La vie tente de reprendre en Italie

À Amatrice, les pompiers ont aidé des résidents... (AFP, Alberto Pizzoli)

Agrandir

À Amatrice, les pompiers ont aidé des résidents à récupérer leurs effets personnels dans les maisons. Des vices de construction pourraient être responsables du nombre élevé de décès, selon un procureur.

AFP, Alberto Pizzoli

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Mathilde Auvillain
Agence France-Presse
Amatrice

L'heure est désormais plus au déblaiement qu'aux secours dans les villages frappés par le séisme qui a fait près de 300 morts dans le centre de l'Italie, où la lassitude gagne quelque 2500 rescapés sans abri et sans certitude pour l'avenir.

Le pape François a annoncé dimanche sa volonté de se rendre «dès que possible» dans les zones touchées.

«J'espère venir vous trouver pour vous apporter personnellement le réconfort de la foi, la tendresse d'un père et d'un frère et le soutien de l'espérance chrétienne», a-t-il déclaré à l'attention des sinistrés.

Alors que la recherche des victimes est presque terminée et l'espoir de retrouver des survivants quasiment évanoui, il s'agit maintenant d'évaluer les dégâts et d'organiser la vie des sinistrés pour les prochains mois dans cette région de basse montagne où l'hiver arrive vite.

Selon un dernier bilan révisé de la protection civile, le séisme a fait 290 morts, mais il est «plausible» qu'il reste encore une dizaine de disparus sous les décombres.

Les secousses se poursuivent par ailleurs et deux assez fortes, d'une magnitude de 3,7 et 4,4, ont été ressenties dans l'après-midi dans toute la région.

Dans le camp de tentes de Sant'Angelo, Emidio Chiappini s'installe : «On se prépare pour l'hiver. Vu comment ça s'est passé après d'autres séismes, on va passer l'hiver ici.»

Rien à faire

«Je n'ai aucune perspective, explique Massimo, un autre rescapé. Dans l'ensemble, ça va. Seulement, on ne fait rien de toute la journée ici. J'avais l'habitude de travailler presque 18 heures par jour, et maintenant, on n'a rien à faire.»

Le chef du gouvernement, Matteo Renzi, a répété samedi, à l'occasion de funérailles solennelles de 35 des victimes, que le gouvernement ferait tout pour aider les sinistrés.

«Il faut que cela aille vite et que les fonds arrivent. Si la moitié se perd en route, comme c'est souvent le cas, il y aura un problème», avertit Atemio Scienzo, un artisan rescapé.

Et même si plus de 6000 personnes sont engagées dans les opérations de secours, Antonio Di Marco, éleveur à Rochetta, se sent bien seul. Le toit de son étable et de sa salle de traite s'est effondré et personne ne vient l'aider à abattre ce qu'il reste pour pouvoir tendre une bâche.

Selon les médias italiens, le gouvernement nommera cette semaine un commissaire doté de larges pouvoirs afin de prendre rapidement les décisions opérationnelles pour la reconstruction.

Dès lundi, des experts se rendront dans toutes les écoles afin de déterminer lesquelles sont encore opérationnelles et mettre en place des alternatives, souvent des constructions préfabriquées, avant la rentrée, mi-septembre en Italie.

Partout à travers l'Italie, des manifestations de solidarité... (AP, Domenico Stinellis) - image 2.0

Agrandir

Partout à travers l'Italie, des manifestations de solidarité se sont poursuivies pour venir en aide aux victimes. Dimanche, à Miglianico, dans le centre du pays, plus de 330 livres de pâtes «à l'amatriciana» ont été servies afin de recueillir des fonds pour les victimes.

AP, Domenico Stinellis

«Comme au Japon»

Après le séisme de l'Aquila, qui avait fait plus de 300 morts en avril 2009 à une cinquantaine de kilomètres d'Amatrice, la protection civile avait dû prendre en charge 65 000 sinistrés. Neuf mois plus tard, ils étaient encore 10 000 hébergés dans des habitations préfabriquées.

En comparaison, la zone frappée par le séisme de mercredi comptait à peine 5000 résidents permanents. Mais beaucoup redoutent que leurs petits hameaux ne se relèvent jamais, malgré les promesses politiques.

Dans le même temps, des enquêtes ont été lancées pour comprendre pourquoi le séisme a causé autant de morts et de destruction, alors que des normes antisismiques dans cette zone clairement à risque sont en place depuis plus de 45 ans.

Selon les médias, les propriétaires ayant fait des travaux sans autorisation, les entreprises ayant réalisé ces travaux ou encore les fonctionnaires ayant délivré les certificats de conformité pourraient être traduits en justice.

«La leçon de l'Aquila en 2009 n'a pas été retenue», regrette Adriana Cavaglià, membre du Conseil national des géologues, au milieu des ruines du village de Sant'Angelo.

Juste à côté, Sergio Evangelista, constructeur immobilier, se réjouit de pouvoir dormir dans sa maison, construite aux normes et quasiment intacte, alors que l'église du village, inaugurée le 13 août après une rénovation maladroite, s'est effondrée.

Les manifestations de solidarité à travers le pays se poursuivent et à Turin, au nord de la péninsule, des milliers de personnes ont mangé les fameuses pâtes «à l'amatriciana» préparées par des volontaires, le revenu de cette initiative étant destiné aux rescapés.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer