Le porte-parole de l'EI abattu en Syrie

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Agence France-Presse
Beyrouth

Le groupe djihadiste État islamique a annoncé mardi la mort de son porte-parole, le Syrien Abou Mohammed Al-Adnani, tué dans la province d'Alep ravagée par les combats.

«Après un long voyage couronné de sacrifices, cheikh Abou Mohammed Al-Adnani a rejoint les martyrs et les héros ayant défendu l'islam et combattu les ennemis de Dieu», a indiqué l'EI dans un message relayé par son agence de propagande Amaq.

Il est «mort dans la province d'Alep en inspectant les opérations militaires», a ajouté Amaq, sans préciser la date ni les circonstances de sa mort.

Dans les heures suivantes, un responsable militaire américain a indiqué à Washington que la coalition internationale antidjihadiste avait «mené une frappe aérienne à Al-Bab [nord-est d'Alep] en Syrie visant un haut responsable de l'EI».

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, il a affirmé que les conséquences de ce bombardement étaient toujours en cours d'évaluation, sans donner la date de cette opération. Il n'a pas non plus indiqué si le dirigeant djihadiste visé était Al-Adnani.

Abou Mohammed Al-Adnani s'est illustré en exhortant les partisans de l'EI à passer à l'action dans leur pays d'origine en utilisant n'importe quelle arme disponible contre les ressortissants des pays de la coalition. Cet appel aurait notamment inspiré des attentats en Europe.

Originaire d'Idleb, dans le nord-ouest syrien, il s'était engagé dans le djihadisme au début des années 2000, prêtant allégeance au redouté chef d'Al-Qaida en Irak Abou Moussab Al-Zarqaoui. Ce chef djihadiste jordanien a été tué dans un raid américain en Irak en 2006.

«Ministre des attentats»

Al-Adnani est progressivement devenu un personnage important au sein du groupe extrémiste, au point que les services de renseignements occidentaux avaient tendance à le considérer comme le «ministre des attentats», chargé de motiver des djihadistes isolés et de superviser des campagnes de terreur en Occident.

Dans un message audio diffusé en septembre 2014 par Al-Furqan, le principal média de l'EI, il avait appelé à attaquer «les forces de police et de sécurité, les services de renseignement et leurs collaborateurs» en Occident.

Ce même mois de septembre 2014, le gouvernement américain l'a estampillé «terroriste international» et le département d'État a promis une récompense de 5 millions $ pour quiconque fournirait des informations «permettant de le traduire en justice».

Quelques semaines plus tôt, le 29 juin 2014, c'est lui qui avait annoncé dans un enregistrement audio «le rétablissement du califat» par le groupe EI et la désignation de son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme «calife». Ce «califat» devait être imposé sur les régions conquises en Syrie et en Irak.

Dur coup aux djihadistes

Pour l'analyste Charles Lister, expert du djihadisme, sa mort est «un grand coup» porté au groupe djihadiste.

«Si une frappe aérienne de la coalition l'a touché, cela montre que la pénétration des renseignements de la coalition est très élevée. Sinon, il n'aurait pas été possible d'éliminer autant de personnes de haut rang», a-t-il poursuivi.

Début mai, le colonel américain Steve Warren, un porte-parole militaire de la coalition, indiquait que depuis début 2015, «plus de 40 cibles de haute valeur» de l'EI et d'Al-Qaida en Irak et Syrie avaient été tuées.

En juillet, l'EI a annoncé la mort d'un de ses commandants influents, Omar Al-Shishani dit «Omar le Tchétchène», près de Mossoul en Irak. Le Pentagone a confirmé l'avoir visé, tout en restant prudent sur la réalité de sa mort.

Le 25 mars 2016, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, révèle «l'élimination» dans une opération américaine en Syrie d'Abdel Rahmane Al-Qadouli, présenté par Washington comme le numéro 2 de l'EI. Le 6 mai, le chef du groupe djihadiste pour la province irakienne d'Al-Anbar, Abou Wahib, est tué dans un bombardement de la coalition.

La province d'Alep, du nom de la grande ville éponyme, est le théâtre de violents combats entre différents acteurs de la guerre en Syrie : régime appuyé par les Russes, rebelles, alliance kurdo-arabe des Forces démocratiques syriennes, djihadistes, coalition internationale menée par les États-Unis et, plus récemment, forces turques.

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