Les faux témoignages, un problème aux États-Unis

Un juge a ordonné plus tôt cette année... (AP, Kent Porter)

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Un juge a ordonné plus tôt cette année la libération de Luther Jones, 72 ans, qui avait été reconnu coupable d'agressions sexuelles et condamné à 27 ans de prison. Il a été libéré après 18 ans derrière les barreaux.

AP, Kent Porter

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Sudhin Thanawala
Associated Press
San Francisco

Le cas de Luther Jones, cet Américain libéré après 18 années de prison en raison d'un témoignage mensonger lors de son procès, illustre une vaste problématique à laquelle font face les tribunaux aux États-Unis.

Un juge californien du comté de Lake a ordonné plus tôt cette année la libération de Luther Jones, qui avait été reconnu coupable d'agressions sexuelles et condamné à 27 ans de prison. L'homme est aujourd'hui âgé de 72 ans.

Une jeune fille qui avait témoigné au procès de M. Jones, en 1998, s'est repentie en février, admettant avoir fourni un témoignage inventé, suivant les conseils de sa mère. Elle avait 12 ans à l'époque et en a 30 aujourd'hui. Ce mea culpa a entraîné le dénouement que l'on connaît aujourd'hui.

L'avocate de Luther Jones, Angela Carter, a dénoncé une «horrible injustice» tant pour son client que pour la famille entière de celui-ci.

Les faux témoignages sont répandus aux États-Unis, estiment les experts, mais font rarement l'objet de poursuites. Ils sont la cause identifiée de la moitié des cas de condamnations erronées connues au pays, selon un registre des 1900 disculpations répertoriées depuis 1989 par l'École de droit de l'Université du Michigan.

Dans de nombreux cas, les témoins de la poursuite et de la défense se contredisent. L'une des deux parties perd le procès, mais les menteurs sont rarement poursuivis, souligne un professeur de droit qui travaille à alimenter ce registre, Samuel Gross.

Un tournant

Depuis l'ordonnance de libération de Luther Jones, un tournant semble s'être amorcé. Le procureur général du district du comté de Lake, Don Anderson, a mis sur pied une équipe de 14 procureurs chargée de mener des enquêtes sur les faux témoignages.

La mère qui aurait conseillé à sa fille de mentir au procès de Luther Jones fait d'ailleurs l'objet de vérifications de cette équipe. L'adolescente de 12 ans avait raconté que l'homme l'avait agressée à cinq reprises.

Des accusations pourraient être déposées contre la mère.

En août, l'unité d'enquête de M. Anderson a inculpé une première personne fautive, une ex-détenue. La femme a été reconnue coupable d'avoir violé ses conditions de probation. Elle avait présenté de faux documents pour tenter de dissuader la cour, a indiqué l'assistant au procureur du district du comté de Lake, Daniel Flesch.

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