Televisa, a de son côté confié qu'il n'en revenait tout simplement pas que M. Trump ait osé venir au Mexique et réitérer son intention de bâtir un mur entre les deux pays, déclarant sur Twitter que l'humiliation était complète.

Les Mexicains sont particulièrement irrités par le fait qu'Enrique Peña Nieto ait paru ne pas faire grand-chose pour dénoncer les commentaires négatifs de Donald Trump sur les immigrants provenant du Mexique et ses propositions impopulaires.

M. Nieto a tout de même affirmé que les Mexicains étaient «affligés» et n'étaient pas d'accord avec certaines déclarations de Donald Trump, mais plusieurs de ses concitoyens estiment que ce n'était pas suffisant.

En outre, les deux hommes ne semblent même pas d'accord sur la teneur de leurs discussions privées.

Durant la conférence de presse, M. Trump a déclaré que la question de qui paierait la facture pour le mur serait débattue plus tard. Le président mexicain, qui se trouvait à ses côtés, n'a rien dit sur le moment.

Quelques heures plus tard, il a toutefois soutenu avoir clairement informé le candidat républicain que le Mexique ne débourserait pas un peso pour le mur.

Mercredi soir, dans un discours prononcé à Phoenix, en Arizona, Donald Trump a présenté la construction du mur comme étant la pièce maîtresse de sa politique sur l'immigration.

Il a décrit Enrique Peña Nieto comme un président «formidable», mais a réaffirmé ce qu'il n'avait pas dit plus tôt aux Mexicains: «Ils ne le savent pas encore, mais ils vont payer pour le mur.»

Manifestation en avril pour la régularisation des clandestins.... (Archives AP) - image 2.0

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Manifestation en avril pour la régularisation des clandestins. Selon un sondage de FOX News, quelque 77% des électeurs sont favorables à une forme de régularisation des clandestins. En juillet 2015, ils étaient 64%.

Archives AP

D'abord les clandestins criminels

Au lendemain de sa rencontre avec le président mexicain, Donald Trump tentait lui de consolider sa stature d'homme d'État, mais la virulence de son discours contre les immigrés clandestins tranchait avec sa volonté d'élargir sa base électorale.

S'agit-il d'une habile stratégie politique: d'un côté gagner ses galons de diplomate, tout en s'assurant la fidélité des conservateurs? Ou Donald Trump a-t-il flanché sous la pression de la droite de la droite et renoncé à modérer sa position sur l'immigration?

Son discours de mercredi soir à Phoenix, en tout cas, restera comme celui de la dénonciation des 11 millions de clandestins, accusés de voler les emplois des Américains et d'être, pour certains, de dangereux criminels.

Le candidat républicain à la Maison-Blanche ne s'est pas engagé à expulser manu militari la totalité des sans-papiers, reconnaissant peut-être le défi logistique qu'une telle opération représenterait. La priorité sera de renvoyer les criminels et les délinquants, ainsi que les visiteurs ayant dépassé leur durée de visa et ceux qui touchent des prestations sociales, a-t-il dit.

Mais il a exclu toute possibilité de régularisation, alors qu'il avait brièvement évoqué une telle option la semaine dernière. 

Une majorité d'Américains est pourtant favorable à une réforme migratoire. 

Aujourd'hui, quelque 77% des électeurs sont favorables à une forme de régularisation des clandestins, selon un sondage FOX News paru jeudi. En juillet 2015, ils étaient 64%. Il y a quatre ans, c'était seulement une moitié.

Qui paiera le mur?

«Il y a un assouplissement», a pourtant assuré Donald Trump jeudi dans l'émission radio Laura Ingraham Show. «Nous le faisons de façon très humaine.» Il a souligné qu'une décision serait prise plus tard sur les clandestins non considérés comme une priorité, «une fois que tout est stabilisé».

Le discours lui a coûté une première défection: un membre d'un comité hispanique pro-Trump, Jacob Monty, selon Politico. Un autre conservateur latino pro-Trump, Alfonso Aguilar, a écrit sur Twitter s'être senti «déçu et trompé».

Chez les démocrates, on donnait la leçon aux commentateurs qui croyaient Donald Trump capable de changer. «Il a fait un discours qui ressemble aux discours donnés au fil de notre histoire contre les Irlandais, contre les immigrés d'origine italienne, contre les juifs d'Europe de l'est. Ce seraient tous des criminels qui font des choses horribles et nous devons les expulser», a dit sur MSNBC Tim Kaine, colistier d'Hillary Clinton.

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