Colombie: cessez-le-feu «définitif» dès la première heure lundi

Le chef suprême des Farc, Timoleon Jimenez, a... (AFP,  YAMIL LAGE)

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Le chef suprême des Farc, Timoleon Jimenez, a ordonné de La Havane à tous ses combattants «de cesser le feu et les hostilités de manière définitive contre l'État colombien à partir de ce [dimanche] soir minuit».

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Florence Panoussian
Agence France-Presse
Bogota

Le chef des Farc a ordonné dimanche la fin «définitive» des hostilités en Colombie, quelques jours après le cessez-le-feu décidé par le président Santos qui a appelé à dire «oui à la paix», après plus de 50 ans de conflit armé.

«J'ordonne à tous nos commandements, à toutes nos unités et à chacun de nos combattants de cesser le feu et les hostilités de manière définitive contre l'État colombien à partir de ce soir minuit», a déclaré à La Havane le chef suprême des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Timoleon Jimenez, dit «Timochenko».

Jeudi, le président Juan Manuel Santos, chef des armées, avait le premier ordonné aux troupes colombiennes de cesser le feu contre les Farc, mesure qui entre en vigueur à minuit dans la nuit de dimanche à lundi.

«Nous voulons être un pays sans les stigmates de la guerre», a-t-il lancé dimanche, en appelant les Colombiens à dire «oui à l'avenir, oui à la paix» lors du référendum sur les accords conclus le 24 août avec les Farc, principale guérilla du pays.

«Nous avons entendu avec émotion l'ordre présidentiel à son armée, et nous donnons en conséquence le même ordre à nos troupes», a pour sa part ajouté le leader des Farc, issues en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore quelque 7500 hommes armés.

C'est la première fois que gouvernement et Farc conviennent d'un tel cessez-le-feu, même si la guérilla observe depuis juillet 2015 une cessation unilatérale des hostilités; le gouvernement ayant pour sa part suspendu ses bombardements aériens contre les rebelles.

Légalement, le cessez-le-feu bilatéral et définitif, tel que convenu lors des pourparlers, n'entrera en vigueur que le jour de la signature des accords, prévue entre le 20 et le 26 septembre.

De la guérilla à la politique

Par ailleurs, les Farc ont convoqué leur Xe conférence pour ratifier les accords négociés pendant près de quatre ans à Cuba et détaillés dans un document de 297 pages, diffusé sur Internet et les réseaux sociaux, ainsi que par les médias.

Cette «dernière conférence de notre organisation en armes [...] ratifiera les accords de paix et entérinera la transformation des Farc en mouvement politique légal», ont-elles indiqué samedi.

Prévue du 13 au 19 septembre dans la plaine du Yari, à San Vicente del Caguan, ex-fief de la guérilla dans le sud du pays, la conférence réunira 200 délégués des Farc, dont les 29 membres de l'état-major.

Fait exceptionnel, elle sera ouverte à 50 invités nationaux et internationaux, ainsi qu'à la presse. «L'importance historique de cet évènement justifie que les peuples de Colombie et du monde s'informent directement du déroulement et des conclusions» de la conférence, selon les Farc.

La «signature solennelle» des accords par M. Santos et «Timochenko» est prévue «entre le 20 et le 26 septembre», a annoncé le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas.

Ce sera alors, a-t-il précisé, «le Jour J» du début du regroupement des guérilleros dans 22 zones et huit campements, répartis dans tout le pays, pour entamer leur désarmement, prévu sur six mois sous supervision des Nations unies.

Décider entre guerre et paix

Selon M. Santos, interviewé par la chaîne américaine CNN, les accords pourraient être signés à Cuba, à Bogota ou au siège des Nations unies à New York, où se tiendra alors l'Assemblée générale de l'ONU.

Puis les Colombiens seront appelés à un référendum le 2 octobre. Pour l'emporter, le «oui» à la paix devra recueillir au moins 4,4 millions de voix (13% de l'électorat) et le «non» un score plus faible.

Le chef des négociateurs gouvernementaux, Humberto de la Calle, a écarté toute renégociation en cas d'échec, estimant que «c'est le moment de décider».

La paix ne sera pas pour autant complète en Colombie. Il reste au gouvernement à négocier avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), autre guérilla encore active avec quelque 1500 combattants. Les parties ont annoncé le 30 mars leur volonté d'entamer des pourparlers. Mais aucune date n'a été fixée.

Le plus ancien conflit des Amériques, qui au fil des décennies a impliqué rébellions d'extrême-gauche, milices paramilitaires d'extrême-droite et forces armées, sur fond de violence des narco-trafiquants, a fait au moins 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,8 millions de déplacés.

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